En 2020, la Déclaration et le Programme d’action de Beijing de 1995 auront 25 ans d’existence et de mise en œuvre.

 

Adoptée à l'unanimité par cent quatre vingt neuf (189) Etats lors de la quatrième Conférence mondiale sur les femmes qui s’est tenu en septembre 1995  à Beijing, Chine  sous  le thème « Lutte pour l’Egalité, le Développement et la Paix », le Programme d’action de Beijing est considéré comme le principal document de politique mondiale en matière d'égalité des sexes.  Il a pour ambition d’éliminer les obstacles (au plan  politiques, économiques, sociaux…)  qui empêchent les femmes de participer de manière égale à tous les domaines de la vie, que ce soit dans la sphère publique ou privée.

 

A travers l’adoption de ce programme, les Etats se sont donc engagés, à prendre des mesures audacieuses et stratégiques pour la promotion de la femme et la réalisation de l'égalité des sexes dans les 12 domaines critiques suivants 

  1.  Éducation et formation des femmes ,
  2. Femmes et santé ,
  3. Violence à l'égard des femmes ,
  4. Femmes et conflits armés ,
  5. Femmes et économie ,
  6. Femmes et prise de décisions ,
  7. Mécanismes institutionnels œuvrant à la promotion de la femme ,
  8. Droits fondamentaux de la femme ,
  9. Femmes et médias ,
  10. Femmes et environnement ,
  11. Jeunes filles ,
  12. Femmes et pauvreté ,

Les Etats ont  convenu d’évaluer périodiquement tous les cinq (5) ans, la plateforme d’action adoptée, au niveau mondial, continental et national. L’évaluation et  la révision de ce  programme ont dès lors  été institutionnalisées et prises la dénomination Beijing+5  en 2000,  Beijing+10 en 2005 ,  Beijing+15 en 2010,  Beijing+20 en 2015  et Beijing+25  qui  va se tenir  en 2020.

 

Des évaluations précédentes, il ressort que malgré quelques progrès, les changements tangibles sont lents pour la majorité des femmes et des filles à travers le monde. A ce jour pas un seul État ne peut prétendre avoir atteint l’égalité des sexes. De nombreux obstacles subsistent aux niveaux juridique et culturel. Les femmes restent par conséquent, sous-valorisées, elles continuent à travailler plus, à gagner moins, à bénéficier de choix plus limités et à subir de multiples formes de violence chez elles et dans les lieux publics…

 

En mars 2020 ou Beijing+25, les Nations Unies auront une fois de plus l’occasion d’examiner pour la 5ème évaluation les progrès accomplis dans la mise en œuvre dudit Programme lors de la 64ème Session de la Commission de la Condition de la Femme communément appelée, CSW en anglais qui se tiendra du 9 au 20 mars 2020, au siège des Nations Unies à New York.    

     

Démarré au cours de la 63ème session du CSW en mars 2019, le processus d’évaluation du Programme d’Action de Beijing est en cours au  niveau international, continental et national avec une feuille de route conçue par ONU- Femme pour accompagner la préparation de l’évènement : Quelques moments clés:

 

  • - Début du processus : 63ème Session de la Commission de la Condition de la Femme (CSW63), New York, Mars 2019
  • - Conférence de la Coalition Internationale pour l’égalité salariale, Islande Avril 2019
  • - Forum de Tunis sur l’Egalité des sexes, Avril 2019
  • - Examen des rapports nationaux sur la mise en œuvre du Programme d’Action de Beijing Mai 2019
  • - Conference de Women Deliver Canada Vancouver 3-6 juin 2019
  • - Beijing +25 Réunion régionale des jeunes, Cote d’Ivoire, 12-16 Aout 2019  
  • - Réunion ministériel de l’Union Africaine, octobre 2019
  • - Réunions et Examens régionaux de la mise en œuvre du Programme d’Action de Beijing Nov/Dec 2019
  • - ICPD+25 Nairobi, Novembre 2019
  • - Dialogue des femmes africaines, Afrique du Sud
  • - Session de la Commission de la Condition de la Femme (CSW 64)  à New York  9-20 Mars 2020
  • - Forum Mondial pour l’égalité des sexes de la société civile juillet 2020, Paris
  • - Réunion de Haut Niveau de l’Assemblée Générale des Nations Unies 25 Septembre 2020

 

La participation de la société civile africaine au processus d’adoption de la plateforme de Beijing e aux évaluations successives a permis de faire prendre en compte les préoccupations des femmes africaines à l’instar de celle qui concerne la petite fille. Elle a permis de faire une évaluation sans complaisance  et d’indiquer la voie pour de nouvelles avancées dans la mise en œuvre de la plateforme.   Il est par conséquent important pour les états comme pour les organisations de la société civile de suivre le  processus de préparation de ce grand évènement  en s’y impliquant activement à travers la participation aux différentes réunions au niveau pays et au plan international, et par  l’élaboration de rapports.

 

 Notons qu’a ce jour suivant les directives de l’ONU, 133 Etats  ont soumis leurs rapports sur la mise en œuvre du programme d’action. 

 

Sur ces 133 Etats, 10  proviennent de la sous région Ouest  africaines. Les pays de sous région qui ne l’ont pas encore soumis sont le Benin, la Gambie, le  Niger  Guinée  Bissau et le Togo.

 

Comme pour les évaluations passées, le WiLDAF-AO, s’attèle à s’impliquer dans le processus d’évaluation de Beijing+25. C’est l’occasion de faire le bilan des gains et de les sécuriser mais également de continuer les plaidoyers pour amener les états à respecter l’engagement pris il y a 25 ans.

 

Le WiLDAF-AO exhorte par conséquent les organisations de la sous région ouest africaine à se mobiliser en vue de leur participation au processus d’évaluation de Beijing+25.

 

Il s’agira pour les organisations :  

-d’encourager les Etats qui n’ont pas encore soumis leur rapport à le faire,

-de  collaborer avec les Etats  afin d’influencer si possible le contenu de ces rapports.  

- de se mobiliser au niveau national  pour élaborer  des rapports alternatifs afin de produire un rapport consolidé pour la sous région Afrique de l’Ouest

- de participer aux travaux de groupes thématiques mis en place par ONU-FEMMES pour l’élaboration d’un plan d’action des féministes pour Beijing+25. 

- de s’organiser pour le plaidoyer au cours de tous les évènements du processus   

 

Par ailleurs des livres en lignes sont également mis à disposition pour recueillir des témoignages,   des rêves, des histoires ….

 

Le réseau exhorte toutes les organisations de la société civile de se mobiliser autour de ce grand évènement afin d’enrichir les débats.

 

Bref historique  de la Déclaration et la  Plateforme d’Action de Beijing

 

La situation discriminatoire que vivent les femmes a toujours été un sujet de préoccupation dans le monde. Une prise de conscience de cette situation va amener l’Organisation des Nations Unies à créer la Commission de la Condition de la Femme en 1947  pour  promouvoir les  droits des femmes dans le monde.

 

La Commission de la Condition de la Femme ou CSW va dès lors s'employer à établir des normes et à formuler des conventions internationales afin de modifier les lois discriminatoires et provoquer  un éveil  de conscience mondial  sur les  discriminations à l’égard des femmes. A la demande de  la Commission de la Condition de la Femme, l’année  1975 est  déclarée Année Internationale de la femme par les Nations Unies et sera  marquée  par la première Conférence Mondiale sur les Femmes à Mexico en 1975, suivie de la Décennie de la Femme lancée par les Nations Unies de 1976 à 1985. D'autres Conférences Mondiales sur les Femmes  vont  suivre  à Copenhague en 1980 et à Nairobi en 1985.

 

Dix (10) ans après Nairobi, du 4 au 15 septembre 1995, est organisée, la quatrième Conférence Mondiale sur les Femmes à Pékin (Beijing en anglais) dans la capitale chinoise avec pour thème « Lutte pour l’Egalité, le Développement et la Paix » et pour  seul objectif : « l’Egalité des Sexes, et l’Autonomisation de la Femme partout dans le monde ». Cent quatre vingt neuf (189) gouvernements ont  signé des engagements qui avaient une envergure historique, adoptant ainsi,  la Déclaration et le Programme d’Action de Beijing.

 

Ce large Programme d'Action identifia 12 domaines prioritaires d'intervention(Femmes et pauvreté ,Éducation et formation des femmes ,Femmes et santé , Violence à l'égard des femmes , Femmes et conflits armés , Femmes et économie , Femmes et prise de décisions , Mécanismes institutionnels œuvrant à la promotion de la femme , Droits fondamentaux de la femme , Femmes et médias , Femmes et environnement ,Jeunes filles ) pour lequel  les gouvernements signataires se sont engagés à agir concrètement afin d’améliorer le statut des femmes.  Chacun des domaines d'intervention contient des recommandations et des objectifs clairement formulés qui requièrent une attention et une action particulière de la communauté internationale, des gouvernements et de la société civile.

 

La conférence de Beijing s'est appuyée sur les accords politiques conclus lors des trois précédentes conférences mondiales sur les femmes et a consolidé cinq décennies de progrès juridiques destinés à assurer l'égalité des femmes et des hommes, en droit et en pratique. Plus de 6 000 délégués gouvernementaux ont participé aux négociations, aux côtés de plus de 4000 représentants accrédités d'ONG. Un forum des ONG s'est tenu simultanément à Huairou, près de Beijing, et a rassemblé quelque 30 000 participants.

 

L'après-Beijing

 

2000 : L'Assemblée générale a décidé de tenir une 23e session spéciale pour évaluer la mise en œuvre du Programme d'action de Beijing sur les cinq dernières années et pour déterminer les actions et initiatives à venir. Intitulée « Les femmes en l'an 2000 : égalité des sexes, développement et paix pour le XXIe siècle », celle-ci s'est déroulée à New York et a débouché sur une déclaration politique et des nouvelles mesures et initiatives pour la mise en œuvre de la Déclaration et du Programme d'action de Beijing.

 

2005 : Un examen d'évaluation après 10 ans du Programme d'action de Beijing a été mené dans le cadre de la 49e session de la Commission de la condition de la femme. Les délégués ont adopté une déclaration soulignant que la mise en œuvre complète et effective de la Déclaration et du Programme d’action de Beijing est essentielle à la réalisation des objectifs de développement adoptés au niveau international, dont ceux de la Déclaration du Millénaire.

 

2010 : L'évaluation après 15 ans du Programme d'action de Beijing s'est faite à l'occasion de la 54e session de la Commission, en 2010. Les États membres ont adopté une déclaration saluant les progrès accomplis pour l'égalité des sexes et se sont engagés à prendre de nouvelles mesures en vue d'assurer la mise en œuvre complète et accélérée de la Déclaration et du Programme d’action de Beijing.

 

2015 : En 2013, le Conseil économique et social de l'ONU a demandé à la Commission de la condition de la femme d’examiner et évaluer la mise en œuvre du Programme d'action en 2015, lors d'une séance appelée Beijing + 20. Pour éclairer les délibérations, le Conseil a également appelé les États membres de l'ONU à effectuer des examens nationaux détaillés, et a encouragé les commissions régionales à entreprendre des évaluations.

 

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