Photo UNICEF/Ashley Gilbertson Trois anciens enfants soldats à Bambari, en République centrafricaine (photo d'archives).

 Deux hautes responsables des Nations Unies ont appelé le vendredi 2 Août 2019 le Conseil de sécurité à redoubler d’efforts pour protéger les enfants victimes des conflits armés.

 

2019 est l’année de plusieurs anniversaires symboliques pour la protection de l’enfance. La Convention sur les droits de l’enfant fête ses 30 ans d’existence. Le Conseil de sécurité, adoptait il y a 20 ans, sa première résolution sur les enfants et les conflits armés. Il y a 10 ans, le même Conseil adoptait une autre résolution appelant à accorder plus d’attention aux meurtres, mutilations et violences sexuelles à l’encontre des enfants dans les situations de conflit.

 

En cette année charnière, « nous ne sommes pas encore arrivé à un stade où nous pouvons être confiants que la situation s'améliore d'année en année », a toutefois déploré Virginia Gamba, la Représentante spéciale de l’ONU pour les enfants et les conflits armés. Même constat de la part d’Henrietta Fore, la Directrice exécutive du Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF) : « Les faits nous montrent qu’il nous reste encore beaucoup à faire pour mettre fin aux graves violations commises contre les enfants dans les conflits armés ».

 

Mardi dernier, le dernier rapport du Secrétaire général de l’ONU a révélé que plus de 24.000 violations des droits de l’enfant ont été constatées en 2018 dans les 20 situations de conflit que suivent les Nations Unies. Rien que l’année dernière, plus de 12.000 enfants ont été tués ou mutilés.

 

« Il est essentiel que le Conseil redouble d'efforts pour faire en sorte que toutes les parties (à un conflit) respectent par les principes de distinction, de proportionnalité et de nécessité militaire », a déclaré Mme Gamba. « Nous devons nous assurer que toutes les actions militaires soient guidées par les principes fondamentaux du droit humanitaire international », a-t-elle souligné.

 

L’envoyée de l’ONU et la cheffe de l’UNICEF ont déploré le nombre trop important d’enfants tués et mutilés par les mines, engins explosifs improvisés, et les munitions non explosées ainsi que les graves handicaps qu’ils causent pour les survivants sur le long terme. Mme Fore a indiqué que l’UNICEF accorde une plus grande attention aux besoins des enfants souffrant d’un handicap dans une situation de conflit.

 

« Le viol et les autres formes de violence sexuelle sont insuffisamment signalés, y compris lorsqu’ils sont commis sur des garçons », a dit Mme Gamba. La crainte de la stigmatisation, la peur des représailles, le fait que leurs auteurs soient dans une situation d’autorité et le manque de services et de protection découragent les survivants et les témoins de se manifester.

 

Les enfants associés aux groupes armés doivent être traités comme des victimes

 

L’envoyée de l’ONU et la cheffe de l’UNICEF ont exprimé leur vive préoccupation concernant la situation des enfants associés à des groupes et forces armées.

 

Ces enfants, une fois qu’ils quittent ces groupes, devraient recevoir des soins urgents, une protection et une aide humanitaire après les expériences douloureuses qu’ils ont endurées souvent pendant des années.

 

« Au lieu de cela, ils sont ostracisés, rejetés et enfermés », a déploré Mme Fore. « Ils sont bannis par leurs communautés en raison de liens perçus ou réels avec des groupes désignés comme terroristes ». L’UNICEF appelle tous les États membres de l’ONU à réintégrer les enfants associés aux groupes armés.

 

« Trop d'enfants continuent d'être détenus à la suite d'un conflit », a déclaré Mme Gamba, qui estime que tout doit être fait pour que ces garçons et filles soient considérés pour ce qu’ils sont vraiment : « des victimes d’un conflit ». Traiter ces enfants comme des victimes est d’ailleurs énoncé dans la résolution 2427 adoptée l’année dernière, par le Conseil de sécurité, a rappelé la Directrice exécutive de l’UNICEF.

 

Garantir l’accès humanitaire aux enfants piégés dans les conflits armés

 

Devant le Conseil de sécurité, Mme Gamba a souligné que les acteurs de la protection de l’enfance doivent avoir la possibilité de fournir une aide vitale aux victimes et survivants de violations. « Nous pouvons tout mettre en œuvre au plus haut niveau pour prévenir les violations, mais nous devons également être en mesure de réagir rapidement lorsque ces violations se produisent », a-t-elle dit, appelant le Conseil et les Etats membres de l’ONU à œuvrer avec son bureau pour garantir l’accès humanitaire pour protéger les enfants.

 

En 2018, l'UNICEF a pu offrir une éducation d'urgence à 6,9 millions d'enfants et d'adolescents piégés dans des crises humanitaires. L’agence onusienne fournit également un soutien psychosocial à ces enfants « confronté à un stress toxique » afin qu’ils puissent « retrouver l’enfance à laquelle ils ont droit ».

 

« Mais nous devons faire beaucoup plus pour répondre aux besoins en santé mentale des enfants touchés par les conflits armés », a insisté Mme Fore, soulignant que ce problème exige un financement plus solide et durable.

 

Devant le Conseil de sécurité, Mme Fore a rappelé qu’il appartient aux Etats membres – « tous les gouvernements et leurs armées » d'empêcher le recrutement et l’utilisation d'enfants dans les conflits armés. « Protéger la vie et l’avenir des enfants touchés par les conflits armés est essentielle », a souligné la cheffe de l’UNICEF. « Ils sont les adultes et les leaders de demain ».

 

Source: news.un.org

Documentation

Facebook

Dernier bulletin