Photo: Sofia Christensen Photo d'illustration

Le mardi 3 septembre  a débuté le Grenelle des violences conjugales en France, à l'initiative de la secrétaire d'État en charge de l'égalité entre les femmes et les hommes, Marlène Schiappa. Un fonds spécial d'un million d'euros pour lutter contre ces violences a déjà été annoncé.

 

À cette occasion, RFI dresse un état des lieux sur le continent africain. L'Afrique du Sud est particulièrement touchée par ce fléau où trois femmes par jour meurent sous les coups de leur conjoint.

 

Alors que l'Afrique du Sud célébrait, en août, le mois de la femme, les associations ne cessent de manifester et d'alerter sur les violences conjugales qui rongent le pays. Le sujet, longtemps tabou, est de plus en plus abordé dans la sphère publique.

 

Les chiffres sont affolants. D'après des études nationales, une femme sur cinq a déjà connu des violences de la part de son compagnon.

 

Toutes les huit heures, une femme meurt dans le pays, sous les coups de son partenaire. Encore la semaine dernière, une championne de boxe de 25 ans est décédée sous les balles de son petit-ami, selon la police, après une dispute.

 

Ces violences et ces meurtres ont pourtant longtemps été passés sous silence car considérés comme devant rester dans la sphère privée. D'ailleurs, la plupart des cas n'arrivent jamais devant les tribunaux.

 

Cependant, les langues commencent à se délier. Des artistes ont récemment lancé une campagne pour que les victimes cessent d'être pointées du doigt et blâmées par leur communauté.

 

Les hommes et femmes politiques prennent également de plus en plus la parole. Dans un récent discours, le président Cyril Ramaphosa a qualifié de « crise nationale » le nombre de crimes commis contre les femmes.

 

Mais plus que des mots, les associations attendent désormais des actions concrètes, alors que le taux de féminicides en Afrique du Sud est cinq fois plus élevé que la moyenne mondiale.

 

Par exemple, l'organisation Tears a mis en place un centre téléphonique pour venir en aide aux victimes de violences conjugales, et reçoit plusieurs milliers d'appels par mois. Pour sa fondatrice, Mara Glennie, pour améliorer les choses, il ne faut pas travailler sur la législation, mais plutôt sur l'application de ces lois.

 

« Les lois de ce pays, inscrites dans nos textes officiels, sont parmi les meilleures du monde. Mais elles sont très, très mal appliquées. Donc parmi nos actions, nous guidons les victimes dans les procédures pour obtenir assistance auprès de la police.

 

Nous avons par exemple eu un cas aujourd'hui, où la police, appelée sur place, a demandé aux gens de régler le problème entre eux, et est repartie.

 

Je pense qu'il y a vraiment un manque de formation, et cela pourrait changer si on avait un système où la police était mieux entraînée à ces questions, de façon plus régulière, et plus profonde.

 

Je pense que petit à petit, nous faisons la différence, mais, à mon avis, il y aurait besoin de 50 autres organisations comme la nôtre, et pour cela, nous avons besoin de financements.

 

Pourtant, pour l'instant, il n'y a pas de financements... pas de changements ...on a juste une accumulation de réunions et de tables rondes. Si on veut que les choses changent, il va falloir mettre de l'argent. »

 

Cliquez ici pour lire l'article sur le site de RFI.

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