Les entrepreneures africaines, présentes en grand nombre à la 4ème édition du Sommet mondial sur le genre à Kigali, ont appelé, ce mercredi, les institutions financières à leur accorder des prêts à taux réduits pour le financement de leurs projets.

 

« Lorsqu’on parle de financements pour les femmes, il y a une grande frustration par rapport à ce qu’on nous propose, a regretté  Francine Munyaneza, co-fondatrice de Munyax Eco Rwanda, entreprise d’énergie solaire. Des efforts sont faits, mais cela ne doit pas être conçu comme un privilège pour nous. C’est simplement une question de justice parce que nous créons des emplois et que nous développons nos pays. »

 

« Nous aimerions avoir des prêts à des taux réduits. Les taux d’intérêt posent toujours problème. Nous ne pouvons donc pas être compétitif au niveau international », a-t-elle ajouté à l’occasion d’une session intitulée « Entreprenariat : Présentation des différents mécanismes de financement disponibles pour soutenir les femmes entrepreneurs en Afrique ».

 

Le panel de la session était constitué de Benard Chitunga, du département de l’Agriculture et du développement humain à la Banque africaine de développement, Anne-Marie Levesque, responsable du Genre à FinDev Canada, Sabine Soetens, experte en développement du secteur privé à l’Agence belge de développement et Nishdeep Sethi, cheffe adjoint des financements structurés et des produits au Fonds africain de garantie (AGF).

 

Honorine Ollo, entrepreneure dans le secteur de l’aviation en Côte d’Ivoire, juge incompréhensible la crainte exprimée à l’égard des femmes : « que les investisseurs se mettent à notre place ! Ils nous plébiscitent et ont peur de nous. Quand les hommes portent un projet, on prend pratiquement tout en charge, même quand ce projet échoue », a-t-elle déploré. « Au fait, pourquoi nous accorde-t-on des crédits plutôt que des subventions? », a renchéri Maïmouna Yobounou, membre de Solidarité féminine de Guinée.

 

« Nous vous demandons d’avoir confiance en nous. L’initiative AFAWA va permettre aux femmes d’avoir accès aux financements et à de l’assistance. Nous savons que les entreprises des femmes sont de bonnes affaires. Alors, nous sommes prêts à y aller et nous vous invitons à vous y engager », a réagi Benard Chitunga. L’initiative AFAWA doit commencer au premier trimestre de 2020 à travers tout le continent.

 

Le Sommet de Kigali « m’a ouvert les yeux », a confessé Nishdeep Sethi. « Nous avons eu des informations. Nous devons être plus clairs et accessibles pour les entrepreneures du continent. Désormais, je vais m’assurer que les femmes qui font des efforts réalisent leurs rêves », a-t-elle promis.

 

« Il est clair que nous devons mieux collaborer et il y a des synergies qui se déploient sur lesquelles nous pouvons nous appuyer. Les femmes ont des besoins différents. Elles ont des choses en commun, mais il y a ausi des nuances. Je ferai du mieux dans mon organisation pour être plus pro-actif et proche des femmes entrepreneures », s’est engagée Anne-Marie Levesque. « Il faut toujours écouter et impliquer tous les partenaires dans tous les projets, a admis Sabine Soetens. Il nous incombe de travailler ensemble ».

 

Le Sommet mondial sur le genre 2019, qui se tient à Kigali, pays pilote en Afrique en matière d’égalité entre les femmes et les hommes, est co-organisé par le Rwanda et la Banque africaine de développement. Il vise à partager les meilleures pratiques et stimuler l’innovation afin d’accélérer les progrès en matière d’égalité des sexes.

 

 source: https://www.afdb.org/

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