Selon l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), les mutilations sexuelles féminines ne sont pas seulement coûteuses en souffrances humaines, elles le sont aussi pour l’économie.

 

« Les mutilations sexuelles féminines ne sont pas seulement une violation catastrophique des droits humains qui nuit gravement à la santé physique et mentale de millions de filles et de femmes ; elles prélèvent aussi un lourd tribu sur les ressources économiques vitales d’un pays », a déclaré le Dr Ian Askew, Directeur du Département de l’OMS Santé sexuelle et reproductive et recherche. « Il est urgent d’investir davantage pour mettre fin à ces mutilations et aux souffrances qu’elles causent. »

 

D’après de nouvelles modélisations, le traitement des conséquences des mutilations sexuelles féminines sur la santé coûterait au total US $1,4 milliard par an dans le monde si tous les besoins médicaux qui en résultent étaient couverts. Dans les pays, leur coût avoisinerait en moyenne 10 % des dépenses de santé annuelles totales ; dans certains d’entre eux, ce chiffre atteindrait 30 %.

 

Le logiciel de modélisation interactif avec lequel ces estimations ont été calculées a été présenté lors de la Journée internationale de la tolérance zéro à l'égard des mutilations génitales féminines.

 

Des conséquences graves sur la santé physique et mentale des femmes et des filles

 

Les mutilations sexuelles dont les femmes et les filles sont victimes les exposent à des risques graves pour leur santé et leur bien-être, notamment à des conséquences immédiates de l’excision telles qu’infection, hémorragie et traumatisme psychologique, et à des affections chroniques pouvant survenir à tout moment de leur existence.

 

Les femmes mutilées sont exposées à un plus grand risque de complications potentiellement mortelles à l’accouchement. Elles risquent aussi de souffrir de troubles mentaux et d’infections chroniques. Des douleurs lors des règles et des rapports sexuels ainsi que des problèmes urinaires sont également possibles.

 

Toutes ces pathologies nécessitent des soins médicaux.

 

« Les coûts médicaux augmentent dans les pays à cause des conséquences tragiques de ces mutilations pour les femmes et les filles. Les autorités ont l’obligation morale de contribuer à mettre fin à cette pratique néfaste », estime le Dr Prosper Tumusiime, Directeur par intérim du Département Couverture sanitaire universelle et parcours de vie au Bureau régional OMS de l’Afrique. « Les mutilations sexuelles féminines font du tort aux filles, exposent les femmes qu’elles deviennent à un risque médical permanent et font peser une lourde charge sur les systèmes de santé qui sont contraints de les soigner. »

La prévention des mutilations sexuelles féminines présente des avantages considérables pour les femmes, les filles, les communautés et l’économie

Sur la base des données provenant de 27 pays à forte prévalence, le calculateur des coûts montre que l’élimination des mutilations sexuelles féminines a des avantages indéniables pour l’économie. S’il était mis un terme à ces pratiques aujourd’hui, les économies réalisées sur les coûts de santé dépasseraient 60 % en 2050.

À l’inverse, si rien n’est fait, on estime que ces coûts grimperont de 50 % dans le même laps de temps, car davantage de filles subiront des mutilations à mesure que la population augmentera.

Depuis 1997, de grands efforts ont été faits pour mettre fin aux mutilations sexuelles féminines : collaboration avec les communautés, travaux de recherche et changements de la législation et de la ligne d’action. Vingt-six pays d’Afrique et du Moyen-Orient ont clairement légiféré contre ces mutilations, ainsi que 33 autres pays qui accueillent des migrants venant de pays où elles sont pratiquées.

L’OMS collabore également avec les pays pour sensibiliser les agents de santé aux effets préjudiciables de ces pratiques et les associer aux efforts de prévention.

« Beaucoup de pays et de communautés montrent qu’il est possible de renoncer aux mutilations sexuelles féminines », affirme la Dre Christina Pallitto, scientifique à l’OMS. « Si les pays investissent pour mettre fin aux mutilations sexuelles féminines, ils peuvent éviter aux filles d’être victimes de ces pratiques néfastes et promouvoir la santé, les droits et le bien-être des femmes et des filles ».

Les mutilations sexuelles féminines sont reconnues au niveau international comme une violation des droits humains. Elles ne présentent aucun avantage médical et n’ont que des effets préjudiciables. La position de l’OMS est qu’elles ne doivent jamais être pratiquées.

Le calculateur du coût des mutilations sexuelles féminines est disponible ici: www.who.int/news-room/detail/06-02-2020-economic-cost-of-female-genital-mutilation

 

Pour en savoir plus sur les mutilations sexuelles féminines : https://www.who.int/fr/news-room/fact-sheets/detail/female-genital-mutilation

Notes à l’intention des rédacteurs

 

À propos des mutilations sexuelles féminines

 

Les mutilations sexuelles féminines sont des interventions qui altèrent ou lèsent intentionnellement les organes génitaux externes de la femme pour des raisons non médicales. On estime que plus de 200 millions de jeunes filles et de femmes qui vivent aujourd’hui ont été victimes de mutilations sexuelles pratiquées dans 30 pays d’Afrique, du Moyen Orient et d'Asie où ces pratiques sont concentrées.

 

Ces mutilations sont pratiquées le plus souvent sur des jeunes filles entre la petite enfance et l'âge de 15 ans.

 

À propos du calculateur du coût des mutilations sexuelles féminines

 

Le calculateur de coût mis au point par l’OMS indique le coût économique du traitement des complications médicales des mutilations sexuelles féminines dans 27 pays à forte prévalence. Ce coût a été calculé à l’aide des ensembles de données du One Health Tool de l’OMS et d’autres données scientifiques disponibles.

 

Les utilisateurs peuvent calculer les coûts par pays selon un scénario de statu quo, d’élimination partielle ou d’élimination totale de ces pratiques sur une période de 30 ans. Le logiciel indique en outre la répartition des coûts par type de complications médicales et par pays.

 

Le logiciel ne tient pas compte d’autres coûts indirects pour les familles et les communautés, ni des répercussions socio-économiques, chiffres qui seraient nettement plus élevés encore.

 

Les 27 pays modélisés sont les suivants : Bénin, Burkina Faso, Cameroun, Côte d’Ivoire, Djibouti, Égypte, Érythrée, Éthiopie, Gambie, Ghana, Guinée, Guinée-Bissau, Iraq, Kenya, Mali, Mauritanie, Niger, Nigéria, République centrafricaine, République-Unie de Tanzanie, Sénégal, Sierra Leone, Somalie, Soudan, Tchad, Togo, Yémen.

 

fact sheet

 

Source:who.org

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