Société Civile Média) – Les femmes sont à l’avant-garde des efforts visant à transformer le paysage agricole au Togo. Toutefois, elles continuent de jouer un rôle de second plan, attirent très peu l’attention et ne reçoivent que très peu d’aides. Elles sont plus vulnérables et désavantagées par leur faible niveau d’éducation et d’alphabétisation. Cette situation est en train de changer, grâce à la prise de conscience et aux efforts de certaines femmes, dont Colette NAKPERGOU, qui se battent pour réduire ces inégalités.

 

Comptable mécanographe de formation, 48 ans, mère de 3 enfants, Colette Noumpoa NAKPERGOU, est une femme énergique de la région des Savanes qui accompagne ses pairs pour leur autopromotion et autonomisation. Sa mission : Transformer les relations de genres dans le secteur agricole au Togo.

 

Passionnée de développement rural et consciente du fait qu’il faut acquérir des compétences pour mieux cerner tous les contours du domaine, Colette ira au-delà de sa formation de base en suivant des stages et formations, notamment au Togo et au Centre de formation ouest-africain de Bobo Dioulasso au Burkina-Faso. Des formations et stages qui lui permettront de trouver des solutions idoines aux tristes réalités de sa communauté, notamment les inégalités au genre.

 

En effet, au Togo comme dans la plupart des pays africains, la productivité des femmes dans le monde rural, est inférieure à celle des hommes parce qu’elles ont un accès limité à des ressources telles que la terre, le crédit et d’autres facteurs de production. Lorsque l’obtention des femmes au financement est limitée à celui des hommes, il en résulte un déséquilibre qui affecte la capacité des femmes à négocier leur rôle au sein de la communauté.

 

De même, l’une des raisons pour lesquelles les femmes rurales sont largement exclues de la prise de décision dans leurs foyers au sein des communautés et sous-représentées dans des rôles, tient à leur taux élevé d’analphabétisme. Mais, lorsqu’on leur donne la possibilité, les femmes gèrent mieux leurs exploitations.

 

Les agricultrices propriétaires de terres et qui ont accès  à des modes de financement disposent d’un plus grand pouvoir de négociation et gèrent mieux leurs revenus. En outre, il est établi que les femmes sont généralement plus nombreuses que les hommes à dépenser leurs revenus en frais d’alimentation, d’éducation et de soins de santé pour leurs familles.

 

Actrice aguerrie et avisée de toutes ces dures réalités et inégalités, Noumpoa mettra au service de sa communauté toutes ces compétences acquises en intégrant la Jeunesse Agricole rurale de Tandjouaré (Région des Savanes), comme animatrice rurale dans le cadre d’un projet, où elle accompagne, les femmes pour leur autonomisation et autopromotion. A cause de son dévouement à la cause rurale, elle sera ensuite recrutée comme secrétaire exécutive de la Centrale d’autopromotion paysanne dans la même préfecture, pendant six ans. Durant ce passionnant et laborieux parcours, elle mettra en œuvre des projets qui offrent aux agricultrices un meilleur accès au microcrédit. Elle participe à la création de programmes de micro financement qui offrent une formation et donne aux agricultrices des conseils financiers pour l’octroi et la gestion des crédits aux agricultrices en vue d’augmenter leur production agricole.

 

Aujourd’hui, Mme NAKPERGOU est exploitante agricole. Elle fait du stockage et de la commercialisation de produits agricoles, mais participe toujours activement au développement de sa communauté.

 

Edem PEDANOU (Portrait réalisé dans le cadre du projet « Egbenana » du Pro-CEMA)

 

Source : https://societecivilemedia.com/togo-

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