© UNICEF/Frank Dejongh

Une infirmière portant un masque et des gants pour se protéger contre le coronavirus dans un centre de santé dans la banlieue d'Abidjan, en Côte d'Ivoire.

 

La pandémie de Covid-19 provoque dans le monde entier des pertes humaines importantes, perturbe les moyens de subsistance et menace les récentes avancées en matière de santé et les progrès vers les objectifs de développement durables. 

 

Selon les « Statistiques sanitaires mondiales 2020 » publiées ce mercredi par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), le nouveau coronavirus pourrait remettre en cause les acquis obtenues pour une vie plus saine.

 

Pour le chef de l’OMS, la bonne nouvelle, c’est que les gens du monde entier vivent plus longtemps et en meilleure santé. « La mauvaise nouvelle est que le rythme des progrès est trop lent pour atteindre les objectifs de développement durable et qu’il sera encore plus perturbé par la Covid-19 », a déclaré le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, Directeur général de l’OMS.

 

Pour ce bilan annuel sur la santé, l’espérance de vie a augmenté à l’échelle mondiale, mais de manière inégale. Les gains les plus importants ont été enregistrés dans les pays à faible revenu, qui ont vu l’espérance de vie augmenter de 21%, soit 11 ans. Dans les pays développés, l’augmentation a été entre 2000 et 2016 de 4%, soit 3 ans.

 

Selon l’agence onusienne, l’un des moteurs du progrès dans les pays à faible revenu a été l’amélioration de l’accès aux services de prévention et de traitement du VIH, du paludisme et de la tuberculose, ainsi que d’un certain nombre de maladies tropicales négligées comme le ver de Guinée. L’autre facteur relevée par les Statistiques sanitaires mondiales porte sur l’amélioration des soins de santé maternelle et infantile. Elle a permis de réduire de moitié la mortalité infantile entre 2000 et 2018.

 

70% de tous les décès attribuables maladies non transmissibles en 2016

 

Mais dans plusieurs domaines, les progrès sont au point mort. Ces dernières années, la couverture vaccinale a à peine augmenté. L’OMS redoute que les progrès réalisés dans la lutte contre le paludisme s’inversent. Et il y a une pénurie générale de services, à l’intérieur et à l’extérieur du système de santé, pour prévenir et traiter les maladies non transmissibles telles que le cancer, le diabète, les maladies cardiaques et les accidents vasculaires cérébraux. En 2016, 70% de tous les décès dans le monde étaient attribuables aux maladies non transmissibles. Et plus de 85% des décès ont été recensés dans les pays à faible et moyen revenu.

 

Ces progrès inégaux reflètent largement les inégalités dans l’accès à des services de santé de qualité. En 2017, entre un tiers et la moitié seulement de la population mondiale était en mesure d’obtenir des services de santé essentiels. La couverture des services dans les pays à faible et moyen revenu reste bien inférieure à celle des pays plus riches, tout comme la densité du personnel de santé.

 

Dans plus de 40% des pays, on compte moins de 10 médecins pour 10.000 personnes. Dans le même temps, plus de la moitié des pays compte moins de 40 infirmières et sages-femmes pour 10.000 personnes.

 

Dans tous les cas, la pandémie de Covid-19 souligne l’urgence pour tous les pays d’investir dans des systèmes de santé et des soins de santé primaires solides. Pour l’agence onusienne, cela constitue « la meilleure défense contre des épidémies comme celle de Covid-19, et contre les nombreuses autres menaces sanitaires auxquelles les populations du monde entier sont confrontées chaque jour ».

 

« Les systèmes de santé et la sécurité sanitaire sont les deux faces d’une même pièce », a ajouté le Dr Tedros.

 

La Covid-19 met en évidence la nécessité de promouvoir une couverture sanitaire universelle

 

L’incapacité à payer les soins de santé est un autre défi majeur pour beaucoup. Sur la base des tendances actuelles, l’OMS estime que cette année, en 2020, environ un milliard de personnes (près de 13% de la population mondiale) dépenseront au moins 10% du budget de leur ménage pour les soins de santé. La majorité de ces personnes vivent dans des pays en développement.

 

« La pandémie de Covid-19 met en évidence la nécessité de protéger les populations contre les urgences sanitaires, ainsi que de promouvoir une couverture sanitaire universelle et des populations en meilleure santé », a déclaré le Dr Samira Asma, Sous-Directrice générale de l’OMS.

Par ailleurs, l’OMS insiste sur la nécessité de disposer de données et de systèmes d’information sanitaire plus solides. Pour près d’un cinquième des pays, plus de la moitié des indicateurs clés ne disposent pas de données récentes. Ce qui constitue un autre défi majeur pour permettre aux pays de se préparer, de prévenir et de répondre aux urgences sanitaires telles que la pandémie de Covid-19 en cours.

 

« Le message de ces statistiques sanitaires mondiales est clair : alors que le monde se bat contre la plus grave pandémie depuis 100 ans, à une décennie seulement de l’échéance des Objectifs de développement durable (ODD), nous devons agir ensemble pour renforcer les soins de santé primaires », a ajouté la Dr Asma. L’OMS invite la communauté internationale à se concentrer sur les plus vulnérables afin d’éliminer « les inégalités flagrantes qui dictent qui doit vivre longtemps et en bonne santé et qui ne doit pas le faire ».

 

Source: news.un.org

Documentation

Facebook

Dernier bulletin