OIT/Marcel Crozet

Des travailleuses sur une chaîne de montage dans une usine au Cambodge.

 

Alors que les pays s’affairent à préparer des plans de relance pour l’après-coronavirus, les Nations Unies mettent en garde contre un risque de décrochage entre les travailleurs, entreprises et économies dans le monde.

 

« La pandémie de la Covid-19 a bouleversé le monde du travail. Aucun travailleur, aucune travailleuse, aucune entreprise sur la planète n’a été épargné », a rappelé le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, rappelant que des centaines de millions d’emplois ont été perdus depuis le début de la crise. Une crise qui a surtout frapper les plus vulnérables : travailleurs informels, femmes, jeunes, personnes en situation de handicap et petites et moyennes entreprises.

 

« La crise qui sévit dans le monde du travail ne fait que raviver un foyer déjà ardent de mécontentement et d’anxiété », a dit M. Guterres, mettant en garde contre le chômage massif et la perte de revenus liés à la Covid-19. Deux conséquences de la pandémie qui érodent encore plus la cohésion sociale et déstabilisent les pays et les régions, sur le plan social, politique et économique. 

 

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Durant cette pandémie, de nombreuses entreprises et leur personnel ont su s’adapter avec créativité à l’évolution des circonstances. Des millions de personnes sont passées du jour au lendemain au travail en ligne, souvent avec un succès surprenant. 

 

« Mais les plus vulnérables risquent de devenir encore plus vulnérables, et les pays et populations pauvres risquent de se laisser encore plus distancer », a prévenu le Secrétaire général.

 

Aide immédiate aux plus vulnérables ; lieux de travail sûrs ; reprise verte, durable et inclusive

 

Pour répondre à la crise mondiale du travail causée par le coronavirus, le chef de l’ONU a appelé à agir sur trois fronts : 


- appuyer immédiatement les travailleurs, entreprises, emplois et revenus à risque afin d’éviter les fermetures, les pertes d’emploi et la baisse des revenus.


- accorder une attention accrue à la fois à la santé et à l’activité économique après la levée des mesures de confinement, en garantissant des lieux de travail sûrs et la protection des droits des femmes et des groupes à risque.


- mobiliser dès maintenant pour une relance verte, durable, inclusive et centrée sur l’humain. Une telle reprise doit exploiter le potentiel des nouvelles technologies pour créer des emplois décents pour tous et tirer parti des solutions créatives et positives trouvées par les entreprises et les travailleurs et travailleuses pour s’adapter à cette situation. 

 

« On parle beaucoup de la nécessité d’instaurer une « nouvelle norme » après cette crise. Mais n’oublions pas que le monde d’avant la Covid-19 était loin d’être normal », a rappelé M. Guterres. « L’exacerbation des inégalités, la discrimination systémique fondée sur le genre, l’absence de perspectives pour les jeunes, la stagnation des salaires, les changements climatiques galopants : rien de tout cela n’était « normal » », a-t-il ajouté.

 

Pour le chef de l’ONU, la pandémie de Covid-19 a révélé au grand jour des déficiences, des fragilités et des lignes de fracture d’une ampleur colossale. « Le monde du travail ne peut pas, et ne doit pas, rester le même après cette crise », a-t-il insisté. « L’heure est venue de coordonner l’action mondiale, régionale et nationale pour créer des conditions de travail décentes pour tout le monde ».

 

A cet égard, le Secrétaire général estime, par exemple, que le passage de la taxation des salaires à celle du carbone constituerait un grand pas dans cette direction. Il reste 10 années pour que les Etats puissent atteindre les Objectifs de développement durable (ODD) qu’ils se sont fixés pour 2030. « En prenant rapidement des mesures intelligentes à tous les niveaux (…), nous pouvons émerger de cette crise avec une vigueur nouvelle, de meilleurs emplois et un avenir meilleur, plus équitable et plus vert pour toute l’humanité », a assuré M. Guterres.

 

Source : news.un.org

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