Un nouveau rapport de référence montre clairement que les inquiétudes concernant l’égalité entre hommes et femmes et la réalisation d’un meilleur équilibre travail-famille résonnent dans le monde entier.

 

GENÈVE / WASHINGTON (OIT Infos – Gallup) – Le rapport OIT-Gallup, «Vers un meilleur avenir pour les femmes au travail: ce qu’en pensent les femmes et les hommes » (Towards a better future for women and work: Voices of women and men ), fournit le tout premier bilan des comportements et attitudes générales des femmes et des hommes à l’égard des femmes au travail. Les résultats proviennent de l’Enquête mondiale conduite par Gallup dans 142 pays et territoires en interrogeant près de 149 000 adultes. Ils sont représentatifs de plus de 99 pour cent de la population adulte mondiale.

Les conclusions sont révélatrices: un total de 70 pour cent des femmes et une proportion équivalente de 66 pour cent des hommes préfèrent que les femmes travaillent dans le cadre d’un emploi rémunéré. Ces chiffres équivalent au double des pourcentages de celles et ceux qui préfèrent que les femmes restent à la maison. Dans le monde entier, les femmes préfèrent soit exercer une activité rémunérée (29 pour cent)1  soit être en situation de travailler tout en s’occupant de leur famille (41 pour cent), selon le rapport conjoint OIT-Gallup. Seuls 27 pour cent des femmes souhaitent rester à la maison.

Parmi les 70 pour cent de femmes qui souhaitent occuper un emploi rémunéré, on trouve notamment une majorité de femmes qui n’appartiennent pas à la population active2 . A noter que cela vaut dans presque toues les régions du monde, y compris dans plusieurs régions où le taux d’activité des femmes est traditionnellement faible, comme dans les Etats et territoires arabes.

Les opinions des hommes et des femmes convergent

L’opinion des hommes est très comparable à celle des femmes dans de nombreux cas, selon le rapport.

Vingt-huit pour cent des hommes souhaitent que les femmes de leur famille aient un emploi rémunéré, 29 pour cent souhaitent qu’elles restent à la maison et 38 pour qu’elles puissent faire les deux. A l’échelle mondiale, les femmes qui travaillent à plein temps pour un employeur (plus de 30 heures par semaine selon la définition de Gallup) ont tendance à préférer les situations où elles peuvent concilier travail et obligations familiales/domestiques. Les femmes et les hommes ayant un haut niveau d’instruction sont davantage favorables à ce que les femmes concilient travail rémunéré et tâches domestiques.

«Cette enquête montre clairement que la plupart des femmes et des hommes de la planète préfèrent que les femmes exercent une activité professionnelle rémunérée. Les politiques familiales, qui permettent aux femmes de continuer à travailler et de progresser dans un emploi rémunéré et qui encouragent les hommes à prendre leur juste part des tâches domestiques, sont indispensables pour réaliser l’égalité des sexes au travail», affirme le Directeur général de l’OIT, Guy Ryder.

En plus de sonder leurs préférences sur les femmes au travail, il a été demandé aux sondé(e)s s’il était acceptable que les femmes de leur famille aient un emploi rémunéré. Les femmes étaient plus enclines à considérer l’exercice d’une activité rémunérée parfaitement acceptable (83 pour cent) alors que les hommes étaient un peu en retrait (77 pour cent).

Les familles jouent un rôle significatif dans la formation de ces attitudes: parmi les femmes appartenant à des ménages pour lesquels il n’est pas concevable que les femmes travaillent en dehors du foyer, environ une sur trois souhaiterait avoir un emploi rémunéré. A l’échelle mondiale, les adultes ont une légère tendance à être moins favorables à ce que les femmes de leur famille aient un travail en dehors du foyer si le ménage compte des enfants de moins de 15 ans.

 

Equilibre travail-famille

Dans le monde entier, concilier travail et responsabilités familiales pose toutefois un véritable problème pour les femmes qui travaillent. En fait, dans l’immense majorité des pays et territoires analysés, femmes et hommes mentionnent «l’équilibre entre travail et vie familiale» comme l’un des défis majeurs que doivent relever les travailleuses rémunérées.

D’autres sujets comme les traitements inéquitables, les pratiques abusives, le harcèlement au travail, la pénurie d’emplois suffisamment rémunérateurs et les inégalités salariales apparaissent aussi parmi les principaux problèmes dans diverses régions du monde.

En Afrique subsaharienne, par exemple, autant de personnes citent des raisons qui relèvent de la catégorie de réponse «traitements inéquitables/discriminations» au travail (19 pour cent) que l’équilibre travail-famille (18 pour cent). En Europe du Nord, du Sud et de l’Ouest, ils sont plus nombreux à mentionner l’équilibre travail-famille mais l’égalité salariale est aussi perçue comme un enjeu important.

En Amérique du Nord, les personnes ont plutôt tendance à citer les inégalités salariales (30 pour cent), suivies par l’équilibre travail-famille (16 pour cent) et les traitements inéquitables/discriminations (15 pour cent). En Afrique du Nord, en Afrique subsaharienne, en Asie du Sud et dans les Etats arabes, la réponse «les membres de la famille n’approuvent pas que les femmes travaillent» figure parmi les cinq principaux obstacles au travail des femmes les plus fréquemment mentionnés.

La perception des obstacles auxquels les femmes qui travaillent sont confrontées évolue avec l’âge. Les jeunes femmes âgées de 15 à 29 ans ont davantage tendance que les femmes plus âgées à mentionner les traitements inéquitables, les pratiques abusives ou le harcèlement au travail. Alors que celles qui ont entre 30 et 44 ans ont une plus forte propension que les femmes d’autres classes d’âge à mentionner l’absence de modes de garde abordables pour leurs enfants et leurs proches. En vieillissant, les femmes ont davantage tendance à citer les inégalités salariales par rapport aux hommes.

Revenu et emploi des femmes: vers plus d’égalité?

A l’échelle mondiale, la majorité des femmes qui travaillent disent que leur revenu est une source significative (30 pour cent) ou la source principale (26 pour cent) des revenus du ménage. Les hommes sont encore plus nombreux à déclarer qu’ils sont les principaux pourvoyeurs de revenu: 48 pour cent des hommes qui travaillent disent que ce qu’ils gagnent est la principale source de revenu dans leur foyer.

Cependant, parmi les femmes et les hommes qui travaillent et qui ont un haut niveau d’éducation, l’écart concernant leur contribution au revenu du ménage est limité.

A l’échelle mondiale, femmes et hommes partagent le même point de vue sur les possibilités d’emploi des femmes. Le rapport a constaté que, si une femme a le même niveau d’éducation et d’expérience qu’un homme, hommes et femmes du monde entier ont tendance à dire qu’elle a les mêmes chances de trouver un emploi de qualité dans la ville ou la région où ils vivent. Dans le monde entier, 25 pour cent des femmes et 29 pour cent des hommes disent que les femmes ont de meilleures possibilités de trouver de bons emplois. Les données factuelles montrent toutefois des écarts entre hommes et femmes sur les marchés du travail à travers le monde.

Ces attitudes varient toutefois d’une région à l’autre et beaucoup en fonction du niveau d’instruction des femmes et de leur taux d’activité. L’Amérique du Nord, par exemple, est en tête des régions en termes d’égalité des chances perçue. Dans la région, la majorité (55 pour cent) affirme qu’une femme ayant des qualifications similaires à celles d’un homme a les mêmes chances de trouver un bon emploi. Les hommes (60 pour cent) ont plus tendance que les femmes (50 pour cent) à le penser.

Par ailleurs, l’Europe du Nord, de l’Ouest et du Sud, ainsi que l’Europe de l’Est, estime, plus que les autres régions, que les femmes ayant les mêmes expériences et niveaux d’étude que les hommes ont de moins bonnes perspectives qu’eux.

A l’échelle mondiale, plus les femmes sont éduquées, moins elles ont tendance à voir de meilleurs débouchés sur le marché du travail pour les femmes aussi qualifiées que les hommes. Cependant, l’opinion des hommes sur les perspectives offertes aux femmes ne change pas beaucoup avec leur niveau d’instruction.

Le rapport devrait contribuer à façonner les futures actions de l’OIT dans le cadre de son Initiative du centenaire pour les femmes au travail qui a pour but de réaliser l’égalité complète et durable entre les hommes et les femmes dans un monde du travail en mutation.

«Le monde doit faire progresser l’égalité de sexes et émanciper les femmes au travail. Pas seulement pour le bien de femmes mais pour le bien de l’humanité toute entière», conclut Jim Clifton, Président et PDG de Gallup.

 

 

1   La question posée prenait en considération le fait que les femmes vivent des réalités différentes, selon leur âge, leur situation matrimoniale, la présence d’enfants dans le foyer, le niveau d’éducation et selon qu’elles habitent en milieu urbain ou rural. Certains de ces facteurs pourraient influencer leurs préférences. Le terme «emploi rémunéré» ne distingue pas entre emploi salarié et revenus du travail indépendant, entre secteurs formel et informel, ni ne se réfère à la qualité des conditions de travail.

2  Les répondants n’appartenant pas à la population active sont ceux qui n’étaient pas employés au cours des sept derniers jours, soit par un employeur soit à leur compte, qui ne cherchaient pas de travail ET/OU n’étaient pas en mesure de commencer à travailler. Il peut s’agir d’étudiants à plein temps, de retraités, de personnes handicapées ou de personnes au foyer; toutefois, certaines personnes interrogées n’appartiennent à aucune de ces catégories.

 

Source:ilo.org

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