Par Dounia Ben Mohamed, Directrice de l'ANA

 

En prélude de la deuxième édition du New African Woman Forum  à Dakar,  les 12 et 13 avril prochains, son initiatrice, Leila Ben Hassen, directrice générale du groupe IC Publications, nous en rappelle les fondements. A savoir, offrir une plateforme inédite au nouveau leadership féminin en Afrique.

 

A quelques jours de la deuxième édition du New African Woman Forum qui se tiendra à Dakar les 12 et 13 avril, rappelez-nous l'objectif du NAWF ? 

L'une des missions du Groupe est de faire entendre haut et fort la voix des femmes  africaines et de l'Afrique. L'objectif est de réduire les disparités hommes-femmes et de faire  partager les expériences et les succès des femmes, en rassemblant  des dirigeants politiques, des chefs d'entreprises, des  acteurs de la société civile et des décideurs  des secteurs public et privé. Pour changer la donne, il faut placer la barre très haute et proposer des solutions à court, moyen et long termes, pour promouvoir la femme et le développement de l'Afrique.

 

Le leadership féminin n'est pas assez valorisé selon vous en Afrique ? 

Pas assez à mon goût. On nous rappelle, dans tous les discours, que la femme est l'avenir de l'Afrique. Déjà elle porte le développement du continent. Mais c'est également elle qui subit toutes les inégalités, les femmes sont les premières victimes de la famine, des guerres, et du sous-développement plus largement. En 2017, près d'un demi-milliard de femmes ne savaient toujours pas lire, 62 millions de filles se voient refuser l'accès à l'éducation et 155 pays ont encore des lois qui discriminent les femmes. Il y a bien sûr de nombreuses dirigeantes de multinationales et de grandes entreprises. Mais, le monde du travail exclut encore, sous-paye, discrimine et exploite la moitié de ses talents disponibles.

 

Il faudrait attendre 118 ans pour que les femmes aient les mêmes perspectives de carrière que les hommes ! Aucun pays au monde n'a encore su combler cette disparité entre les genres. La grande question se pose toujours : pourquoi cela persiste encore et comment y remédier ? Et pourtant, toutes les statistiques le démontrent, ce sont elles qui incarnent le changement en Afrique. Sur la scène politique – mais également économique, sociale, culturelle, dans les médias… New African Woman Forum leur donne enfin la parole ! Plus qu'un forum, c'est le nouveau rdv annuel du leadership féminin africain.

 

Cette édition  se tient en Afrique. Après Londres pour la première, pourquoi ce choix ? Et pourquoi Dakar en particulier ? 

La première édition a rassemblé plus de 200 femmes parmi les plus influentes d'Afrique, telles que Joyce Banda, l'ancienne Présidente du Malawi, Hannah Tetteh, l'ancienne ministre des Affaires étrangères du Ghana, Bineta Diop, l'envoyée spéciale de la présidente de la Commission de l'Union africaine pour les femmes, la paix et la sécurité, ainsi que Jeanine Mabunda Lioko, représentante personnelle du Président de la République Démocratique du Congo en charge de la lutte contre les violences sexuelles et le recrutement des enfants…

 

Le choix du pays de la Teranga n'est pas un hasard. Tout d'abord, Dakar est la porte d'entrée de l'Afrique subsaharienne. Le Sénégal est un pays politiquement stable avec une très bonne sécurité ; une bonne infrastructure hôtelière. Par ailleurs, Dakar est bien connectée sur le plan aérien et en termes d'internet. Et c'est en outre un pays phare dans l'art et la musique – et qui compte de nombreux ambassadeurs internationaux : Akon, Youssou Ndour, Ismail Lo… Enfin, les femmes sont loin d'être négligées dans ce pays, le seul – avec le Rwanda – qui affiche une totale parité au sein du parlement.

 

Que nous réserve cette édition ? 

Le Forum a mis l'accent sur six secteurs cruciaux et a adopté une série de recommandations et plans d'action visant à accélérer les progrès en matière d'égalité des sexes, en ligne avec les objectifs de l'Agenda 2063. À travers des sessions interactives, des débats et conseils d'experts, les participants pourront tirer profit des diverses « success stories » et bonnes pratiques, et auront l'occasion de contribuer aux débats et discuter des thématiques suivantes : « Femmes leaders : comment créer des dirigeantes capables de transformer le continent ; Les femmes en entreprise : développer la confiance en soi et réaliser tout son potentiel ; Les femmes dans les nouvelles technologies : stimuler la croissance africaine par le biais de la technologie ; Les femmes dans le secteur minier : prospérer dans un monde dominé par les hommes ; Agriculture : créer des chaînes de valeur et optimiser les bénéfices ; Investir dans la santé des femmes : un facteur essentiel du développement économique ; Modes et textiles africains : une industrie dynamique et stimulante ; Inclure les jeunes générations. »

 

Les Trophées sont également l'occasion de mettre à l'honneur des femmes méritantes dans différents secteurs…

Effectivement, les Trophées qui sont remis à l'occasion de New African Woman ont pour objectif de récompenser les femmes africaines qui  se sont distinguées dans 12 catégories clés. Les lauréates seront annoncées lors du diner de gala, le 12 avril 2017. En 2016, la lauréate du Trophée de la Femme Africaine en Politique,  Nkosazana Dlamini Zuma, Présidente sortante de l'Union  Africaine, a dédié son prix aux milliers de femmes et d'hommes qui œuvrent  pour l'autonomisation de la femme africaine…

Grâce au succès de sa première édition, le New African Woman Awards est devenu l'événement phare mettant en valeur les femmes leaders du continent. Après un appel à candidatures, le comité d'organisation procède à une présélection des candidates dans chaque catégorie et la soumet à un jury indépendant ayant une vaste expertise à travers le continent. Suivant une série de critères de sélection soigneusement élaborée, le jury procède au choix des gagnantes. Le choix n'est pas toujours facile mais on ne peut que se réjouir du talent et du succès rencontrés par nos mères, sœurs ou filles qui sont en train de changer notre beau continent.

 

Et pour l'édition prochaine, avez-vous déjà pensé à la ville qui accueillera le NAW Forum ?

Le choix n'est pas encore fixé mais on a quelques idées. Ce sera de toute façon dans un pays qui enregistre des avancées certaines en termes d'égalité du genre. On espère d'ici là toucher davantage les femmes d'Afrique du Nord et de l'Afrique Lusophone.

*ANA, African New Agency, est une agence d'information africaine basée à Paris.

 

Source:allafrica

 

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