Alors qu'il inaugurait jeudi dernier un nouveau tronçon routier entre Bagamoyo et Msata, dans la région côtière, John Magufuli, le président tanzanien a abordé la question de la scolarité des «filles-mères». Sa position intransigeante a eu l'effet d'une douche froide.

Les jeunes mères, écolières ne pourront retourner terminer leur études, en tous cas « pas sous mon mandat » a averti le président tanzanien. Cette position intransigeante semble vouloir clore un débat qui s'est invité le mois dernier au Parlement. Même au sein du gouvernement, les ministres sont partagés sur la question : ceux qui prônent le « respect de l'égalité des chances » contre ceux qui préfèrent réprimer plutôt qu'éduquer.

Pour le chef de l'Etat, les écolières exclues en raison d'une grossesse n'ont qu'à s'orienter vers des activités génératrices de revenus comme le commerce ou l'agriculture. John Magufuli rappelle que la loi peut conduire jusqu'à 30 ans de prison le père responsable d'une maternité précoce chez une adolescente.

Et le président de fustiger les ONG qui plaident pour le maintien de l'accès à la scolarité des jeunes mamans. Selon John Magufuli, si les Tanzaniens écoutaient les organisations occidentales de défense des droits de l'homme, « il pourrait arriver que, dans toute une classe, toutes les élèves aient des bébés... Dans ce cas alors, que se passerait-il ? Pendant que le professeur donne son cours, elles sortiraient toutes pour aller donner le sein aux bébés ? Jamais sous mon mandat !», s'est-il emporté. « Si ces ONG aiment vraiment ces élèves, qu'elles leur ouvrent des écoles spéciales pour mères », a-t-il ajouté.

« Quant au gouvernement, il ne peut pas accepter cela », a insisté M. Magufuli, alors que plusieurs membres de son gouvernement défendent publiquement le droit des filles à poursuivre leurs études secondaires après des maternités.

Un rapport de l'ONG Human Rights Watch publié le 16 juin avait affirmé que des responsables d'écoles en Tanzanie effectuaient des tests de grossesse afin d'expulser les élèves enceintes, les privant ainsi de leur droit à l'éducation

FEMNET, l'organisation africaine de défense des droits des femmes dénonce dans un communiqué, les propos du chef de l'Etat tanzanien, qui préfère « victimiser une deuxième fois » les jeunes filles-mères, plutôt que de traiter le problème des violences sexuelles à l'école.

Une pétition mise en ligne sur le web a déjà recueilli plus de 100 000 signatures. Elle appelle le président Magufuli à revenir sur ses déclarations et à fixer un cadre légal permettant aux écolières enceintes de poursuivre leur scolarité après leur accouchement.

 

 

Source:rfi.fr

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