PROGRAMME D’APPUI POUR LA LIBRE CIRCULATION DES

 PRODUITS AGRICOLES EN AFRIQUE DE L’OUEST

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“PROGRAMME FOOD ACROSS BORDERS (PROFAB

 

 

ETUDE SUR LES PROBLEMES SPECIFIQUES QUE RENCONTRENT LES FEMMES COMMERÇANTES SUR LE CORRIDOR ABIDJAN-LAGOS

 

 

 

 

Le commerce des produits agricoles et pastoraux constitue une importante composante de l’économie des Etats de l’Afrique de l’Ouest.

Les échanges de produits agropastoraux apparaissent comme le principal garant de la sécurité alimentaire et nutritionnelle des populations de la région.

Cependant le développement des échanges intracommunautaires est confronté à un ensemble de problèmes dont la récurrence de pratiques anormales matérialisées par  la persistance de nombreuses tracasseries routières et administratives, sources de rackets et de corruption.

Le commerce régional ou transfrontalier des produits agropastoraux est animé par de nombreux acteurs plus ou moins structurés au sein de réseaux marchands. De nombreux travaux ont montré le rôle déterminant que jouent les femmes dans le commerce régional.

 

Pour mieux connaître la dynamique autour de cette activité, le WiLDAF-AO, a réalisé une étude en mars 2017 en collaboration avec Bordeless Alliance. Cette étude fait ressortir et Analyser le rôle et le poids des femmes dans le commerce transfrontalier des produits agropastoraux dans les corridors d’échanges Abidjan-Lagos ; documenter de façon approfondie les difficultés auxquelles elles sont confrontées et formuler des recommandations fortes, sous forme d’un plan d’actions opérationnelles et réalistes pour minimiser les entraves à l’exercice des activités commerciales transfrontalières par les femmes. L’étude à été rendu possible grâce à l’appui du PROFAB (programme d’appui pour la libre circulation des produits agricoles en Arique de l’Ouest)

 

Nous vous proposons le résumé et l’étude

 

Résumé

 

Le commerce transfrontalier des produits agro-pastoraux joue un rôle important au plan économique et contribue à la sécurité alimentaire de la région ouest africaine en assurant la connexion entre les zones de surplus et celles de déficit alimentaire à travers le marché. Les acteurs qui animent la vie marchande sont majoritairement des femmes ; elles représentent approximativement 70 à 90% des personnes impliquées dans le commerce transfrontalier. On estime à environ 14664000 femmes, l’effectif cumulatif annuel des femmes commerçantes sur le corridor Abidjan-Lagos. Le présent document analyse l’implication des femmes dans le commerce transfrontalier des produits agro-pastoraux, les contraintes auxquelles elles sont confrontées et les restrictions qui en découlent.

 

La réalisation de l’étude s’est basée sur les données aussi bien quantitatives que qualitatives obtenus à partir de plusieurs sources. La réalisation du travail se décompose en trois phases à savoir : (i) les travaux de préparation constitués d’une revue de bibliographie, d’un échantillonnage, de la formation de l’équipe d’enquêteurs, (ii) la collecte des données sur le terrain et (iii) l’analyse des données et la rédaction du rapport. Au total, 240 commerçants dont 200 femmes et 40 hommes ont été interviewés sur les frontières Noé (Côte d’Ivoire) -Elubo (Ghana) ; Kodjoviakokopé (Togo)-Aflao (Ghana) ; Hilacondji (Bénin)-Aneho (Togo); Sèmè -Kraké(Bénin) – Badagri (Nigéria) en remontant au niveau des principaux marchés des capitales des cinq pays.En complément à l’échantillon des commerçantes, 52 fonctionnaires des administrations publiques et les agro-industries impliquées dans la problématique du commerce transfrontalier ont été interviewés.

 

Les échanges commerciaux des femmes sur le corridor Abidjan-Lagos, portent sur plusieurs produits agropastoraux à savoir des produits du cru, des produits localement transformés et les produits de réexportation (riz et produits carnés). On dénombre plus d’une centaine de spéculations et leurs dérivés dans les échanges. Sur ce corridor, on retrouve majoritairement les femmes dans le commerce du poisson, les produits maraichers et le piment. Les femmes ne sont pas impliquées dans le commerce du bétail et des petits ruminants, elles s’investissent plutôt dans le commerce des abats et des œufs. Le gingembre et la kola font l’objet d’un commerce mixte impliquant à la fois les hommes et les femmes. Les hommes sont souvent les grossistes et les femmes les semi-grossistes et détaillantes.

 

L’analyse des trajectoires commerciales des produits sur le corridor étudié fait ressortir deux principaux types de circuits de commercialisation que sont les circuits courts et les circuits longs. Si les circuits longs font intervenir à la fois, une distance relativement longue et au moins deux (2) intermédiaires entre le producteur et le consommateur, ceux dits courts ne font pas intervenir plus d’un intermédiaire entre le producteur et le consommateur. Les circuits courts sont observés pour tous les produits à l’état brut ou après transformation et s’établissent le plus souvent entre deux pays voisins. Les produits partent des bassins de production, marchés de regroupement pour alimenter les marchés urbains environnants.

 

Les échanges des produits agropastoraux sur le corridor ne se déroulent pas sans difficultés. Des résultats de nos enquêtes, 98,8% des usagers ont déclaré connaître des difficultés dans l’exercice de leurs activités commerciales. Ces problèmes sont divers et varient en fonction du genre et du niveau d’intervention (niveau individu, niveau entreprise et niveau pouvoirs publics ou des institutions. Le commerce transfrontalier connaît de gros problèmes dont : l’insuffisance des infrastructures et équipements de transport et de communication, l’excessivité des charges douanières et connexes, le non-respect des accords commerciaux régionaux visant à éliminer les obstacles tarifaires et non tarifaires par l’application du protectionnisme national, la médiocrité des services financiers, la cherté des opérations de crédit et de change, la variation des réglementations bancaires ainsi que des politiques d’imposition des activités commerciales entre pays francophones et anglophones, les difficultés dans la pratique du schéma de libéralisation du commerce de la CEDEAO, et le manque d’information de qualité sur les marchés et les opportunités d’affaires, pour certaines marchandises. Les femmes sont particulièrement touchées par les problèmes de tracasseries administratives au niveau des frontières du fait que la majorité d’entre elles soit analphabète et n’ait pas une bonne connaissance des dispositions en vigueur. Elles rencontrent des problèmes relatifs au transport des produits et sont aussi confrontées aux problèmes d’insécurité liée à leur personne et à leurs biens. Quelques femmes interviewées ont fait cas de harcèlement de la part des agents aux frontières.

 

Pour améliorer le commerce sur le corridor Abidjan Lagos, il est indispensable de régler de manière durable ces problèmes en tenant compte du contexte économique et social. Pour ce faire, des dispositions doivent être prises pour :

 

1- Vulgariser les documents sur le schéma de libéralisation des échanges au sein des groupements professionnels des femmes commerçantes afin de leur permettre de mieux comprendre le contenu, les obligations et les avantages qu’elles peuvent en tirer 

 

2-Sensibiliser les fonctionnaires au niveau des frontières aux droits des commerçants transfrontaliers et pour un meilleur traitement des usagers et particulièrement les femmes afin de réduire les cas de harcèlement et de violence

 

3-Réduire considérablement l’effectif des agents au niveau des frontières et automatiser les opérations de contrôle afin de limiter le contact entre les usagers et fonctionnaires des frontières et ainsi, la corruption ;

 

4-Améliorer la coordination des organismes frontaliers et dynamiser les structures de recours au niveau des frontières en instituant un travail en réseau avec la possibilité de s’exprimer de manière instantanée sur la plateforme afin de tenir les principaux acteurs informés en cas de difficulté ;

 

4-Promouvoir des services de logistique de qualité pour une meilleure facilitation du commerce

 

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