Par Jean-Marie Ntahimpera

le 28 septembre2017 , c'était la Journée mondiale du droit à l'avortement. Sur les réseaux sociaux, le débat a été très passionné entre les soutiens et les détracteurs de l'interruption volontaire de grossesse (IVG).

 

Dans la grande majorité des pays d'Afrique, l'avortement, appelé aussi l'interruption volontaire de grossesse (IVG) est complètement interdit. Dans certains autres pays, il est « partiellement » légal, notamment si il permet de sauver la vie d'une femme en danger.

 

Les raisons d'être contre le droit à l'avortement sont nombreuses. « C'est un crime ». « A-t-on le droit de tuer?», entend-on s'indigner. Les défenseurs de ces arguments avancent des bases éthiques et religieuses.

Mais comme le souligne une journaliste sur Facebook : « Renier le droit à l'avortement aux femmes les met en danger plus qu'autre chose. Il n'est pas prouvé que ça réduit pour autant les avortements ».

 

La réalité est que chaque année plusieurs centaines de filles et femmes sont obligées d'avorter partout sur le continent, que l'avortement soit légal ou pas. Les raisons en sont nombreuses, et comme le disait un commentateur sur Facebook « aucune femme qui décide d'avorter ne le fait de gaîté de cœur ».

 

Jeune Afrique résumait la situation ainsi en 2014 : « Chaque jour ou presque, les migrants africains font la une des journaux. Une des conséquences directes de l'exil de nombreux hommes, souvent mariés avant leur départ, reste cependant très méconnu. Il s'agit des décès liés aux avortements clandestins, très fréquents sur le continent. Des femmes, abandonnées parfois pendant des années par leurs maris, sont confrontées à la honte d'une grossesse hors mariage. D'autres sont victimes de viols. D'autres encore sont simplement privées d'une éducation qui leur permettrait de faire le bon choix contraceptif. Mais quelle que soit leur raison d'avorter, presque toutes les Africaines ont le même point commun : elles sont confrontées à une législation qui entrave leur liberté de femmes ».

 

On n'oublie pas ici les gens à qui on annonce qu'ils mettront au monde à des enfants mal formés, qui ne vivront que dans la souffrance.

 

Choisir être le médecin et les guérisseurs traditionnels

 

Les femmes qui décident d'avorter sont donc le plus souvent en difficulté, elles ont donc besoin d'aide, et les gouvernements ont la responsabilité de leur permettre l'assistance médicale qu'elles méritent. Si non, elles vont chez les guérisseurs traditionnels ou chez grand-mère, qui n'ont pas le professionnalisme des médecins et qui peuvent les mettre en danger.

 

Il y a espoir que les gouvernements africains légaliseront de plus en plus l'avortement. Les pays de la CEDEAO par exemple veulent limiter les naissances pour atteindre un maximum de 3 enfants par femme d'ici 2030. C'est un projet plus ou moins utopique, mais s'ils veulent faire des progrès, ils devront permettre à leurs femmes de mettre fin aux grossesses non désirées

 

Source: allafrica