Lors de sa première intervention devant la presse, la première représentante des Nations Unies pour les droits des victimes d'exploitation et d'abus sexuels, Jane Connors, a souligné vendredi son rôle de donner une « visibilité » à ceux qui ont souffert et d'amplifié leurs voix.

 

« Je suis le premier intervenant de la stratégie complète du Secrétaire général visant à lutter contre l'exploitation et les abus sexuels à l'échelle du système », a déclaré la Défenseure des droits des victimes lors d'une conférence de presse organisée au siège de l'ONU à New York.

 

« Ma priorité est de donner de la visibilité à ceux qui ont souffert, y compris en les connectant personnellement, et je souhaite amplifier leur voix de manière à ne pas les ignorer, et les soutenir dans leur reconstruction », a ajouté la juriste australien et défenseure des droits de l'homme de longue date.

 

Depuis qu'elle a pris ses responsabilités en tant que Défenseur des droits des victimes le 14 septembre, Mme Connors a enchainé les réunions, notamment lors de la Réunion de haut niveau sur la prévention de l'exploitation et des abus sexuels, qui s'est tenue à New York le 18 septembre. Elle a rencontré des représentants de pays, des collègues de l'ONU et d'autres parties prenantes et s'est récemment rendue en République centrafricaine (RCA) pendant deux semaines pour rencontrer des victimes.

 

La Défenseure des droits des victimes travaille avec des défenseurs sur le terrain dans quatre pays - Haïti, la RCA, la République démocratique du Congo et le Soudan du Sud - qui ont un contact direct avec les victimes. À l'avenir, d'autres lieux pourraient être ajoutés.

 

Mme Connors a appelé les donateurs à contribuer au Fonds d'affectation spéciale pour les victimes de l'exploitation et des abus sexuels afin que l'ONU puisse aider les victimes à reconstruire leur vie et à demander justice. Sa nomination intervient suite à l'engagement pris par le Secrétaire général des Nations Unies, António Guterres, dans son rapport sur les mesures spéciales de protection contre l'exploitation et les abus sexuels : une nouvelle approche dans laquelle l'ONU place les droits et la dignité des victimes au premier plan de ses efforts de prévention et de réponse.

 

31 nouvelles allégations d'exploitation et abus sexuels entre juillet à septembre

 

Avant la conférence de presse de Mme Connors, le porte-parole du Secrétaire général, Stéphane Dujarric, a fourni une mise à jour sur les cas d'exploitation et d'abus sexuels, une information que l'ONU tentera de faire chaque trimestre.

 

M. Dujarric a rapporté que pour la période allant du 1er juillet au 30 septembre, l'ONU a reçu 31 allégations. « Tous n'ont pas été vérifiés, et certains sont en phase d'évaluation préliminaire », a-t-il déclaré.

 

Sur les 31 allégations, 12 proviennent d'opérations de maintien de la paix et 19 d'agences, de fonds et de programmes. Parmi elles, 10 sont classées comme étant des cas d'abus sexuels, 19 comme des cas d'exploitation sexuelle, et deux sont d'une nature inconnue.

 

Le porte-parole a indiqué que 12 de ces allégations se sont produites en 2017, deux en 2016, six en 2015 ou avant, et les dates sont inconnues pour 11 d'entre elles.

38 hommes auteurs présumés ont été associés à ces incidents. Sur les 36 victimes, 72% sont des femmes et 19% sont des filles. 14 enquêtes ont été lancées au cours de cette période.

 

M. Dujarric a également déclaré que l'ONU pilote un protocole d'assistance aux victimes qui définit les rôles et les responsabilités des agents de l'ONU sur le terrain pour assurer la coordination afin de fournir une assistance immédiate aux victimes.

Avec les contributions volontaires les plus récentes des États membres, le Fonds d'affectation spéciale en faveur des victimes d'exploitation et d'abus sexuels atteindra 1,5 million de dollars, a-t-il ajouté.

 

Le porte-parole a déclaré que le Secrétaire général a également demandé aux responsables de toutes les entités du système de fournir des plans d'action et des analyses de risque pour engager le leadership dans la lutte contre l'exploitation et les abus sexuels. En outre, une formation obligatoire pour tout le personnel des Nations Unies avant le déploiement sur le terrain a été lancée.

 

En RDC, un « formulaire de rapport d'incident » unique et uniforme sera introduit ce mois-ci pour s'assurer qu'une assistance est fournie immédiatement, que des mesures d'enquête appropriées sont prises et pour améliorer la collecte de données.

 

Jusqu'à présent, 58 chefs d'État ou de gouvernement se sont joints au Cercle du leadership du Secrétaire général en faveur de la lutte contre l'exploitation et les abus sexuels. 74 États membres ont signé le Pacte volontaire et 18 autres ont formellement indiqué leur intention de le signer, a ajouté le porte-parole.

 

Source:unnewstracker

 

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