Sur l’initiative conjointe de la CEDEAO(Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest) et de l’IFPRI, (L'InstitutInternational de recherche sur les Politiques Alimentaires) et l’appui technique du HUB RURAL et de Africa Lead, s’est tenu  du 9 au 13 Octobre 2017 à Sally, Sénégal, un atelier« Clinique d'apprentissage mutuel et de renforcement des capacités pour la prise en compte des évidences scientifiques dans les documents programmatiques (PNIASAN) dans l’espace CEDEAO ».

 

L’atelier clinique s’inscrit dans le cadre du processus de formulation des Plans Nationaux d’Investissements Agricoles, de Sécurité Alimentaire et Nutritionnelle de seconde génération (PNIASAN 2). Il visait à aider les États membres de la CEDEAO à améliorer la qualité de leurs documents PNIASANs2en intégrant des évidences scientifiques à travers un processus d'apprentissage mutuel et de renforcement des capacités.

 

Les participants étaient composés des équipes pays (point focal du PNIA, des experts chargés d'aider à la révision des documents du PNIASAN et des  experts en suivi et évaluation) ;de groupe d'experts et des membres du groupe de travail du PNIASAN et d'autres partenaires techniques. Sur demande, le WiLDAF a participé à la rencontre et a été représenté par Mme  KUWONU A. Kafui, la chargée de programme en chef.

 

Le WiLDAF avait, ensemble avec d’autres acteurs œuvrant au sein du groupe genre ECOWAPfait prendre en compte les préoccupations des femmes productrices de l’espace dans le Programme Régional d’Investissement Agricole et de Sécurité Alimentaire et Nutritionnelle (PRIASAN) adopté en fin 2016. Il était dès lors important et primordial pour le réseau de poursuivre ces efforts pour s'assurer que les Plans Nationaux d’Investissement, de Sécurité Alimentaire et Nutritionnelle (PNIASAN)  reflète au minimum les engagements pris au niveau régional et que des actions spécifiques seront prises dans le sens de la mise en œuvre effective et du suivi évaluation.

 

La rencontre de Sally a été un espace important pour non seulement participer à la discussion et la finalisation des évaluations des statuts de développement agricole devant servir de base aux évaluations futures, mais également nous assurer que les instruments de mesures futures sont discutés et adoptés. La question de mesures et de méthodologie pour  la prise en compte du genre a constitué la préoccupation majeure au cours de la rencontre.

 

Un processus de formulation du PNIASAN bien avancé dans les pays

 

Avant de rentrer dans le vif des sujets, les représentants des pays ont présenté brièvement l’état d’avancement du processus de formulation des PNIASAN dans leur pays.

 

Au  Niger : le PNIASAN est techniquement validé et adopté.  Sa mise en œuvre est en cours sur la base des ressources mobilisées auprès de l’Etat et des partenaires du secteur rural. Une Table Ronde pour le financement est prévue en janvier 2018 ;

 

Le  Maliaégalement validé son PNIASAN. Mais l’Etat a décidé, de le décliner en plans quinquennaux régionaux dans sa mise en œuvre. Le processus aboutira à un plan opérationnel 2017-2021 qui sera validé à tous les niveaux (régional, national). A la fin de septembre seules 4 régions administratives sur 11 ont été consultées. Le processus risque de prendre un peu plus de temps compte tenu des contraintes budgétaires et sécuritaires.

 

Le Bénin, le Burkina Faso et le Côte d’Ivoire  ont procédé à une validation technique de leurs projets de documents PNIASAN. L’adoption politique, devra intervenir  en novembre17;

 

Certains  pays  comme laGuinée, le Nigeria et le  Togo disposent d’un projet de document consolidé et se préparent à la validation technique entre la fin octobre et la fin-novembre ;

 

Quant auLibéria,  Sénégal etla  Sierra Léone, ilsdisposent des premières versions de documents sur lesquels ils peuvent entamer la consultation des parties prenantes et finaliser, l’analyse économique et financière. Ils prévoient la validation technique et l’adoption politique avant fin novembre 2017 ;

 

Le Cap Vert, la Gambie et le  Ghanasont encore  au début  du processus: analyse, consultation et préparation du  projet de documents. Le Cap Vert et la Gambie prévoient l’’adoption de  leurs documents avant fin novembre ;

 

Seulela Guinée-Bissauaccuse un retard.Il est  toujours au stade de constitution de ses groupes thématiques.

 

Le WiLDAF a apprécié ce point de l’état d’avancement du processus qui permet d’interpeller ses membres dans les différents pays pour la poursuite et l’achèvement du travail commencé pour influencer l’élaboration des PNIASAN.

 

Outrel’état d’avancement de la formulation des  PNIASANs, les experts ontprésenté les outils techniques conçus pour améliorer la qualité des programmes, dont l’une des composantes est l’intégration du genre.

 

Comment apprécier le  genre dans les PNIASANs ?

Partant du fait que la Déclaration de Malabo ainsi que  le Cadre de Résultats ne fournissent pas de paramètres spécifiques liés au genre dans une seule source, la rencontre  a permis d’examiner et apprécier l’analyse de IFPRI sur le genre qui utilise  l’Indice d’Autonomisation des Femmes dans l’Agriculture (IAFA).

 

L’Indice d’Autonomisation des Femmes dans l’Agriculture (IAFA) est un paramètre important et complémentaire qui s’intéresse aux dimensions genre de la production, du bien-être et de l’engagement social.

 

L’indice IAFA est basé sur les enquêtes conçues pour saisir le caractère multidimensionnel de l’autonomisation. Il se base sur la recherche pour développer des indicateurs de pouvoir et d’autonomisation qui proposent des mesures spécifiques aux domaines obtenues en utilisant des questions qui peuvent être envisagées dans des enquêtes individuelles ou de ménages.L’indice IAFA est un indice agrégé basé sur les données au niveau individuel collectées en interrogeant les hommes et les femmes au sein d’un même ménage. L’indice évalue le degré auquel les femmes sont autonomes dans cinq domaines d’autonomisation (5DE) en agriculture. Ces domaines sont : (1) les décisions concernant la production agricole, (2) l’accès aux ressources de production et le pouvoir de prise de décision sur ces ressources. (3) le contrôle de l’utilisation des revenus, (4) le leadership dans la communauté, et (5) la gestion du temps (Alkire et al. 2013).

 

Au Bénin, par exemple le rapport a révéléà partir de l’IAFA que  35,1% de la main d’œuvre féminine au niveau national travaille dans le secteur agricole. Près de 61,3% des femmes vivent dans les zones rurales, où elles fournissent 60 à 80 % de la main d’œuvre agricole. Cependant, ces femmes ont un accès limité aux terres, et la proportion de femmes qui possèdent des terres est également plus faible que celle des hommes propriétaires (19% contre 37%, INSAE et ICF International, 2013).

Les données sont collectées sur 311 exploitations agricoles familiales (pour un total de 354 ménages) subdivisés en 52 villages de quatre zones agro-écologiques (Doubogan, 2017).

Les chiffres de l’autonomisation montrent que seules 2,27% des femmes sont autonomes contre presque 46,77% des hommes ; et les 97,73% qui ne sont pas encore autonomes ont, en moyenne, des résultats insuffisants dans 65,7% des domaines.

 

De la rencontre, il est attendu des techniciens de chaque pays, à partir de son analyse situationnelle, de développer des indicateurs spécifiques adoptés au contexte national pour atteindre les 20% d’autonomisation que demandent Malabo.

 

Le WiLDAF n’a pas manqué d’attirer l’attention des acteurs aussi bien au niveau régional que national, sur la nécessité de se donner des orientations et des directives bien précises qui guideront les pays dans la finalisation des actions qui mises en œuvre permettront d’aller vers le niveau d’autonomisation recherché.

 

Service Communication WiLDAF