Par Mariam Somda

 

Le secrétariat permanent du conseil national de lutte contre la pratique de l'excision, a organisé une assemblée générale, le jeudi 14 décembre 2017 à Ouagadougou.

 

«Malgré plus de deux décennies d'actions pour le changement de comportement, les Mutilations génitales féminines (MGF) persistent en dépit de la loi qui les répriment». C'est ce qu'a déclaré la ministre en charge de la femme, Laure Zongo, au cours de l'assemblée générale du Conseil national de lutte contre la pratique de l'excision (CNLE), le jeudi 14 décembre 2017 à Ouagadougou. Elle a rappelé qu'il y a une baisse du taux de prévalence en matière de MGF qui est passé de 13,3 % en 2010 à 11,3% en 2015 dans la tranche d'âge de 0 à 14 ans et de 76% à 67% dans celle de 15 à 49 ans.

 

«Nous progressons, même si ce n'est pas à l'allure que nous aurions souhaitée», a-t-elle signifié. C'est pourquoi, pour l'accélération de la lutte contre le phénomène, le gouvernement a adopté le 5 janvier 2017, le plan stratégique national de promotion de l'élimination de la pratique de l'excision 2016-2020. Pendant l'assemblée générale, des chèques ont été remis aux acteurs de promotion de l'élimination de la pratique de l'excision. A cet effet, 3 artistes, 32 associations, 32 directions provinciales de la femme et 4 directions provinciales ont été récompensés. Ainsi, la reine Akoandambou a reçu un chèque d'une valeur de 3 millions de F CFA pour le compte des artistes.

 

Renforcer les capacités des acteurs

Des prix ont été aussi décernés aux quatre lauréats du jeu- concours organisé sur les MGF et réalisé sur la plateforme facebook du SP/CNLPE, le 11 novembre 2017. La remise de chèques entre dans le cadre de la mise en œuvre du projet de «Renforcement de la promotion de l'élimination de la pratique de l'excision dans cinq régions frontalières du Burkina Faso». Il a été financé par l'ambassade royale du Danemark à travers le fonds commun genre.

 

Selon la ministre en charge de la femme, Laure Zongo, la réalisation des activités de la première phase de ce projet a coûté 90 681 523 F CFA et a permis de toucher plus de 500 000 personnes. A l'entendre, les principaux résultats ont porté notamment sur le renforcement des capacités de 59 personnels de 9 maisons d'arrêt pour la réalisation d'activités au profit des détenus pour fait d'excision et la réalisation de 120 patrouilles à travers l'appui financier aux brigades de gendarmerie.

 

Mme Zongo a fait savoir que la seconde phase du projet vise à pérenniser les actions novatrices. «Elles sont orientées, entre autres, vers le renforcement des mesures de prévention à travers les théâtres-fora, les ciné-débats, les discussions en vue d'un changement des normes en matière de l'abandon des MGF», a-t-elle déclaré.

 

Par ailleurs, la ministre a exhorté les acteurs pour une utilisation rationnelle des fonds. Quant aux jeunes et lauréats du jeu- concours, elle les a invités à beaucoup plus d'implication dans les actions de promotion de l'élimination de l'excision. «Sensibilisez autour de vous, dans vos familles, écoles et lieux de rencontres, car vous constituez désormais des ambassadeurs incontournables de la chaîne », a-t-elle dit.

 

De l'avis de la lauréate du jeu, Mireille Ouoba, élève de Terminale, il faut passer par les jeunes qui représentent l'avenir pour éradiquer les MGF de nos sociétés. L'assemblée générale a permis de se pencher sur les préoccupations majeures en vue de se conformer aux exigences et d'envisager des pistes de solutions et de perspectives pour l'atteinte de la tolérance zéro. Elle a également statué sur le décret portant attribution, composition, organisation et fonctionnement du CNLPE en vue d'y apporter des éléments pour la prise en compte et l'implication effective du monde associatif.

 

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