Par Nadège Yameogo

 

Le centre de développement de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) a présenté, les résultats de l'étude pays « Institutions sociales et égalité femme-homme » (SIGI) au cours d'un atelier présidé par le Premier ministre, Paul Kaba Thiéba, le jeudi 11 janvier 2018, à Ouagadougou.

 

Le Burkina Faso dispose enfin de données « fiables » sur les discriminations basées sur le genre. Lancée en 2015, les conclusions de l'étude pays « Institutions sociales et égalité femme-homme » (SIGI) a, en effet, livré ses conclusions au cours d'un atelier, le jeudi 11 janvier 2018 à Ouagadougou.

 

Mise en œuvre par le centre de développement de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) avec l'appui financier de la coopération autrichienne pour le développement, cette étude avait pour objectif, aux dires de la porte-parole de l'OCDE Gaëlle Ferrant, de quantifier les institutions sociales discriminatoires spécifiques au Burkina Faso en explorant les disparités régionales.

 

Pour la première fois, les discriminations de genre au sein des normes sociales, des pratiques et des lois informelles ont été recueillies et quantifiées dans les différentes régions burkinabè par le biais de formations, de consultations nationales, d'études qualitatives et d'enquêtes auprès des ménages.

 

De façon générale, le SIGI-Burkina a démontré que la question du genre se pose toujours avec acuité au Burkina Faso en dépit des nombreux efforts déployés dans la lutte contre les disparités de genre.

En effet, a soutenu Mme Ferrant, une série de perceptions et de pratiques sociales restreignent les droits des femmes et réduisent leur accès aux opportunités économiques et sociales par rapport aux hommes.

 

Il s'agit notamment du mariage précoce, du travail domestique, de l'atteinte à l'intégrité physique et morale, de la préséance pour les garçons, de l'accès restreint aux ressources et aux biens ainsi que les atteintes aux libertés civiles.

 

Concernant le mariage d'enfant, le SIGI a relevé sa persistance dans presque toutes les régions du pays. « Pas moins de 44% des femmes mariées l'ont été avant 18 ans contre 4% des hommes », a regretté la porte-parole de l'OCDE. Poursuivant, elle a noté que le problème est plus aggravé par le fait qu'au moins 44% des Burkinabè pensent qu'il est acceptable qu'une fille puisse être mariée à 18 ans.

 

L'éducation, une solution aux inégalités

 

Toujours selon la même étude, plus d'une femme sur trois au Burkina Faso a été victime de violence domestique au cours de sa vie contre un homme sur cinq.

 

A cela s'ajoute, l'accès restreint des femmes aux ressources et aux biens qui constitue également, selon Mme Ferrant un défi important à relever. « Les femmes constituent 55% de la force de travail agricole mais pas plus de 40% d'entre elles sont propriétaires de terres », a-t-elle déploré.

 

Pour relever ces défis, le SIGI a recommandé d'intégrer la lutte contre les discriminations sociales dans les stratégies nationales de développement tout en renforçant le cadre juridique afin de garantir la protection des droits des femmes.

 

par ailleurs, il a suggéré qu'un accent particulier soit mis sur l'éducation, car les niveaux de discrimination sont plus faibles au sein des populations éduquées. « Les personnes ayant suivi des études secondaires acceptent moins le mariage précoce que celles qui n'ont jamais été à l'école », a fait comprendre la porte-parole de l'OCDE.

 

Enfin, les enquêteurs ont souhaité que la collecte des données relatives aux discriminations se fasse de façon périodique de sorte à évaluer les progrès et mieux cerner les défis dans le domaine. Ces recommandations n'ont pas laissé indifférent le chef de l'exécutif burkinabè, Paul Kaba Thiéba qui a promis d'œuvrer à leur mise en œuvre.

 

« La question de la promotion de la femme et du genre est au cœur du programme présidentiel. Il fait d'ailleurs partie des cibles prioritaires du PNDES à travers son axe 2 qui est le développement du capital humain », a-t-il indiqué. Il a rassuré les acteurs de sa disponibilité à les accompagner dans leur lutte afin de faire de la femme une actrice dynamique du développement.

 

Source: allafrica