Par Abdoulaye Diallo

 

La Banque mondiale, en collaboration avec l'Association des juristes sénégalaises (Ajs), a tenu un atelier de partage du dernier rapport de l'institution portant sur «les femmes, l'entreprise et le droit» hier.

 

Le rapport 2016 de la Banque mondiale portant sur « les femmes, l'entreprise et le droit » confirme les résultats de la précédente édition et montre qu'il existe encore dans beaucoup de pays des différences de traitement juridique entre hommes et femmes : sur les 173 économies étudiées, 155 ont au moins une loi qui entrave la capacité des femmes à poursuivre des opportunités économiques. Ledit rapport souligne aussi que dans 100 économies, les femmes se heurtent à des restrictions à l'emploi fondées sur le sexe.

 

Ce n'est pas tout. « Dans les économies où la femme n'est pas égale de l'homme devant la loi, les filles sont moins nombreuses que les garçons à suivre des études secondaires, les femmes sont moins nombreuses à travailler ou à diriger une entreprise et l'écart de salaire avec les hommes est plus important », note le rapport qui fait remarquer que 46 des économies étudiées n'ont aucune loi protégeant expressément les femmes contre la violence domestique et que dans 18 économies, le mari peut légalement empêcher sa femme de travailler. Cependant, selon toujours le rapport présenté hier, 65 économies ont adopté, au cours des deux dernières années, 94 réformes visant à améliorer les perspectives économiques des femmes. La plupart de ces réformes ont été introduites dans des économies en développement : 19 en Europe et en Asie centrale, 18 en Afrique subsaharienne, 16 dans la région Amérique latine et Caraïbes, 12 dans le Moyen-Orient.

 

Sept indicateurs pris en charge

 

« Nous devons veiller à ce que les femmes puissent, de la même façon que les hommes, utiliser leurs capacités de production pour obtenir des emplois, créer des entreprises et prendre des décisions bénéfiques pour elles-mêmes, leurs familles et leurs communautés », a estimé Sophie Naudeau, responsable du Secteur Développement humain du bureau de la Banque mondiale à Dakar.

 

Elle s'exprimait à l'occasion de l'atelier de partage et d'échanges sur ce rapport 2016 de l'institution financière. La rencontre, co-organisée par l'Association des juristes sénégalaises (Ajs), a aussi enregistré la participation des membres de la société civile, d'experts en genre, d'universitaires et de partenaires au développement. L'atelier vise à faciliter l'échange d'informations, à identifier les obstacles qui influencent l'entrepreneuriat féminin. Mieux il se propose d'examiner ce qui peut aider à promouvoir l'autonomisation des femmes en Afrique.

 

Fatoumata Guèye Ndiaye, présidente de l'Ajs, a vivement salué l'initiative de la Banque mondiale qui, à travers ce rapport « d'une qualité remarquable », s'engage pleinement dans le combat pour le respect des droits des femmes. « C'est un rapport dense et simple qui tient compte des questions et des domaines qui posent encore des obstacles à une pleine égalité entre hommes et femmes », s'est réjouie la présidente de l'Ajs, relevant que le Sénégal a enregistré des avancées significatives dans l'égalité homme-femme. Point de vue soutenu par le secrétaire général du ministère de la Femme, de la Famille et du Genre. Sidy Guèye est largement revenu sur les acquis des femmes au Sénégal : parité, fiscalité, transmission de la nationalité, etc.

 

« C'est une volonté politique assumée au plus haut sommet de l'Etat. Et aujourd'hui, notre pays peut se réjouir d'avoir intégré le genre dans toutes ses politiques de développement », a précisé Sidy Guèye, « certain » que des efforts sont encore à faire pour permettre aux femmes de jouer pleinement leur partition dans la construction du Sénégal.

 

Depuis 2009, le rapport de la Banque mondiale sur « les femmes, l'entreprise et le droit » recueille des données sur les obstacles juridiques au travail et à l'entreprenariat féminin afin d'éclairer le dialogue et de promouvoir la recherche sur les liens entre la loi et les perspectives économiques des femmes.

 

Les données de ce rapport 2016 portent sur sept indicateurs : accès aux institutions, jouissance de la propriété, obtention d'un emploi, incitations au travail, actions en justice, accès au crédit et protection des femmes contre la violence à l'égard des femmes.

 

Lire l'article original sur Le Soleil.

 

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