Photo ONU / Ilyas Ahmed Une femme membre du Parlement fédéral somalien vote lors du premier tour de l'élection présidentielle à Mogadiscio le 8 février 2017.

 

 

Le nombre de femmes à siéger dans les parlements dans le monde n’a que très peu augmenté en 2017, selon un rapport publié vendredi 2 mars 2018 par l’Union interparlementaire (UIP) à l’approche de la Journée internationale de la femme.

 

La proportion de femmes à siéger dans un parlement s’établit en 2017 à 23,4% contre 23,3 % en 2016. Une augmentation globale de seulement 0,1 point de pourcentage.

« Hormis quelques pays où des avancées ont été enregistrées grâce à une volonté politique, 2017 a été, dans l’ensemble, une année décevante », a admis le Secrétaire général de l’UIP, Martin Chungong, lors d’une conférence de presse vendredi à Genève.

 

« Il est essentiel que les femmes puissent prendre part aux travaux des institutions décisionnelles comme le Parlement. Ceci est fondamental, non seulement pour progresser vers l’égalité des sexes, mais aussi pour garantir la démocratie et la légitimité de son processus », a ajouté M. Chungong.

 

La participation des femmes aux élections parlementaires a toutefois connu plusieurs évolutions positives l’année dernière. En 2017, un nombre record de candidates a été enregistré et le taux d’élection des femmes a été plus élevé qu’au cours de l’année précédente : 27,1 %, contre 22,3 % en 2016. Cette évolution résulte en grande partie des différentes mesures qui ont été prises dans plusieurs pays, comme l’instauration de quotas électoraux pour les femmes. Dans les 20 pays où ce type de quota a été employé, les femmes ont remporté plus de 30 % des sièges, contre seulement 16,8 % dans les 16 pays où de tels quotas n’ont pas été appliqués.

 

Davantage de femmes parlementaires en Afrique

Les pays où le pourcentage de femmes élues a été le plus élevé en 2017 sont le Sénégal (41,8 %) et la Norvège (41,4 %). Sur le continent africain, le nombre de femmes a aussi enregistré des records historiques au Kenya à tous les niveaux de gouvernement, « malgré un climat d’instabilité politique » en 2017. Selon l’UIP, les femmes détiennent désormais près de 22 % des sièges à la chambre basse, et un peu plus de 30 % à la chambre haute. Pour la toute première fois, trois femmes ont été élues à un poste de gouverneur et deux des femmes élues au niveau parlementaire avaient moins de 27 ans.

 

Mais c’est en Europe qu’ont été observés les avancées, mais aussi les reculs, de plus grande ampleur. En France, par exemple, les femmes parlementaires détiennent aujourd’hui 38,6 % des sièges à l’Assemblée nationale, contre 26,6 % lors des élections précédentes, soit une augmentation de 12 %. Une hausse qui n’est pas étrangère à la décision prise par le parti du Président Emmanuel Macron, la République en marche, qui a présenté des listes respectant la parité entre hommes et femmes. En revanche, l’UIP note que l’Islande et le Liechtenstein ont perdu au moins huit points de pourcentage.

 

Dans les Amériques, la représentation parlementaire des femmes a enregistré une hausse de 0,3 point de pourcentage, atteignant 28,4 %. Les pays les plus en pointe – l’Argentine (38,1 %), le Chili (22,6 %) et l’Equateur (38 %) – ont mis en place une législation progressiste visant à renforcer leur représentation. En revanche, au Honduras, les élections se sont tenues sur fond de violences, dont les femmes ont été systématiquement la cible. Bien que le pays ait adopté en 2009 des quotas sur la participation des femmes, le nombre de femmes parlementaires a chuté de 4,7 points, pour s’établir à 21,1 %.

 

Dans la région Asie-Pacifique, si les parlements asiatiques ont vu leur nombre de femmes élues baisser légèrement (-0,7 point, à 18,6 %), des progrès ont été réalisés dans la région Pacifique (+0,5 point, à 17,9 %). Mais d’importants reculs ont été notés en Papouasie-Nouvelle-Guinée où aucune femme n’a été élue alors qu’un nombre record de candidates (167) ont participé aux élections.

 

Des femmes parlementaires victimes de sexisme ou de violence

 

Par ailleurs, l’étude de l’UIP montre que plusieurs femmes parlementaires se sont plaintes d’avoir été victimes de harcèlement sexuel et se sont senties désarmées pour dénoncer ces actes. A cet égard, l’UIP note par exemple que malgré des avancées à Nairobi, « les candidates kenyanes ont signalé de nombreux actes de violence ainsi que des menaces ».

 

En outre, le mouvement #MeToo, qui s’est répandu dans le monde en 2017, contribue à faire évoluer les mentalités en sensibilisant l’opinion aux mauvais comportements et au sexisme dont sont victimes les femmes, non seulement en politique mais également dans tous les secteurs. En 2017, la hausse du nombre de femmes parlementaires a amené plusieurs parlements (notamment au Canada, en France, en Italie, au Royaume-Uni, en Suède, en Suisse et au Parlement européen) à examiner leur propre environnement de travail.

 

Source:news.un.org