Le Conseil de sécurité a tenu le  lundi 16 mars 2018 un débat ouvert sur les violences sexuelles dans les conflits. A cette occasion, l’ONU a plaidé pour davantage de prévention et d’autonomisation afin de mieux protéger les victimes.

 

Devant le Conseil, la Vice-Secrétaire générale de l’ONU, Amina J. Mohammed, a dénoncé la tactique barbare que sont les violences sexuelles en temps de guerre, en demandant une reddition des comptes pour éviter que ces crimes ne se répètent.

 

Au Myanmar comme dans nombre de conflits, la Vice-Secrétaire générale a rappelé que la violence sexuelle est utilisée pour atteindre des objectifs militaires. Les hommes et les femmes sont touchés, a-t-elle dit, même si ces dernières en sont victimes de manière disproportionnée. Celles qui survivent à la violence sexuelle sont en outre contraintes de vivre dans la marginalité, avec souvent une stigmatisation des grossesses non désirées, a-t-elle poursuivi.

 

Mme Mohammed a noté les progrès accomplis dans cette direction et salué notamment l’élaboration d’un plan de lutte contre la violence sexuelle par le Gouvernement iraquien en début d’année. Elle a également salué les avancées dans ce domaine au sein des opérations de maintien de la paix.

 

Ainsi, par exemple, une équipe de policières britanniques et congolaises a été dépêchée dans l’est de la République démocratique du Congo pour veiller à ce que les violences sexuelles commises fassent l’objet de poursuites, a noté Mme Mohammed. Elle a aussi mentionné le rôle crucial que sont appelés à jouer les conseillers à l’égalité des sexes dans l’élaboration de politiques de lutte contre la violence sexuelle.

 

« Des conseillers pour la protection des femmes ont été déployés dans des missions sur le terrain afin de générer des informations exploitables et de poursuivre un dialogue sur la protection avec les parties au conflit », s’est pour sa part félicitée, Pramila Patten, la Représentante spéciale sur les violences sexuelles dans les conflits. « Aujourd'hui, nous soutenons des milliers de survivants que nous n'atteignions pas il y a dix ans », a-t-elle ajouté.

 

 « Mais nous devons faire bien plus pour lutter contre l’impunité et faire en sorte que des hommes, des garçons, des femmes et des filles n’aient plus à subir la violence sexuelle en temps de conflit », a déclaré la Vice-Secrétaire générale.

 

Pour Mme Patten, « nous devons de toute urgence consolider les progrès - en garantissant la reddition de comptes - ou risquer un renversement, qui ferait que le viol en temps de guerre soit à nouveau ‘normalisé’ en raison de la fréquence et de l'impunité », a-t-elle prévenu.

 

Pramila Patten a également alerte les membres du Conseil sur les mécanismes « négatifs » en réponse aux risques de viols, tels que les mariages précoces ou ceux dans lesquels les femmes et les filles sont contraintes d’épouser leurs violeurs.

 

La Représentante spéciale sur les violences sexuelles dans les conflits a appelé à lutter contre la stigmatisation qui frappe les victimes, et qui selon elle, peut avoir des répercussions mortelles, notamment des ‘crimes d'honneur’, des suicides, des maladies non traitées (telles que le VIH), des fistules traumatiques, des avortements à risque, la mortalité maternelle, l'extrême pauvreté et des comportements de survie à haut risque.

 

« L'histoire du viol en temps de guerre a été une histoire de déni. Aucun problème ne peut être résolu par le silence », a souligné la Représentante spéciale qui a appelé la communauté internationale à ne pas perdre de vue ce fléau mondial.  

 

« Si les résolutions du Conseil de sécurité sur la violence sexuelle nous disent une chose, c'est que le viol en temps de guerre est évitable, et non inévitable », a dit Mme Pratten. « S’attaquer (au problème du viol) est notre responsabilité collective. Les survivants regardent et attendent - nous ne pouvons pas nous permettre de les laisser tomber ».

 

Source:news.un.org