Un atelier national forme des organisations de la société civile au Cameroun pour défendre les droits fonciers des femmes

 

Au levé du jour dans les zones rurales du Cameroun, il est habituel de voir des femmes se diriger vers des champs. Les terres agricoles, dont seulement environ 2% d'entre elles possèdent, selon les experts médias dans le pays.

 

Les recherche ont prouvé que, les femmes contribuent à la production d’environ 80% de l'approvisionnement alimentaire au Cameroun, mais ont des difficultés à accéder à la terre.

 

‘’Nos traditions et nos coutumes rendent difficile la sécurisation et la tenure de la terre pour les femmes’’, explique Mme Mary Nyuyinui à la fin d'un atelier national de deux jours qui s’est tenu à Yaoundé, capitale du Cameroun.

 

L'atelier a formé 30 militants fonciers à l'utilisation de la charte des revendications des femmes rurales adopté à Arusha (Tanzanie) en Octobre 2016 suite à une grande assemblée des femmes rurales africaines. Ces deux jours de formations avaient pour objectif de former une coalition des OSCs camerounaises et d’établir un plan d’action de plaidoyer national en faveur des droits fonciers des femmes.

 

Organisé par les membres de l'ILC, l'Association de Développement Social et Culturel des Mbororos (MBOSCUDA) et Women in Law and Development in Africa-Afrique de l'Ouest (WILDAF-AO) du 3 au 4 mai 2018, l'atelier a discuté des mécanismes permettant d’atteindre les organes de prise de décisions sur la terre, y compris les systèmes de justice coutumière et comment sensibiliser les décideurs politiques aux droits fonciers des femmes.

 

Mme Mary Nyuyinui qui surveille de près les cas de violations des défenseurs des droits fonciers, nous confi que dans son travail, il est typique de rencontrer des cas où une femme est dépossédée de sa terre après la mort de son mari.

 

Bien que l'ordonnance de 1974 sur le régime foncier offre des opportunités égales pour la propriété foncière des hommes et des femmes, les traditions patriarcales enracinées dans les systèmes fonciers coutumiers désavouent les droits fonciers des femmes.

 

"Nous pouvons remarquer à travers les différentes présentations et interventions que, le secteur rural camerounais est à dominance régit par le droit coutumier qui n’intègre pas encore la question du titre foncier," a déclaré Mme Vanessa ADOKO-HOUNZOUKIN, spécialiste des droits fonciers à WILDAF-AO.

 

Dans un tel système, a déclaré Mme Vanessa, les femmes sont vulnérables et leurs droits peuvent être violés.

 

Au Cameroun, comme dans plusieurs pays africains, les femmes vivent au quotidien des pratiques discriminatoires dans divers domaines de la société, particulièrement dans le domaine du foncier. 

Selon la Banque mondiale, les femmes possèdent environ 13% des terres privées enregistrées ou cartographiées en Afrique.

 

En essayant de combler cette lacune, les femmes rurales ont adressé une charte des revendications sur leurs droits fonciers, après avoir escaladé le mont Kilimandjaro pour défendre ces droits en 2016.

 

Heureusement, l'Union africaine a approuvé la charte des revendications des femmes rurales et a déclaré 2016 «Année africaine des droits de l'homme avec un accent particulier sur les droits fonciers des femmes».

 

Mais est-ce suffisant?

 

Le continent africain a besoin d'une approche réfléchie, prudente et globale pour traduire les principes de la charte des revendications en politiques nationales et en actions concrètes.

 

Raison pour laquelle WILDAF-AO veut continuer à sensibiliser les acteurs de la société civile nationale travaillant sur les droits fonciers des femmes en Afrique de l'Ouest et du Centre, pour qu’ils s'engagent activement dans la mise en œuvre de la charte des femmes rurales et plaident en faveur de son inclusion dans les politiques foncières nationales.

 

 Source:landcoalition.org