Photo ONU Un groupe de femmes japonaises regardent la Déclaration universelle des droits de l'homme en février 1950.

 

 

Le Secrétaire général des Nations Unies, António Guterres, s’est livré mercredi 26 Septembre 2018 à un vibrant plaidoyer en faveur des droits de l’homme et a exhorté tous les Etats membres à soutenir l’action de l’ONU dans ce domaine.

 

S’exprimant lors d’une réunion de haut niveau marquant le 70ème anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l’homme, en marge du débat général de l’Assemblée générale des Nations Unies, M. Guterres a affirmé que « les droits consacrés dans ce document fondateur appartiennent à tous car ils ne connaissent aucune frontière physique ou morale ».

 

« Les droits de l’homme ne sont pas l’apanage du Nord, du Sud, de l’Est ou de l’Ouest, ni des pays développés ou en voie de développement », a insisté le Secrétaire général. « Ils sont indépendants de la nationalité, des circonstances, du genre ou de l’orientation sexuelle, de la race, de la religion ou des croyances ».

 

Citant le premier article de la Déclaration qui stipule que « tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits », M. Guterres s’est félicité de l’impact « révolutionnaire » de ce document qui depuis 70 ans, a « inspiré des politiques et des constitutions », permis d’émanciper de nombreuses femmes et « stimulé la lutte contre le racisme, la xénophobie et l’intolérance ».

 

Mais hélas, a ajouté M. Guterres, « nous avons encore un long chemin à parcourir pour que le respect des droits humains soit véritablement universel ».

 

L'inégalité entre les sexes

L’inégalité entre les sexes « est l’un des plus grands défis auxquels nous sommes confrontés en matière de droits humains », a-t-il dit, et « les réfugiés et les migrants, les personnes qui ne se conforment pas aux normes de genre, ainsi que les minorités de toutes sortes, sont fréquemment victimes d’un déni ou d’abus de leurs droits ».

 

Il y a toujours une certaine réticence à soutenir les droits humains, « souvent liée à une fausse dichotomie entre ces droits et la souveraineté nationale », a déploré le chef de l’ONU. « Mais les droits de l’homme et la souveraineté vont de pair », a-t-il lancé. « Nous avons de nombreuses preuves que les violations des droits humains commises au nom d’un Etat sont un signe de faiblesse et non pas de force. Elles sont souvent annonciatrices de conflits et même d’effondrement ».

 

M. Guterres a exhorté les Etats membres à entendre ce message et à renforcer leur soutien à l’action de l’ONU en matière de droits humains, y compris le Conseil des droits de l’homme – dont les Etats-Unis viennent d’annoncer leur retrait – et le Haut-Commissariat aux droits de l’homme. Il a appelé tous les gouvernements qui ne l’ont pas encore fait à signer ou à ratifier d’urgence le Pacte international relatif aux droits civils et politiques et le Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels.

 

Il a enfin exhorté les jeunes du monde entier à poursuivre le combat en faveur des droits humains. « Vous êtes les vrais dépositaires de la Déclaration universelle des droits de l’homme », leur a-t-il dit.

 

Pour sa part, la Haut-Commissaire aux droits de l’homme, Michelle Bachelet, s’est dite convaincue que « l’idéal des droits humains a été l’un des mouvements d’idées les plus constructifs dans l’histoire du monde et l’un des plus réussis ».

 

Mais elle a déploré qu’aujourd’hui, ce progrès soit « menacé », que dans de nombreux pays, l’idée selon laquelle tous les hommes sont égaux en droits soit « attaquée » et que les institutions créées par les Etats pour parvenir à des solutions communes soient « affaiblies ».

 

Elle a appelé les participants à la réunion et les Etats membres de l’ONU à réagir. « Nous devons puiser dans nos convictions et nos valeurs et surmonter la haine, l’exploitation et la division, Et nous devons œuvrer à la réalisation de cette vision ensemble, en Nations Unies », a-t-elle dit.        

 

Source:news.un.org