Par Jules Ntambwe

 

L'autonomisation de la femme congolaise en matière de santé sexuelle et reproductive prônée par l'article 14 du Protocole de Maputo ne cesse de réunir toutes les parties concernées. Le deuxième jour du 4ème Forum national des ministres et Chefs des divisions en charge du Genre a été consacré aux échanges sur les défis à surmonter dans la vulgarisation de l'article 14 de la Charte africaine des droits de l'homme et des peuples, relative aux droits de la femme qui prône l'avortement sécurisé en cas de viols, d'agressions sexuelles, d'inceste. Mais, également, pour les grossesses qui mettent en danger la santé mentale et physique de la femme ou la vie du fœtus. Ces ministres et Chef de divisions sont appelés à relayer cette information.

 

A cette occasion, il a été souligné que les pesanteurs socioculturelles et contraintes financières sont les énormes défis qui ont été soulevés à ce forum. Et, les propos recueillis révèlent qu'il y a énormément besoin de continuer à vulgariser ledit Protocole afin de faire face à ces pesanteurs. Ainsi, Chantal Safu, Ministère du Genre, Enfant et Famille, s'est engagée à contribuer à l'amélioration de la connaissance et application des droits prescrits dans le Protocole de Maputo.

 

Dans son intervention lors de ce Forum, le Professeur José Mangalu, Coordonnateur national a.i de la Cellule d'études et de planification de la promotion de la femme, de la famille et de la protection de l'enfant (CEPFE) a relevé que ces défis appellent à une grande implication des autorités congolaises et de ses partenaires. Il sied de préciser que cette vulgarisation de l'article 14 du Protocole de Maputo dans toute l'étendue de la République démocratique du Congo a un sens. Ceci, du fait qu'il a été ratifié et publié depuis le 19 avril 2018 dans le Journal Officiel. Et, une circulaire du président de la Cour constitutionnelle appelant les chefs des juridictions et offices des parquets de procéder immédiatement à l'application de l'article 14, alinéa 2, point C du Protocole de Maputo a été également publié dans le Journal Officiel. Ce qui est une opportunité pour ces 26 ministres et leurs Chefs des divisions en charge du Genre de la RDC de s'approprier cet instrument africain, a soutenu le professeur José Mangalu. Car, nul n'ignore qu'au niveau provincial, il se pratique beaucoup d'avortements clandestins qui se font suivre des stigmatisations débouchant, du reste, à des pertes en vies humaines des femmes et filles.

 

Surtout que dans ladite circulaire, il a été martelé que les formations sanitaires, publiques, privées et confessionnelles ont l'obligation, sans aucune dérivation, d'offrir les avortements médicalisés aux femmes se trouvant dans les cas prescrits à l'article 14, 2c) dudit protocole et ce, dans le strict respect des normes et directives de l'OMS en la matière, dûment standardisées, validées, éditées et diffusées par le Ministère de la Santé Publique de la RDC.

 

D'où, les ONGs internationales (IPAS, ONU-FEMMES, UNFPA, FAO... ) s'engagent manifestement à appuyer cette vulgarisation pour qu'il n'y ait plus des morts des femmes suite à l'avortement clandestin ou à risque.

 

Sur ce, le gynécologue Richard Mukendi, qui a exposé sur la « problématique des grossesses non désirées et des avortements clandestins à risque en RDC» a encouragé l'ONG internationale Ipas dans son implication effective dans la vulgarisation de l'article 14 du Protocole de Maputo.

 

Présent à cette grande rencontre, le Représentant-pays d'IPAS/RDC, le Docteur Patrick Djemo a pris part active. Et, IPAS ne cesse d'appuyer techniquement et financièrement la vulgarisation de l'article 14 du protocole de Maputo pour son application dans le souci de sauver des vies.

 

Enfin, un point de presse a été organisé pour éclaircir les professionnels des médias afin de relayer et s'approprier le protocole de Maputo, précisément sur les notions sur l'avortement sécurisé.

 

Lire l'article original sur La Prospérité.