Photo MINUSS/Isaac Billy Une délégation de l'ONU et l'Union africaine, incluant Jean-Pierre Lacroix (maintien de la paix) et Phumzile Mlambo-Ngcuka (ONU Femmes) lors d'une visite d'un site de protection des civils à Bentiu, au Soudan du Sud.

 

 

Les femmes sud-soudanaises veulent et doivent être parties prenantes des décisions portant sur l’avenir politique et la sécurité de leur pays, ont déclaré vendredi 16 novembre 2018,  les chefs d’ONU Femmes et des opérations du maintien de la paix des Nations Unies devant les membres du Conseil de sécurité.

 

La Directrice exécutive d'ONU Femmes, Phumzile Mlambo-Ngcuka, et le Secrétaire général adjoint aux opérations de maintien de la paix, Jean-Pierre Lacroix, ont rendu compte de leur mission conjointe effectuée du 7 au 9 octobre dernier au Soudan du Sud, pays touché par la violence depuis près de cinq ans.

 

Le 12 septembre dernier, le Président sud-soudanais, Salva Kiir, et son ancien Vice-Président, Riek Machar, ont signé à Addis Abeba un accord de paix sous l’égide de l’Autorité intergouvernementale pour le développement (IGAD) et de l’Ethiopie, mettant fin à cinq années de conflit au Soudan du Sud.

 

Malgré la signature de cet accord, tous les combats n’ont pas cessé dans ce pays d’Afrique de l’est qui a obtenu son indépendance en 2011.

 

Mme Mlambo-Ngcuka a salué les termes importants de cet accord concernant les femmes, notamment la disposition stipulant la garantie de 35% de femmes au sein de la branche exécutive du gouvernement de transition revitalisé du Soudan du Sud.

 

Les femmes sont « inquiètes pour l'avenir », a déclaré la Directrice exécutive, soulignant qu’elles se sentent « prisonnières des futiles guerres des hommes ». Des guerres au cours desquelles elles sont victimes d'agressions sexuelles et voient leurs familles tuées ainsi que leurs vies détruites.

 

Convaincues que la mise en œuvre de la règle des 35% est fondamentale, à tous les niveaux et au sein de toutes les branches du gouvernement, les femmes veulent être incluses dans le processus de révision constitutionnelle afin que leurs besoins et leurs inquiétudes soient pris en compte dès à présent, a assuré la cheffe d’ONU Femmes.

 

Pour Jean-Pierre Lacroix, la confiance des femmes en ce qui concerne la mise en œuvre de cette règle des 35%, et d’une manière plus générale sur la situation dans le pays est en berne. En dépit de la signature de l’Accord d’Addis Abeba, le « scepticisme » quant à sa capacité à aboutir à une paix durable – « cette fois-ci » – demeure une préoccupation, a dit le Secrétaire général adjoint.

 

« Il est impératif que les femmes soient représentées au sein du Mécanisme de surveillance du cessez-le-feu et du suivi de l’application des dispositions transitoires de sécurité, du Comité d’examen de la défense stratégique et de la sécurité, et des mécanismes de justice transitionnelle et de réconciliation, comme stipulés dans l’accord », a insisté le chef des opérations de maintien de la paix.

 

Pour M. Lacroix, il ne pourra y avoir de paix viable ou durable au Soudan du Sud en l’absence d’un cessez-le-feu permanent, d’un désengagement des forces et d’une inclusion des femmes qui doivent devenir des acteurs clés.

 

La cheffe d’ONU Femmes a appelé à ce que les institutions sécuritaires sud-soudanaises soient remaniées de manière sexo-spécifique pour la protection des civils. L'inclusion des femmes est également essentielle dans le recrutement des forces de sécurité pour changer leur nature et lutter contre les comportements négatifs masculins, y compris dans l'organisation des cantonnements, et lutter contre les violences sexistes. « Les femmes de la diaspora et les femmes du Soudan du Sud veulent prendre leur destin entre leurs mains », a souligné Mme Mlambo-Ngcuka.

 

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