Photo : UNICEF/Sebastian Rich Des femmes et des enfants arrivant à Bentiu, dans l'Etat d'Unité, au Soudan du Sud (archive)

 Les Nations Unies ont vivement condamné une série d'agressions sexuelles brutales ayant visé ces 12 derniers jours des femmes et des filles sur des routes les menant à Bentiu, une ville située au nord du Soudan du Sud.

 

Le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a  estimé que « ces actes horribles nous rappellent avec inquiétude que, malgré les récents engagements des dirigeants du Soudan du Sud de mettre fin aux hostilités et d'appliquer un accord de paix revitalisé, la situation en matière de sécurité des civils, notamment des femmes et des enfants, reste précaire ».

 

« Le viol et d'autres formes de violence sexuelle sont une caractéristique constante du conflit au Soudan du Sud, utilisés à la fois comme tactique de guerre et facteur de déplacement forcé. Le Secrétaire général souligne qu'un tel comportement prédateur à l'égard des plus vulnérables est inacceptable », a dit son porte-parole, Stéphane Dujarric, dans une déclaration à la presse publiée lundi soir 3 décembre 2018.

 

Le chef de l'ONU a exhorté les dirigeants de toutes les parties au conflit - et les futurs dirigeants du gouvernement d'union nationale de transition - à assurer la sécurité des civils et à lutter contre l'impunité de ces crimes par le biais d'enquêtes et de poursuites à l'encontre des auteurs, y compris par la mise en œuvre de la Cour hybride.

 

Selon la Mission des Nations unies au Soudan du Sud (MINUSS), environ 125 femmes et filles ont demandé à être soignées après avoir été agressées sexuellement, alors qu'elles marchaient sur des routes pour se rendre à Bentiu. Elles ont également été volées et battues.

 

Des attaques perpétrées par de jeunes hommes

Les attaques auraient été perpétrées par de jeunes hommes, dont certains portaient des vêtements civils tandis que d'autres étaient vêtus d'uniformes militaires.

 

David Shearer, chef de la MINUSS, a qualifié les attaques « d'absolument horribles » et a exigé qu'elles cessent.

 

Dans une déclaration conjointe publiée lundi 3 décembre 2018, le Secrétaire général adjoint des Nations Unies aux affaires humanitaires (OCHA), Mark Lowcock, la Directrice exécutive du Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF), Henrietta Fore, et la Directrice exécutive du Fonds des Nations Unies pour la population (UNFPA), Natalia Kanem, se sont joints à cette condamnation.

 

« Nous appelons les autorités compétentes à dénoncer publiquement ces attaques et à faire en sorte que les responsables de ces crimes soient traduits en justice. Toutes les parties au conflit doivent respecter leurs obligations en vertu du droit international humanitaire et cesser les attaques contre des civils », ont-ils dit.

 

Ils ont rappelé que ces attaques interviennent au moment de la campagne internationale de mobilisation contre la violence basée sur le genre. Au premier semestre de 2018 au Soudan du Sud, environ 2.300 cas de violence fondée sur le genre ont été signalés, la grande majorité d'entre eux concernant des femmes et des filles. Plus de 20% des survivants qui se sont manifestés sont des enfants. Le nombre réel de cas est beaucoup plus élevé, la violence basée sur le genre continuant d'être fortement sous-déclarée.

 

« Les travailleurs humanitaires fournissent une assistance et des services essentiels et vitaux aux survivants des attaques. Nous appelons les autorités à assurer la protection et la sécurité des civils et des travailleurs humanitaires, à empêcher que de nouvelles agressions ne se produisent et à s’assurer que l'assistance parvienne aux personnes dans le besoin », ont dit les chefs d’OCHA, de l’UNICEF, et d’UNFPA.

 

Source: news.un.org