Au premier jour de la 40e session du Conseil des droits de l’homme, l’ONU et le Mouvement international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge ont demandé aux gouvernements de prendre des mesures concrètes face au fléau des violences sexuelles liées aux conflits.

 

Dans le cadre des activités qu’elles mènent dans les zones de conflit du monde entier, les deux organisations constatent les dommages énormes et durables causés par la violence sexuelle et fondée sur le genre, qui est utilisée comme tactique de guerre pour déshumaniser les victimes et déstabiliser des populations et des sociétés entières.

 

« Le monde est de plus en plus conscient de l’omniprésence de la violence sexuelle et fondée sur le genre pendant les conflits et dans leur contexte », a déclaré lundi 25 fevrier 2019 le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres.

 

« Trop souvent, les atrocités sexuelles sont considérées comme un sous-produit inévitable de la guerre et tolérées comme tel. Il faut que cela cesse », a pour sa part déclaré Peter Maurer, le Président du Comité international de la Croix-Rouge (CICR), au nom du Mouvement international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge.

 

Les deux organisations ont rappelé que la lutte contre la violence sexuelle est de la responsabilité des gouvernements. Elles ont demandé à ces derniers d’y faire face, de s’assurer que les victimes et les rescapés reçoivent les soins adéquats et que justice leur soit rendue.

 

L’ONU et le Mouvement international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge ont en particulier exhorté les gouvernements à s’assurer que leurs politiques et leurs cadres juridiques prévoient une protection adéquate pour les victimes et les rescapés de la violence sexuelle et fondée sur le genre durant les conflits et à mettre en place des mesures permettant de protéger les détenus contre la violence sexuelle et fondée sur le genre liée aux conflits.

 

Elles ont également appelé les Etats à dispenser une formation aux forces de police et aux forces armées afin de prévenir et réprimer la violence sexuelle et fondée sur le genre durant les conflits, à ouvrir des enquêtes et à poursuivre en justice les auteurs de tels crimes.

 

Pour l’ONU et le Mouvement international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, il appartient aux gouvernements d’assurer un soutien aux organisations qui travaillent auprès des victimes et des rescapés de ces violences et de garantir à ces derniers un accès direct aux soins physiques et psychologiques.

 

M. Guterres et M. Maurer ont insisté sur la nécessité pour les États de réaffirmer leur attachement au droit international humanitaire et au droit international relatif aux droits de l’homme et sur l’importance d’une intensification des initiatives multilatérales afin de définir une réponse globale face aux actes de violence sexuelle et fondée sur le genre perpétrés durant les conflits.

 

L’ONU, la Croix-Rouge et le Croissant-Rouge intensifient leurs efforts

 

Les Nations Unies et le Mouvement international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge ont pris l’engagement de « faire plus et mieux » pour les victimes de violences sexuelles et sexistes.

 

« Nous devons redoubler d’efforts pour prévenir ce fléau, et pour amener les auteurs à répondre de leurs actes. Je suis fier que l’ONU et le Mouvement international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge unissent leurs forces pour mieux lutter contre ces crimes », a déclaré António Guterres.

 

L’ONU a donné ordre à ses opérations de paix dans le monde entier de s’assurer que des politiques et des systèmes sont en place pour prévenir la violence sexuelle et fondée sur le genre liée aux conflits, et de faire en sorte que justice soit faite pour les victimes et les rescapés, compte tenu de leurs besoins et de leurs attentes.

 

Les Nations Unies ont également demandé à ses opérations de paix et, le cas échéant, à ses autres présences sur le terrain, de s’assurer le concours de conseillers pour les questions de genre et de protection au niveau pertinent pour faire face à la crise, contribuer à la prise de décisions au niveau de la direction et se concerter avec les populations locales.

 

Les Nations Unies demandent à l’ensemble de son personnel de promouvoir la participation des femmes à la prévention et au règlement des conflits et à tous les processus de paix officiels ;

 

L’ONU redouble d’efforts pour mobiliser des ressources destinées aux organisations locales, en particulier aux organisations de femmes, qui sont aux avant-postes de la prévention et de l’intervention face à la violence sexuelle et fondée sur le genre liée aux conflits, grâce à des mécanismes tels que le Fonds pour les femmes, la paix et l’action humanitaire.

 

Placer les rescapés et les victimes au cœur de toute action

 

A Genève, l’ONU et le Mouvement international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge se sont engagés à écouter les rescapés et les victimes de violence sexuelle en temps de conflit. Les deux organisations feront en sorte que leurs voix soient entendues et à les aider, directement et par l’intermédiaire d’organisations locales, en particulier d’organisations de femmes, actives dans les zones de conflit.

 

« Nous remplacerons l’impunité par la justice, et l’indifférence par l’action. Les rescapés – leur expérience, leurs besoins et leurs attentes – seront au cœur de tout ce que nous ferons », a dit M. Guterres.

 

Les deux organisations ont également exhorté les gouvernements à être attentifs aux voix, aux besoins et aux attentes des rescapés et des victimes, et à placer ces derniers au cœur de la prévention et de l’intervention.

 

« Nous exigeons que ces violences cessent d’être utilisées comme armes de guerre et que la honte change de camp : punissons les criminels et non plus les victimes », a pour sa part demandé M. Maurer.

 

Source:news.un.org

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