OPS/OMS Des patients dans une salle d'attente de la maternité de l’hôpital San Felipe, à Tegucigalpa, au Honduras.

 

 

 

Plus de la moitié de la population mondiale n’a pas accès aux soins de santé essentiels et seuls 29% bénéficient d’une couverture complète de sécurité sociale, a annoncé mardi 12 mars 2019 l’Organisation internationale du Travail (OIT).

 

Les chiffres de l’agence onusienne sont le fruit d’une étude sur la mise en œuvre de la protection sociale dans plus de 100 pays. L’étude se fonde sur les réponses reçues de 114 gouvernements et sur les observations formulées par les organisations d’employeurs et de travailleurs.

 

A l’échelle mondiale, seules 68% des personnes ayant l’âge de la retraite perçoivent une pension, sous une forme ou une autre, et ce chiffre tombe à tout juste 20% dans bon nombre de pays à faible revenu. Moins de 60% des pays déclarent disposer de régimes ou offrir des prestations garantissant une sécurité de revenu pour les enfants.

 

« La protection sociale s’avère positive pour les sociétés et les économies. Ce droit humain est clairement plébiscité par des pays, des employeurs et des travailleurs du monde entier », a expliqué Emmanuelle St-Pierre Guilbault, juriste au Département des normes internationales du travail de l’OIT. « Il s’agit d’un élément incontournable pour lutter contre l’aggravation des inégalités profondes que nous constatons aujourd’hui et pour favoriser la stabilité ».

 

« L’OIT est prête à aider les pays à surmonter tous les obstacles, en particulier le problème majeur du financement, qu’il reste à franchir pour atteindre une protection sociale suffisante pour tous », a ajouté la juriste.

 

Si dans bon nombre de pays à revenu élevé ou intermédiaire, la couverture de santé universelle a pu être mise en place, dans de nombreux autres, la population n’a accès qu’à certains éléments des soins de santé.

 

Les principaux déficits en matière d’accès aux soins de santé essentiels sont liés à l’insuffisance des ressources allouées à la protection de la santé, à la pénurie de personnel et aux taux élevés de dépenses à la charge des patients. Cela entraîne un risque accru d’appauvrissement et de difficultés financières, qui frappent toutes les régions du monde.

 

Pour l’OIT, davantage d’efforts doivent être faits pour mettre en place une couverture de santé universelle, tant en droit que dans la pratique, notamment en réaffectant les budgets et en augmentant le nombre de travailleurs de la santé.

 

A ce jour, d’importantes lacunes subsistent en ce qui concerne la mise en place d’une sécurité élémentaire de revenu. L’OIT recommande aux pays d’énoncer des objectifs clairs, en fixant des délais précis, en vue d’étendre la protection sociale adéquate à tous et couvrir ainsi les besoins élémentaires. Ces politiques devraient être définies dans le cadre d’un dialogue inclusif et productif avec les organisations d’employeurs et de travailleurs, ainsi qu’avec d’autres parties prenantes.

 

La couverture sociale universelle essentielle pour réaliser les Objectifs de développement durable

 

La couverture sociale universelle est également essentielle pour réaliser les Objectifs de développement durable, souligne l’OIT. Une telle couverture permettrait notamment selon l’agence onusienne, d’éliminer la pauvreté ; de réduire les inégalités ; d'améliorer la santé et le bien-être ; de permettre un travail décent et une croissance économique ; et de développer la paix, la justice et des institutions efficaces.

 

L’OIT préconise une sécurité élémentaire de revenu et des garanties de soins de santé essentiels, depuis l’enfance jusqu’à la vieillesse. Elle vise aussi à encourager la mise en place au plus vite de niveaux de protection plus élevés pour le plus grand nombre de personnes possible.

 

La protection sociale devrait en principe être inscrite à l’ordre du jour de la prochaine Conférence internationale du Travail qui se tiendra du 28 mai au 8 juin 2020 à Genève. Une conférence qui marquera le centenaire de l’OIT.

 

Source :news.un.org