Les avancées réalisées par les femmes sont attaquées, prévient le chef des droits humains

Les femmes et les filles dans l’industrie de la confection sont souvent forcées d’accepter des salaires faibles et des heures supplémentaires. Photo OIT/A. Khemka

 

 

7mars 2017 – A la veille de la Journée internationale des femmes, le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme, Zeid Ra'ad Al Hussein, a prévenu mardi que les progrès réalisés par les femmes ces dernières décennies font aujourd'hui l'objet d'attaques à travers le monde.

 

« Nous devons être vigilants. Les avancées des dernières décennies sont fragiles et ne devraient jamais être tenues pour acquises », a dit M. Zeid, dans une déclaration pour cette Journée qui est célébrée chaque année le 8 mars.

 

Selon lui, il est « extrêmement troublant » de voir le récent démantèlement de lois importantes dans ce domaine dans de nombreuses parties du monde. Ce mouvement s'appuie sur « l'obsession renouvelée de contrôler et de limiter les décisions des femmes concernant leur corps et leur vie » et sur l'idée selon laquelle « le rôle de la femme devrait être essentiellement restreint à la reproduction et à la famille», a-t-il dit.

 

Le Haut-Commissaire a pris pour exemple les récentes lois au Bangladesh, au Burundi et en Russie, qui affaiblissent les droits des femmes à lutter contre le mariage des enfants, le viol conjugal et la violence domestique. Il a également noté la « résistance acharnée » en République dominicaine, El Salvador, Honduras et Nicaragua aux efforts pour ouvrir l'accès aux droits sexuels et reproductifs.

 

« Avec les jeunes concentrés dans les pays en développement, les mesures rétrogrades refusant aux femmes et aux filles l'accès aux services de santé sexuelle et reproductive auront un effet dévastateur », a déclaré M. Zeid, notant la hausse des décès maternels, des grossesses non désirées, la diminution du nombre de filles finissant leur scolarité et l'impact économique de l'incapacité à intégrer pleinement les femmes dans le marché du travail.

 

A l'inverse, M. Zeid a salué les mouvements de femmes dans des pays comme l'Argentine, la Pologne et l'Arabie saoudite, où des femmes et des hommes sont descendus dans la rue pour exiger des changements. Selon lui, il faut « protéger les gains importants du passé et maintenir la dynamique positive».

Les femmes comme agents actifs du changement

En Afrique, les femmes continuent de se voir refuser le plein exercice de leurs droits dans tous les pays, selon un nouveau rapport publié mardi 7  Mars 2017 et intitulé 'Droits des femmes en Afrique'.

 

Les statistiques montrent que certains pays africains n'ont pas de protection juridique pour les femmes contre la violence domestique, que celles-ci sont forcées de subir des mutilations génitales et de se marier quand elles sont encore des enfants.

 

Cependant, en Afrique - comme partout dans le monde - lorsque les femmes exercent leurs droits à l'éducation, aux compétences et à l'emploi, il y a une plus grande prospérité, des résultats positifs pour la santé, une plus grande liberté et un meilleur bien-être, non seulement pour les femmes mais pour toute la société.

 

« Lorsque toutes les femmes auront la possibilité de faire leurs propres choix et de partager les ressources, les opportunités et les décisions en tant que partenaires égales, toute la société en Afrique sera transformée », a dit M. Zeid dans l'avant-propos de ce rapport.

 

Parmi ses recommandations, le rapport appelle les gouvernements africains à encourager l'emploi productif et à plein temps des femmes, à reconnaître l'importance des soins non rémunérés et du travail domestique et à garantir aux femmes l'accès et le contrôle de leurs propres ressources économiques et financières.

 

Le rapport insiste sur le fait que les femmes ne doivent pas être considérées uniquement comme des victimes mais, par exemple, comme des agents actifs dans les processus formels et informels de consolidation de la paix.

 

Source:unnewstracker

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