Pour ONU Femmes et l'OIT, les employeurs doivent aborder tous les aspects de la violence contre les femmes au travail

« Prévenir le harcèlement sexuel signifie donner aux femmes la possibilité de travailler sur leur lieu de travail », explique Srey Sros, ouvrière dans une usine de confection au Cambodge. « Lorsque le harcèlement sexuel se produit, cela n’affecte pas seulement un individu, cela affecte au niveau collectif». Photo: ONU Femmes Cambodge / Charles Fox

 

 

16 mars 2017 – Lors d'une table-ronde organisée le  jeudi 16 mars 2017 par l'Entité des Nations Unies pour l'égalité des sexes et l'autonomisation des femmes (ONU Femmes) et l'Organisation internationale du travail (OIT), des intervenants ont prévenu que la tolérance de la violence à l'égard des femmes sur le lieu de travail aura un coût énorme pour les employeurs.

 

Les intervenants de la discussion intitulée 'Mettre fin à la violence contre les femmes: prévention et action dans le monde du travail' ont exhorté les gouvernements et les institutions à prendre leur responsabilité pour mettre en place des normes et des mesures adéquates pour prévenir ces pratiques.

 

« La violence contre les femmes a des conséquences à long terme », a déclaré, la Directrice exécutive d'ONU Femmes, Phumzile Mlambo-Ngcuka, en expliquant que les enfants qui ont vu leurs mères et leurs sœurs battues à la maison pourraient eux-mêmes devenir des auteurs de violences ou malheureux lorsqu'ils grandiront.

 

Mme Mlambo-Ngcuka a également souligné que les femmes pouvaient mourir de violence et éprouver diverses formes de souffrance, y compris des dommages physiques et émotionnels, des traumatismes, des stigmates et un accès limité au marché du travail.

 

Par ailleurs, les employeurs devraient également payer le prix fort de cette violence subie par les femmes sous la forme d'une perte de productivité, de frais juridiques, d'un roulement élevé du personnel, de congés de maladie et d'un préjudice à la réputation de l'entreprise.

 

Pour empêcher la violence à l'égard des femmes, les institutions doivent prendre la responsabilité d'aborder la question au niveau global en fixant des normes et en mettant en place des mesures préventives, a souligné la Directrice exécutive.

Pour une approche intégrée : prévention, protection et assistance aux victimes

 

Directrice du Département des conditions de travail et de l'égalité de l'OIT, Manuela Tomei a déclaré lors de la table-ronde que la violence contre les femmes est une violation des droits humains, une menace pour la sécurité et la santé des femmes et une menace pour l'autonomisation des femmes.

 

Mme Tomei a indiqué qu'un sondage réalisé par l'OIT et l'institut Gallop a constaté que l'un des trois principaux défis que les femmes rencontrent sur leur lieu de travail est « l'abus et le harcèlement ».

 

Le monde du travail va au-delà du lieu de travail physique pour inclure les déplacements domicile-travail, les événements sociaux et le foyer a souligné la responsable de l'OIT, soulignant l'importance d'aborder la question grâce à une approche intégrée qui comprend la prévention, la protection et l'assistance aux victimes.

Mme Tomei a annoncé que l'OIT menait des efforts pour établir une nouvelle norme mondiale d'ici 2019 ou 2020 contre la violence et le harcèlement en milieu de travail.

 

L'événement conjoint de l'OIT et d'ONU Femmes a été organisée en marge de la 61e Commission de la condition de la femme - la plus grande tribune intergouvernementale consacrée aux droits des femmes et à l'égalité des sexes. Cette année, le thème de la Commission porte sur l'autonomisation économique des femmes dans un monde du travail en évolution.

 

Source:Centre d'actualité

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