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Un an après la prise du pouvoir par les Talibans, trois agences de l’ONU s’engagent en faveur des Afghanes

An Afghan girl in the Nawabad District of Kabul, Afghanistan. © UNICEF/Mohammad Haya Burhan An Afghan girl in the Nawabad District of Kabul, Afghanistan.

Un an après la prise du pouvoir par les Talibans, trois agences de l’ONU s’engagent en faveur des Afghanes

Un an de régime taliban en Afghanistan a entraîné une détérioration de la vie des femmes et des filles, affectant tous les aspects de leurs droits fondamentaux, ont rapporté ce lundi 15 Août 2022, trois agences onusiennes.

« Cette année a été marquée par un manque croissant de respect pour leur droit à vivre librement et sur un pied d’égalité, les privant de moyens de subsistance, d’accès aux soins de santé et à l’éducation, et de la possibilité d’échapper à des situations de violence », a déclaré Sima Bahous, Directrice exécutive d’ONU Femmes.

Mme Bahous a expliqué comment des « politiques inégalitaires méticuleusement construites » par les Talibans ont placé l’Afghanistan à l’écart du reste de la communauté internationale, effaçant en quelques mois à peine des décennies de progrès en matière d’égalité des sexes et de droits des femmes.

Le pays s’inflige un acte d’« automutilation »

L’Afghanistan est le seul pays au monde où les filles n’ont pas le droit d’aller au lycée et où elles ne peuvent pas participer à la vie politique. Le gouvernement des Talibans est exclusivement masculin et il n’existe pas de ministère de la Condition féminine.

Les femmes afghanes n’ont plus le droit de travailler en dehors de leur foyer, doivent se couvrir le visage en public et être accompagnées d’un chaperon masculin lorsqu’elles voyagent. En outre, elles continuent d’être soumises à de multiples formes de violences sexistes.

« Cette série délibérée de mesures discriminatoires à l’encontre des femmes et des filles afghanes constitue également un terrible acte d’automutilation pour un pays confronté à d’immenses défis, qu’il s’agisse des catastrophes naturelles et climatiques, ou de l’exposition aux soubresauts de l’économie mondiale, qui laissent quelque 25 millions d’Afghans dans une situation de pauvreté et beaucoup dans la faim », a déclaré Mme Bahous.

L’Afghanistan reste en proie à une profonde crise économique et humanitaire, comme l’a souligné la Directrice du Fonds des Nations Unies pour la population (UNFPA), Dr Natalia Kanem.

Des vies en danger

La flambée des prix des denrées alimentaires et des carburants, aggravée par la sécheresse et la guerre en Ukraine, signifie qu’environ 95% de la population afghane, dont presque tous les ménages sont dirigés par des femmes, ne mangent pas à leur faim.

Mme Kanem a déclaré que le fait d’exclure les filles de l’école secondaire non seulement violait leur droit à l’éducation et les empêchait de réaliser pleinement leur potentiel, mais les exposait aussi à des risques accrus de mariage précoce, de grossesse précoce, de violences et d’abus.

« L’effondrement du système de santé a compromis l’accès des femmes et des filles aux services de santé reproductive, notamment aux soins de santé maternelle, en particulier pour les plus de 9 millions de personnes vivant dans les régions reculées du pays. Pour les quelque 24.000 femmes accouchant chaque mois dans des zones difficiles d’accès, l’accouchement peut, de fait, être considéré comme une condamnation à mort », a-t-elle ajouté.

Coûts économiques

L’Afghanistan connaissait déjà de grandes difficultés en matière d’éducation avant la prise du pouvoir par les Talibans en août dernier, 4 millions d’enfants n’étant pas scolarisés à cette époque, dont 60% de filles.

Selon une nouvelle analyse du Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF), empêcher les filles de fréquenter l’école secondaire a également un coût monétaire. Elle montre que le pays a perdu 2,5% de son produit intérieur brut (PIB) annuel en l’espace d’un an en raison de cette décision.

Selon l’UNICEF, l’économie afghane gagnerait au moins 5,4 milliards de dollars si les 3 millions de filles afghanes concernées achevaient leurs études secondaires et rejoignaient la population active.

Les femmes, la paix et le développement

Les Nations Unies ont souligné à plusieurs reprises leur engagement à poursuivre leur action en Afghanistan et à défendre la cause des femmes et des filles dans ce pays.

Mme Bahous, la responsable d’ONU Femmes, a souligné combien l’exclusion des femmes de tous les aspects de la vie privait la population de la moitié de ses talents et de ses énergies.

Elle a exhorté les autorités de facto à ouvrir des écoles pour toutes les filles, à supprimer les contraintes pesant sur l’emploi des femmes et leur participation à la vie politique, ainsi qu’à révoquer toutes les décisions et politiques privant les femmes de leurs droits.

Intensifier les opérations

L’UNFPA a renforcé sa présence dans tout l’Afghanistan et travaille avec des partenaires nationaux pour intensifier la fourniture de services de santé sexuelle et reproductive – pour les femmes, par les femmes – y compris dans les zones reculées.

L’agence est venue en aide à plus de 4,3 millions d’Afghanes au cours de l’année écoulée et a distribué des médicaments et des fournitures essentielles aux hôpitaux, ainsi que des produits d’hygiène menstruelle à d’innombrables femmes et filles.

Mme Kanem a ajouté qu’à l’approche de l’hiver, alors que les besoins augmentent, l’UNFPA fournit déjà des ustensiles de cuisine et des couvertures à des personnes désespérées, et se tient prêt à faire davantage.

« Alors que le monde est confronté à de multiples crises se superposant les unes aux autres, nous ne devons pas oublier les femmes et les filles d’Afghanistan. Lorsque les droits fondamentaux des femmes et des filles sont bafoués, nous sommes tous concernés », a-t-elle déclaré.

« Nous devons travailler ensemble, unis dans notre conviction commune et ferme qu’il ne saurait y avoir de paix durable, de redressement ou de stabilité pour l’Afghanistan si les droits fondamentaux des femmes et des filles à l’éducation, à la participation à la vie publique et à l’accès aux services vitaux pour leur santé, leur dignité et leur bien-être, ne sont pas respectés et protégés », a martelé la cheffe de l’UNFPA.

Source:news.un.org

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