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Une Ougandaise handicapée défend ses droits fonciers après une « vie de douleur »

Une Ougandaise handicapée défend ses droits fonciers après une « vie de douleur »

Au soir d’une vie « pleine de douleur », une Ougandaise souffrant d’un handicap physique a appris à défendre ses droits à la terre grâce à un programme soutenu par l’ONU. 

Pour ce premier volet d’une série en deux parties, l’Ougandaise Angella Muhindo s’est confiée à ONU Femmes à l’approche des 16 jours d’activisme contre la violence basée sur le genre, célébrés chaque année du 25 novembre au 10 décembre, Journée des droits de l’homme.

« Ma vie a été pleine de douleur », soupire Mme Muhindo en observant le paysage verdoyant où elle a passé son enfance à Kasese, dans l’ouest de l’Ouganda. « Dans ma communauté, les femmes ont moins de pouvoir, mais si vous êtes handicapée, vous êtes encore plus vulnérables à l’exploitation ». 

Angella, qui souffre d’un handicap physique depuis son enfance, a déclaré avoir été confrontée à la violence et à l’exclusion tout au long de sa vie.

C’est d’ailleurs la norme pour de nombreuses femmes et filles handicapées, qui connaissent des difficultés pour accéder à l’éducation, à l’emploi et aux soins de santé. À l’échelle mondiale, les femmes et les filles handicapées sont au moins 2 à 3 fois plus susceptibles que les autres femmes d’être victimes de violence

Les gens pensent qu’« une personne handicapée ne peut pas se marier et avoir des enfants » et que « vous vivrez [pour toujours] chez vos parents parce que personne ne prendra soin de vous », a constaté Mme Muhindo.

Dispute d’héritage

Lorsque ses parents sont décédés, une querelle d’héritage a bouleversé sa vie. Du fait de son genre et de sa situation de handicap, elle s’est sentie menacée et intimidée par ses proches masculins, se sentant impuissante à défendre ses intérêts. 

Les conflits fonciers peuvent être un catalyseur de violences basées sur le genre en Ouganda, où il n’est pas rare que des veuves et des enfants soient expulsés de leur domicile après le décès d’un mari ou d’un père, ou en cas de séparation. 

Cela entraîne une double conséquence, puisque la violence peut être utilisée pour expulser les femmes de leurs biens par la force, mais aussi parce qu’une fois expulsées, sans endroit où vivre ni terre à cultiver, elles deviennent plus vulnérables à la violence à l’avenir. 

En Ouganda, le droit foncier a longtemps défavorisé les héritières et les conflits fonciers peuvent mener à la violence. Ici, des fermières de la région de Kampala (archive).
PAM/Marco Frattini

 

En Ouganda, le droit foncier a longtemps défavorisé les héritières et les conflits fonciers peuvent mener à la violence. Ici, des fermières de la région de Kampala (archive).

Cherchant à mieux comprendre ses droits, Angella Muhindo a suivi une formation soutenue par l’Initiative Spotlight et mise en œuvre par l’Union nationale des femmes handicapées d’Ouganda par l’intermédiaire d’ONU Femmes Ouganda

L’initiative Spotlight vise à éliminer la violence à l’égard des femmes et des filles grâce à une programmation complète s’attaquant à tous les principaux facteurs de violence. Spotlight et ONU Femmes travaillent avec des organisations locales pour contribuer à changer les attitudes discriminatoires et soutenir les personnes menacées ou victimes de violence.

Depuis 2019, près de 300.000 personnes en Ouganda ont participé à des programmes communautaires sur les droits des femmes avec le soutien de l’Initiative Spotlight. ONU Femmes a également soutenu le plaidoyer pour changer la législation ougandaise favorisant les hommes en matière d’héritage et de questions foncières. 

Avancée législative

En mars 2021, le Parlement ougandais a adopté le projet de loi sur la succession (amendement), reconnaissant officiellement l’égalité des droits des femmes à posséder des terres. « Avant, je me sentais mal à l’aise de parler, mais après la formation, je me suis sentie plus autonome », explique Angella Muhindo. 

Familiarisée aux droits de succession grâce à la formation, elle s’est rendue compte qu’elle était en fait la seule héritière légale de la propriété. Elle a gagné la confiance nécessaire pour tenir tête à ses proches : « j’ai réalisé que même si je souffrais d’un handicap, je pouvais agir autant que les autres. Je peux m’exprimer comme n’importe quelle autre personne. Je peux acheter un terrain, avoir un travail ».

Cela a pris plus d’un an, mais Angella Muhindo a finalement réussi à mettre le terrain à son nom. Elle a désormais un toit, de quoi manger et gagne sa vie en cultivant sa terre. Elle défend également les intérêts des autres femmes de sa communauté, y compris celles en situation de handicap, et s’exprime sur la violence sexiste au micro d’une station de radio locale. « Je ne veux pas que d’autres femmes vivent ce que j’ai vécu », explique-t-elle. 

Depuis 2019, l’initiative Spotlight a aidé près d’un million de femmes et de filles en Ouganda à accéder aux services essentiels.

Source:news.un.org

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