© UNICEF/Frank Dejongh

Une femme trie des sacs ene plastique jetés en Côte d'Ivoire.

 

Alors que les gouvernements ont adopté plus de 1.400 mesures de protection sociale depuis le début de la pandémie de Covid-19, ces mesures demeurent largement insuffisantes, estime l’expert indépendant de l’ONU sur l’extrême pauvreté. 

 

« Les filets sociaux mis en place présentent des failles importantes », déclare dans un communiqué de presse Olivier De Schutter. Il appelle les chefs d’Etat et de gouvernement qui vont se réunir à la fin du mois dans le cadre du débat général annuel de l’Assemblée générale des Nations Unies à renforcer les mesures d’aide aux personnes en situation de pauvreté.

 

« Les mesures prises jusqu’à présent sont généralement de court terme, leur financement est insuffisant, et de nombreux groupes de la population ne pourront en bénéficier », ajoute le Rapporteur spécial. 

 

La récession économique résultant de la pandémie est sans précédent en temps de paix depuis la grande dépression de 1929 : 176 millions de personnes supplémentaires tomberont dans la pauvreté. Ceci équivaut à une augmentation du taux de pauvreté de 3,2% en comparaison à un scénario sans pandémie.

 

Sur la base d’un examen de 113 pays, la Banque mondiale estime à 589 milliards de dollars les montants engagés pour la protection sociale en réponse à la crise, l’équivalent de 0,4% du PIB mondial.

 

Risque d'exclusion des dispositifs de protection sociale

 

L’expert de l’ONU sur la pauvreté note cependant que beaucoup de ces mesures pourraient ne pas bénéficier aux personnes en situation de pauvreté. Celles-ci risquent d’être exclues des dispositifs de protection sociale censés les soutenir.

 

« Beaucoup de dispositifs reposent sur des formulaires à remplir en ligne, excluant les groupes de la population qui n’ont pas d’accès à l’Internet ou sont victimes d’analphabétisme numérique », écrit Olivier De Schutter.

 

« Certains dispositifs imposent des conditions impossibles ou difficiles à remplir pour des personnes dans des emplois précaires ou sans adresse permanente. Les migrants, surtout les migrants sans papiers, ne sont souvent pas couverts. Et alors que certains dispositifs ont été conçus pour couvrir aussi les travailleurs de l’économie informelle et dans des emplois précaires, beaucoup ne prennent pas en compte ces catégories », ajoute-t-il.

 

Il y a dans le monde 1,6 milliard de travailleurs dans l’économie informelle, et 0,4 milliard d’emplois précaires : au total, cela représente 61% de la main-d’oeuvre.

  1. De Schutter note que la plupart des programmes de soutien arrivent à leur terme, ou ne pourront être prolongés que selon des procédures parlementaires à l’issue incertaine. « Les familles en situation de pauvreté ont depuis longtemps épuisé leurs maigres réserves, et ont vendu leurs biens pour faire face », dit-il. « Les pires impacts de la crise sur la pauvreté sont encore à venir ». 

 

Même lorsque les programmes de soutien sont encore en place, les montants alloués sont souvent nettement insuffisants pour garantir un niveau de vie décent. 

 

L’expert indépendant a appelé les chefs d’Etat et de gouvernement à être au rendez-vous que l’histoire leur a fixé, en appelant à la mise sur pied partout de socles de protection sociale robustes fondés sur les droits humains, afin de les rendre plus efficaces dans la réduction de la pauvreté et des inégalités. 
 

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NOTE :

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Source :news.un.org

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