© UNFPA/Ollivier Girard Micheline Yotoudjim (à gauche), une survivante de la fistule, aide d'autres femmes qui souffrent de fistule obstétricale à suivre le traitement. Ici, on la voit assise avec une femme au Centre national de traitement de la fistule à N'Djamena au TChad.

Niamey, la capitale nigérienne, ouvre une nouvelle page dans la dynamique de lutte contre la fistule obstétricale en Afrique l'ouest et du centre, avec le lancement d'une grande coalition régionale. Cette initiative est lancée le mardi 23 mars 2021, au terme d'une table ronde sur le thème « Partenariat renforcé et élargi : Levier essentiel pour l'élimination de la fistule obstétricale » organisée par le Bureau régional du Fonds des Nations Unies pour la Population en Afrique de l'Ouest et du Centre (UNFPA – BRAOC), en partenariat avec la Première Dame du Niger, Dr. Lalla Malika Issoufou.

 

Un grand mouvement régional pour la lutte contre la fistule obstétricale qui est une communication anormale entre les voies urinaires et génitales, génitales et digestives et/ou génitales, urinaires et digestives, qui résulte d'un long travail lors de l'accouchement, a pris son envol.

 

C'était lors d'une table ronde sur le thème « Partenariat renforcé et élargi : Levier essentiel pour l'élimination de la fistule obstétricale », ayant regroupé une partie des acteurs d'Afrique l'ouest et du Centre, le mardi 23 mars à Niamey et le reste participait en mode virtuelle.

 

Cette initiative répond à une volonté commune exprimée par tous les pays touchés par ce fléau d'unir leurs forces pour stopper la saignée. C'était une manière pour les initiateurs de cette rencontre d'effectuer un plaidoyer de haut niveau pour le renforcement et l'élargissement du partenariat pour une mise en œuvre efficiente du plan de relance de la lutte contre la fistule obstétricale en Afrique de l'Ouest et Centrale.

 

La Première dame du Niger fait savoir qu'en dépit des progrès accomplis dans la promotion de la santé maternelle, il semble raisonnable de supposer que le nombre de femmes victimes de la fistule obstétricale en Afrique de l'Ouest et du Centre est compris entre 600 mille et un million, et qu'il y a environ 30 mille nouveaux cas par an, dont seulement 3000 cas bénéficient d'une prise en charge chirurgicale.

 

A cela, le Directeur régional de UNFPA Afrique de l'Ouest et du Centre, M. Mabingué Ngom, y ajoute les 85 mille femmes et jeunes filles qui ont bénéficié d'un traitement réparateur, et la plus de deux millions d'autres femmes souffrant d'une fistule obstétricale qui continue de vivre dans des conditions indignes.

 

A titre illustratif, des estimations, au Nigéria, 400 mille à 800 mille femmes attendraient une réparation chirurgicale et 20 mille nouveaux cas se produiraient chaque année.

 

L'élan communautaire qui vient d'être lancé va ainsi reposer sur une stratégie régionale 2019-2030 ayant pour but l'élimination de la fistule obstétricale dans la région à l'horizon indiquée. Ce qui répond à un principe de restauration de la dignité humaine de nombreuses femmes.

 

La stratégie s'inscrit dans le cadre global des objectifs de développement durable (objectifs 1, 3, 5,10 et 17), du Plan stratégique 2018-2021 de l'UNFPA dont l'un des trois objectifs est l'élimination des violences sexistes, y compris la fistule obstétricale, d'ici à la fin de l'année 2030 et de la mise en œuvre du Plan d'intervention et d'action régional 2018-2021.

 

La stratégie constitue également pour les acteurs, sous le leadership du Bureau Afrique de l'Ouest et du Centre de l'UNFPA, un outil de plaidoyer pour la mobilisation de ressources dans l'optique de soutenir la lutte contre la fistule obstétricale dans la région.

 
 

Une stratégie qui propose une vision et des orientations en vue d'une approche consolidée et intégrée pour accroître l'effet des actions afin que la part des cas pris en charge passe de 10 % à 80 %.

 

Cette vision régionale sonne ainsi comme une réponse au plaidoyer lancé par la Première Dame du Niger, Dr Lalla Malika Issoufou qui appelle à la mobilisation des ressources nécessaires en vue de « mettre fin à cet attentat contre la santé et les droits humains des femmes et des filles, qui les dépouille de leur dignité et leur faire perdre tout espoir ».

 

Mme Issoufou pense que la situation actuelle des cas de fistule obstétricale nécessite une réponse collective des États concernés et des partenaires au développement.

 

« Travaillons ensemble pour effacer la fistule de la carte de l'Afrique de l'Ouest et Centrale », demandant-elle à ses sœurs du Burkina Faso, de la Mauritanie, du Tchad, Sierra Leone et de l'Union des Comores qui, à l'unanimité ont reconnu la nécessité de conjuguer les efforts pour faire face.

 

Pour elle, l'objectif à long terme doit être de rendre le problème de la fistule obstétricale aussi exceptionnel dans les pays en développement qu'il l'est déjà dans les pays développés.

 

Ainsi la lutte attend des actes forts dans le domaine de prévention, de  la prise en charge chirurgicale et la réinsertion socioéconomique.

 

Ce qui fait dire à Mabingue Ngom, « il nous faut agir aux côtés des gouvernements et des Organisations de la société civile, notamment des chefs traditionnels et religieux afin d'éliminer les causes principales des fistules obstétricales que sont les mariages d'enfants et les grossesses précoces chez les adolescentes, et de promouvoir l'égalité de genre ».

 

Pour lui, il est pourtant possible de prévenir et de traiter la fistule obstétricale en réalisant les droits des femmes, notamment l'accès à des soins obstétricaux de qualité et aux services de planification familiale.

 

L'appel de la première dame du Niger s'annonce sous les meilleurs auspices. Ses sœurs des Iles Comores (Mme Ambari Azali), de Sierra Léone (Mme Fatima Maada Bio), du Tchad (Hinda Deby Itno), de Mauritanie ( Mariem Mohamed Fadel Dah ) et de Centrafrique (Mme Brigitte Touadera) et de Burkina Faso (Sika Kaboré) qui, à tour de rôle, ont fait un plaidoyer, marquent leur adhésion à action d'ensemble contre la fistule obstétricale.

 

Elles ont convenu de mener au niveau de leur pays respectif une sensibilisation sur davantage de volonté politique mais aussi l'implication du secteur privé, les responsables religieux et coutumiers mais surtout les partenaires techniques et financiers sur l'impératif d'augmenter les ressources financières pour mener à bien les actions ciblées.

 

Source:allafrica

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