©ONU Benin Campagne de vaccination contre la Covid-19 avec la livraison de doses dans le cadre de l'initiative COVAX

Alors que les pays continuent de lutter contre la pandémie, une occasion unique se dégage de reconstruire en mieux pour un monde plus juste et en meilleure santé, a affirmé mardi 6 avril l’Organisation mondiale de la santé (OMS), qui a lancé un appel en cinq points visant à améliorer la santé de tous, à l’occasion de la Journée mondiale de la santé.

 

« La pandémie de Covid-19 a trouvé dans les inégalités de nos sociétés et les lacunes de nos systèmes de santé, un milieu propice à sa propagation », a affirmé le Directeur général de l’OMS, Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus. 

 

En effet, selon l’OMS, la pandémie de Covid-19 a injustement frappé plus durement certaines personnes, aggravant les inégalités existantes en matière de santé et de bien-être, tant entre pays qu’au sein des pays.

 

Au sein des pays, les cas de maladie et de décès dus à la Covid-19 ont été plus élevés parmi les groupes qui sont confrontés à la discrimination, à la pauvreté, à l’exclusion sociale et à des conditions de vie et de travail quotidiennes défavorables – y compris aux crises humanitaires, a précisé l’agence onusienne. 

 

La pandémie aurait plongé jusqu’à 124 millions de personnes de plus dans l’extrême pauvreté l’an dernier et creusé les écarts entre les sexes dans le domaine de l’emploi, les femmes étant sorties de la population active en plus grand nombre que les hommes au cours des 12 derniers mois.

 

Ces inégalités dans les conditions de vie des populations, les services de santé et l’accès à l'énergie, à l’argent et aux ressources ne sont pas nouvelles souligne l’OMS. Elles se traduisent par un taux de mortalité des enfants de moins de cinq ans deux fois plus élevé dans les ménages les plus pauvres que dans les ménages les plus riches ; une espérance de vie dans les pays à faible revenu inférieure de 16 ans à celle des pays à revenu élevé ; et neuf décès par cancer du col de l'utérus sur 10 dans le monde surviennent dans les pays à revenu faible ou intermédiaire.

 

« Il est vital que tous les gouvernements investissent dans le renforcement de leurs services de santé et qu’ils éliminent les obstacles qui empêchent tant de gens de les utiliser, afin qu’un plus grand nombre de personnes aient la chance de vivre une vie en bonne santé », a exhorté le Dr Tedros en lançant l’appel à l'action de l’OMS en cinq points.

 

Accélérer l’accès équitable aux technologies anti-Covid-19

 

Des vaccins sûrs et efficaces ayant été mis au point et approuvés à une vitesse record, le défi consiste maintenant à s’assurer que tous ceux qui en ont besoin peuvent y accéder, a déclaré l’OMS.

 

L’agence onusienne estime essentiel d’apporter un soutien renforcé au mécanisme COVAX, le volet vaccins de l'Accélérateur ACT, qui devrait avoir réussi à distribuer des vaccins dans 100 pays à revenu faible ou intermédiaire dans les prochains jours.

 

Pour se faire, l'OMS lance une nouvelle campagne qui permettra aux individus et aux entreprises d’aider à financer les vaccins dont le monde a besoin pour lutter contre la pandémie.

 

« Mais les vaccins ne permettront pas à eux seuls de surmonter la Covid-19 », souligne l’agence onusienne, ajoutant que les produits de base tels que l’oxygène médical et les équipements de protection individuelle, les médicaments et les tests de diagnostic fiables sont également essentiels, tout comme les mécanismes solides pour répartir équitablement tous ces produits à l’intérieur des frontières nationales. 

 

L’agence signale par ailleurs que l’Accélérateur ACT, qui vise à mettre des tests et des traitements à la disposition de centaines de millions de personnes dans les pays à revenu faible ou intermédiaire qui, autrement, en seraient privés, demeure sous financé à la hauteur de 22,1 milliards de dollars.

 

Investir dans les soins de santé primaires

 

Au moins la moitié de la population mondiale ne bénéficie toujours pas d'un accès aux services de santé essentiels ; plus de 800 millions de personnes consacrent au moins 10 % de leur revenu familial aux soins de santé et, chaque année, près de 100 millions de personnes tombent dans la pauvreté en raison de frais médicaux à leur charge, fait valoir l’OMS.

 

Elle avertit que les coupes dans les dépenses publiques consacrées à la santé et à d’autres secteurs sociaux à mesure que les pays se relèvent de la pandémie « seraient susceptibles d’accroître les difficultés parmi les groupes déjà défavorisés, d’affaiblir l'efficacité du système de santé, d’accroître les risques sanitaires, d’augmenter la pression budgétaire à l’avenir et de saper les acquis en matière de développement ».

 

« Les gouvernements devraient plutôt s’efforcer d’atteindre l’objectif recommandé par l’OMS de consacrer 1% du PIB en plus aux soins de santé primaires », affirme l’OMS, précisant que les systèmes de santé axés sur les soins de santé primaires ont constamment donné de meilleurs résultats en matière de santé, favorisé une plus grande équité et amélioré l’efficacité. 

 

« Intensifier les interventions relevant des soins de santé primaires dans les pays à revenu faible ou intermédiaire pourrait sauver 60 millions de vies et augmenter l’espérance de vie moyenne de 3,7 ans d’ici à 2030 », ajoute l’OMS.

 

Les gouvernements doivent également réduire la pénurie de personnel soignant au niveau mondial, selon l’agence.  Quelques 18 millions d'agents de santé supplémentaires sont nécessaires pour parvenir à la couverture sanitaire universelle d’ici à 2030, ce qui signifie qu'il faut créer au moins 10 millions d’emplois supplémentaires à temps plein dans le monde et renforcer les efforts en matière d’égalité des genres. 

 

Les femmes fournissent la plupart des soins de santé et de l'aide sociale dans le monde, représentant jusqu’à 70% de tous les personnels de santé et d'aide à la personne, mais ne bénéficient pas des mêmes chances de les diriger, regrette l’OMS appelant à l’égalité salariale pour réduire l’écart de rémunération entre hommes et femmes et la reconnaissance du travail non rémunéré des femmes dans le domaine des soins de santé.

 

Accorder la priorité à la santé et à la protection sociale

 

Dans de nombreux pays, les répercussions socio-économiques de la Covid-19 ont dépassé l’impact du virus sur la santé publique, en raison de la perte d’emplois, de l’augmentation de la pauvreté, des perturbations dans l’éducation et des menaces pour la nutrition. 

 

Il est essentiel de veiller à ce que les précieux investissements dans la mise en place des programmes élargis de protection sociale pour atténuer les effets négatifs de la pandémie aient avant tout un impact sur ceux qui en ont le plus besoin et que les communautés défavorisées participent à leur planification et mise en œuvre.

 

Construire des quartiers sûrs, sains et sans exclusion

 

L’accès à des logements sains, dans des quartiers sûrs, avec des équipements éducatifs et récréatifs adéquats, est essentiel à la santé de tous, ajoute l’OMS.

 

Trop souvent, le manque de services sociaux de base pour certaines communautés les emprisonne dans une spirale de maladie et d’insécurité, explique l’agence se félicitant toutefois des dirigeants des villes qui sont de « puissants champions de l’amélioration de la santé, par exemple en améliorant les systèmes de transport et les installations d’approvisionnement en eau et d’assainissement ». 

 

Parallèlement, 80% de la population mondiale vivant dans l’extrême pauvreté réside dans les zones rurales, a néanmoins signalé l’OMS. Aujourd’hui, huit personnes sur 10 qui n’ont pas de services d’eau potable de base et sept personnes sur 10 qui ne disposent pas de services d’assainissement de base vivent dans les zones rurales.

 

Il sera important d’intensifier les efforts visant à fournir aux communautés rurales les services sanitaires et sociaux essentiels (y compris l’eau et l’assainissement). 

 

Ces communautés ont également besoin que des investissements économiques accrus soient consentis d’urgence dans des moyens de subsistance durables et un meilleur accès aux technologies numériques.

 

Renforcer les données et les systèmes d'information sanitaire

 

La surveillance des inégalités en matière de santé devrait faire partie intégrante de tous les systèmes d’information sanitaire nationaux, selon l’OMS.

Pour ce faire, il est essentiel d’accroître la disponibilité, en temps opportun, de données de grande qualité qui soient ventilées en fonction du sexe, de la richesse, de l'éducation, de l'appartenance ethnique, de la race, du genre et du lieu de résidence, pour savoir où se situent les inégalités et y remédier. 

 

Or seulement 51% des pays dans une évaluation mondiale menée récemment par l’OMS ont inclus la ventilation des données dans leurs rapports nationaux publiés sur les statistiques sanitaires. L’état de santé des divers groupes est souvent masqué lorsque des moyennes nationales sont utilisées. En outre, ce sont fréquemment ceux qui sont vulnérables, pauvres ou qui subissent les discriminations, qui sont les plus susceptibles d’être complètement absents des données. 

 

« Le moment est maintenant venu d’investir dans la santé en tant que moteur du développement », a déclaré le Dr Tedros, signalant que l’amélioration de la santé publique, la construction de sociétés durables, la garantie de la sécurité alimentaire et d’une nutrition adaptée, la lutte contre le changement climatique ou la prospérité des économies locales « vont de pair ».

 

source:news.un.org

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