Des femmes font un plaidoyer pour un accès équitable aux terres agricoles (image AGD)

 

La location des terres agricoles aux femmes rurales était au cœur du grand débat africain initié samedi 1er Mai par le média de référence agricole en Afrique, www.agridigitale.net.

 

De 40.000 F.CFA le demi-hectare dans certains pays, le coût de la location d’un hectare s’élèverait jusqu’à 100.000 F.CFA dans d’autres, une situation qui constituerait un sérieux handicap aux femmes rurales à développer leurs activités agricoles.

 

S’il est établi que les femmes agricultrices contribuent activement au secteur agricole et à la sécurité alimentaire dans la plupart des pays de la sous-région, leur accès au foncier agricole n’est toujours pas encore un acquis.

 

Certes les avancées sont consacrées dans les législations des différents pays, mais ces lois ne sont pas connues des femmes rurales et cette ignorance profite naturellement aux détenteurs des terres.

A en croire Confort Kabissa, Coordinatrice du réseau des femmes et développement au nord Togo, l'accès à terre des femmes est une réelle problématique dans la région des savanes (nord-Togo).

 

Lire aussi : Non à la location des terres aux femmes !

 

Il en est de même pour les femmes agricultrices en Côte d'Ivoire, au Burkina Faso, au Cameroun, au Sénégal etc.

Les femmes ne disposant pas des terres agricoles sont obligées de louer auprès des propriétaires terriens afin d'y exercer leur activité, ce qui ne permet pas de faire une agriculture durable.

 

L'accès à la terre par les femmes est aussi un problème culturel dans les milieux. Bien qu’elles héritent des terres de leurs familles, les femmes sont souvent marginalisées par le droit coutumier alors que le code foncier a été bien clair, les femmes et les hommes ont un accès équitable à la terre.

 

"Au Togo, les droits modernes permettent aux femmes d'avoir un accès équitable à la terre, or dans les milieux ruraux, le droit coutumier est plus appliqué et dans lequel la gestion de la terre est plus réservée aux hommes", renseigne la juriste Sylvie Gbewonyo, panéliste.

 

Face à cette situation qui met le droit de la femme en second plan, l'urgence serait selon les panelistes d'accentuer la sensibilisation pour que les droits des femmes à la terre soient respectés dans les milieux ruraux.

 

Pour la sociologue togolaise Catherine Djayouri, experte en ingénierie sociale et en communication, il est important d'aller vers une approche participative.

 

Lire aussi : Les femmes rurales représentent 56,4% des actifs agricoles

 

"Les coutumes existent et il ne faudra pas tenter l'impossible en voulant les changer mais plutôt préférer une approche pour faire comprendre les enjeux aussi bien aux hommes qu'aux femmes", avance-t-elle.

 

Selon Maïga Salimata, membre du collège des femmes de la confédération paysanne du Faso (CPF), une approche de plaidoyer a été fait avec succès avec les propriétaires terriens au Burkina Faso.

 

Elle préconise de toujours négocier avec les propriétaires terriens afin de trouver une entente en ce qui concerne les contrats de bail.

"Plus de 30 à 40% des terres aménagées doivent être aujourd’hui réservées aux femmes", a proposé Mme Salimata.

 

Une approche que corrobore Pascaline Yao étant donné que la situation est la même en Côte d'Ivoire où la location d’un hectare de terre tournerait autour de 100.000 F.CFA.

Dienaba Sidibé, la présidente du Réseau des femmes éleveurs du Sénégal quant à elle propose de miser sur la sensibilisation médiatique pour mettre toutes les femmes rurales au même niveau d'information concernant le code foncier.

 

"Il faut qu'il y ait des relais, des radios locales qui puissent informer les femmes des différentes lois votées sur le foncier", suggère Mme Diénéba.

 

Suivez l’intégralité du débat sur Agridigitale TV

 

La sensibilisation est aussi très importante pour résoudre les difficultés d'accès à la terre des femmes. Mais il ne faut pas surtout perdre de vue que l'agriculture nécessite des moyens financiers et les femmes qui représentent la plus grande partie de la main d'œuvre dans le secteur agricole n'ont pas accès aux crédits agricoles auprès des institutions bancaires.

 

Lambert Nayante, expert international des questions agricoles soulève qu'il faut avoir des institutions fortes pour porter cette cause des femmes agricultrices.

 

"La création d'une banque agricole dédiée aux femmes serait une solution idéale pour passer l'agriculture à l'échelle et de moderniser le secteur", a-t-il fait savoir.

En rappel, le webinaire a été organisé dans le cadre de la 3ème édition du 1er mai de l'agriculteur qu'organise annuellement le journal d’intelligence économique agricole en Afrique, Agridigitale.

 

L’initiative met en exergue le métier d'agriculteur comme un grand contributeur à l'économie nationale. Rendez-vous est pris en 2022 pour la 4ème édition.

 

Source:https://agridigitale.net/art

 

Facebook

Dernier bulletin