Un nouveau rapport publié par le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) et l’Université de Pittsburgh (États-Unis) constate que les femmes se heurtent à des plafonds et murs de verre lorsqu’elles tentent de gravir les échelons de la hiérarchie.

 

New-York, 8 juillet 2021 - Alors qu'un certain nombre de femmes dirigeantes de premier plan ont été sous les feux de la rampe dans le monde entier pour leur action déterminante contre la COVID-19, les femmes occupent moins d'un poste de direction sur trois dans l'administration publique mondiale, selon les nouvelles données du PNUD et du Laboratoire de recherche sur les inégalités de genre de l'Université de Pittsburgh. Le fait de tenir les femmes à l'écart de ces rôles et processus décisionnels essentiels, dont les efforts menés contre la COVID-19, compromet une reprise inclusive et verte au lendemain de la pandémie.

 

Le rapport le plus récent sur l’égalité des sexes dans l’administration publique, fruit d’une recherche approfondie sur la question, et couvrant 170 pays, permet de constater que des écarts persistants subsistent : les femmes continuent de se heurter à des plafonds et murs de verre qui les empêchent d’accéder aux postes aux plus hauts niveaux de pouvoir et d'influence. Bien que la représentation des femmes dans l'administration publique ait progressé dans de nombreux pays, les femmes de toutes les régions du monde restent largement minoritaires par rapport aux hommes aux postes de direction et de décision. En moyenne, les femmes représentent 46 % des administrateurs publics, mais n'occupent que 31 % des postes de direction et ne constituent que 30 % des cadres supérieurs.

 

L'égalité des sexes est essentielle pour une administration publique inclusive et responsable. Selon les recherches présentées dans le rapport, lorsque les femmes occupent des postes de direction dans les administrations publiques, les gouvernements sont plus réactifs et plus responsables, et la qualité des services publics fournis s'améliore sensiblement. Par exemple, les données montrent que lorsque les femmes sont au pouvoir, les questions politiques d’ordinaire négligées, telles que la lutte contre la violence à l'égard des femmes, les services de garde d'enfants et les soins de santé, reçoivent plus d'attention. On constate en outre une diminution fréquente de la corruption gouvernementale et les partis politiques sont davantage susceptibles de travailler ensemble. Alors que la crise de la COVID-19 impose des défis sans précédent aux gouvernements et à leurs citoyens, il est plus important que jamais que les institutions publiques prennent des décisions efficaces et que les services publics soient réactifs et innovants.

 

Ces nouvelles données entrent en jeu alors que de nombreux pays continuent de se débattre avec les retombées de la crise de la COVID-19 et ses impacts économiques et sociaux considérables sur les femmes et les filles, qu'il s'agisse d'une recrudescence grave de la violence à l'égard des femmes et des filles ou d'une importante perte d'emplois et de revenus, qui menacent de faire reculer les progrès en matière d'égalité des sexes. Selon une analyse du PNUD (publiée en anglais), jusqu'à 105 millions de femmes et de filles supplémentaires, catégorie déjà surreprésentée parmi les personnes extrêmement pauvres dans le monde, pourraient basculer dans la pauvreté d'ici à 2030 à cause de la pandémie.

 

« Les femmes sont proportionnellement plus touchées par les conséquences de la COVID-19. Il est donc crucial que les gouvernements répondent aux besoins, aux droits et aux attentes des femmes et des filles. Les femmes doivent également participer pleinement aux institutions publiques et siéger au gouvernement lors de l’élaboration des réponses politiques et de la détermination de la meilleure façon de sortir de la crise », a déclaré Achim Steiner, Administrateur du PNUD. « Les décisions cruciales qui sont prises aujourd'hui auront une incidence sur le bien-être des populations et de la Planète pour les générations à venir. Une reprise durable n'est possible que si les femmes sont en mesure de jouer un rôle à part entière dans l'élaboration d'un monde post-COVID-19 qui fonctionne pour nous tous ».

 

Le rapport sur l’égalité des sexes dans l’administration publique constate que les femmes jouent un rôle très limité dans la prise de décision en matière de politique de santé, y compris en ce qui concerne les décisions liées à la COVID-19 dans les pays. Alors que 58 % des employés des ministères de la santé sont des femmes, elles n’occupent en moyenne que 34 % des postes de décision.

 

Les femmes sont également sous-représentées au sein des groupes de travail gouvernementaux sur la COVID-19, qui décident des mesures à prendre face à la pandémie. Sur les 300 groupes de travail nationaux COVID-19 examinés dans 163 pays et territoires, les femmes occupent en moyenne 27 % des postes et dirigent 18 % de ces groupes. Seuls 6 % des groupes de travail sur la COVID-19 respectent la parité hommes-femmes, et, fait choquant, près du double, soit 11 %, ne comptent aucune femme.

Ce rapport révèle également que les femmes dans l'administration publique sont cantonnées dans certains domaines du travail politique, se heurtant à des « murs de verre » qui s’ajoutent aux plafonds de verre. Les ministères chargés des questions féminines, de la santé et de l'éducation sont ceux qui comptent le plus de femmes, mais celles-ci restent minoritaires dans les autres domaines d'élaboration des politiques.

 

Par exemple, bien que les femmes soient touchées de manière disproportionnée par la crise climatique, leur représentation dans les ministères de l’écologie est parmi la plus faible des 20 domaines politiques examinés. Elle est en moyenne de 33 % au niveau mondial, et la parité dans la prise de décision écologique est rare, ce qui risque d'entraver une action climatique plus efficace et une relance verte. De même, dans le domaine de l'élaboration des politiques socio-économiques, les données révèlent que les femmes n’occupent en moyenne que 36 % des postes décisionnels au sein des ministères de l'économie.

 

Fruit d'une collaboration de six ans, ce rapport vise à améliorer la qualité et l'accessibilité des données sur l'égalité entre les hommes et les femmes dans l'administration publique à travers le monde, afin de permettre un changement de politique fondé sur des données factuelles.

 

« L'égalité des sexes et la diversité sont les clés de l'amélioration du fonctionnement du gouvernement et de la qualité de vie pour nous tous. Pour y parvenir, nous avons besoin de données plus nombreuses et de meilleure qualité, ainsi que de collaborations comme celle entre l'université de Pittsburgh et les Nations Unies, qui peuvent nous aider à atteindre cet objectif », a déclaré Ann E. Cudd, doyenne et vice-chancelière principale de l'université de Pittsburgh. « Ce partenariat de recherche a révélé de nouvelles informations importantes qui non seulement mettent en lumière le problème, mais fournissent également les preuves nécessaires pour s'attaquer à ces disparités ».

 

Les femmes sont absentes à la table des négociations et sous-représentées aux postes de direction dans trois domaines d'action essentiels : la crise sanitaire, le redressement socio-économique et le climat. Il est donc pratiquement impossible de mieux construire l'avenir. Alors que les gouvernements conçoivent et affinent les politiques d'adaptation à la pandémie, le PNUD et l'Université de Pittsburgh leur demandent instamment de prendre en compte les effets sexospécifiques de la crise et de veiller à la participation pleine et entière des femmes à l'administration publique, y compris aux postes de décision et de direction.

Ce rapport sur l’égalité des sexes dans l’administration publique fournit cinq séries de recommandations pour aider à modifier l'équilibre des forces et à briser ces plafonds et murs de verre, notamment :

 

1.         Renforcer et encourager l'adoption de nouvelles lois, de nouveaux cadres et de nouvelles politiques, comme les quotas et les mesures temporaires spéciales, et créer un budget national pour l'égalité des sexes ;

2.         Créer un changement institutionnel, notamment par la réforme du lieu de travail, des politiques de ressources humaines inclusives et la pénalisation du sexisme et du harcèlement au travail ;

3.         Améliorer la disponibilité de données de qualité sur l'égalité des sexes et les femmes dans l'administration publique ;

4.         Créer de nouveaux partenariats et en tirer parti, tels que ceux avec les ONG et les associations de femmes, ainsi que les partenariats avec les entreprises ;

5.         Promouvoir les synergies dans l'ensemble du programme d'égalité des sexes, notamment par la sensibilisation et le soutien à l'éducation des femmes et à leur formation aux carrières de la fonction publique.

 

Note aux rédacteurs :

•      Le rapport mondial sur l’égalité des sexes dans l’administration publique 2021 fait le point sur les progrès réalisés en matière d'égalité des sexes dans l'administration publique. Il est le fruit d'une collaboration entre le PNUD et le Laboratoire de recherche sur les inégalités de genre de l'Université de Pittsburgh (États-Unis), codirigé par les professeurs Melanie Hughes et Müge Finkel. Ses résultats détaillés s'appuient sur un nouvel ensemble de données mondiales transnationales sur la parité hommes-femmes dans la fonction publique, recueillant des données et statistiques publiques sur l'administration publique, complétées par des données transmises directement au PNUD ou au laboratoire de recherche de Pittsburgh. Ce recueil de données exhaustif couvre 170 pays, bien que les données sur la prise de décision ne soient disponibles que pour 126 pays.

 

Pour consulter/télécharger le rapport complet, veuillez consulter le site (en anglais) :

https://www.undp.org/publications/gender-equality-public-administration  

Pour plus d’informations ou pour demander un entretien, veuillez contacter :

Juhie Bhatia | Spécialiste des communications, Équipe chargée de la problématique hommes-femmes | Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

Jeanne Finestone | Spécialiste des communications pour le PNUD par intérim | Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

Katie Weidenboerner Deppen | Directeur des communications à l’École supérieure d'affaires publiques et internationales de l’Université de Pittsburgh (États-Unis) | Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

 

Source:https://www1.undp.org

Facebook

Dernier bulletin