"Avez-vous pensé à toutes les personnes qui ont été violées ?" interroge la sprinteuse Marie Josée Ta Lou

 

Lundi soir à une heure de grande écoute et en public l'animateur de l'émission "La télé d'ici vacances", Yves de M'Bella, a invité un homme, qu'il a présenté comme un ancien violeur, à expliquer comment il s'y prenait pour abuser de ses victimes. Pour mieux illustrer les propos du prétendu ex-violeur, l'animateur, riant devant un public moqueur, a mis un mannequin à sa disposition et l'a aidé à le coucher au sol, lui demandant d'expliquer en détail comment il violait une femme.

 

Cet acte méprisable était censé dénoncer et sensibiliser sur le viol alors que cela ressemblait plus à la moquerie qu’à une dénonciation. L’animateur avait-il pensé à la souffrance de ces milliers victimes qui ont vu leur vie ruinée suite à un viol ? savait-il de quoi il parlait ?

 

Le viol n’est pas un acte « quelconque »

 

Pour dénoncer et sensibiliser sur le viol, il aurait été plus judicieux pour l’animateur M Yves de M'Bella, d’approcher les organisations de défenses de droits des femmes ou les victimes ou encore des psychologues pour savoir de quoi il s’agit quand on parle de viol, comment l’aborder ? quels sont les séquelles sur les victimes ? comment les victimes se sentent-elles après avoir subi un acte si ignoble, la souillure que toute victime ressent après avoir été violée …

 

Le programme est tout simplement " indignant", "révoltant" et "insultant" pour la femme et fille. Le viol n’est pas un acte banal.  Aussi faire l’apologie d’un crime est simplement "méchant " de la part de ceux qui s’y prêtent et ne fait pas honneur à une chaine de télé.   La femme ou la fille violée a besoin de soutien de toute sorte et non d’une émission qui la dégrade. Aucune femme sur terre n’aimerait subir cet acte. 

 

Le réseau WiLDAF salue la réaction rapide  des autorités judiciaires de Côte d’Ivoire, face à cet acte "Écœurant et inadmissible » et espère que celles-ci prendront des mesures plus fermes pour que de telles émissions ne se répètent plus dans l’avenir.

 

Comme l’a si bien déclaré la ligue ivoirienne pour les droits de femmes, Bien qu’il ait demandé « pardon » et se soit déclaré « meurtri », Yves de M’Bello « ne devrait plus du tout apparaître sur nos télés »

 

C’est le lieu de rappeler que les données de ONU -FEMMES en Côte d’ivoire sur la prévalence des différentes formes de violence à l'égard des femmes ( https://evaw-global-database.unwomen.org/en/countries/africa/cote-d-ivoire ) révèlent les statistique ci-dessous :

Violence physique et/ou sexuelle du partenaire intime au cours de la vie : 26 % , Violence physique et/ou sexuelle de la part du partenaire intime au cours des 12 derniers mois : 22 % , Mariage d'enfants :27 %   , Mutilation génitale féminine/excision :37 %

 

Par ailleurs une étude réalisée par le WiLDAF-AO en 2020, sur  « La prise en compte de l’impact du Covid-19 sur les femmes et les filles dans les politiques publiques relatives à la pandémie en Côte d’Ivoire » indique que de mars à juillet 2020,[1], le pourcentage de violences faites aux femmes, dans les foyers à Abidjan, durant la période de confinement est de 52,56% contre 20%, avant cette période, soit une augmentation de plus de 30%. Selon des données du ministère ivoirien de la Femme, de la Famille et de l’Enfant, du mois de janvier au mois de juin 2020, 2.352 cas de violences basées sur le genre (VBG) ont été enregistrées, contre 3000 cas enregistrés sur toute la période 2019. Il s’agit de violences physique, psychologique, verbale, sexuelle.

 

 Nous devons donc utiliser les media pour éduquer, former  et informer et non pour mépriser des victimes.

 

[1]Prioriser la sécurité des femmes en période de confinement” ALFEC 2020

 

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