Une émission de télévision censée dénoncer le viol,   fait l'apologie du celui-ci  en Côte d'IvoireInterrogé sur cet état de fait,  Mme Bassin du  WiLDAF -CI donne son avis

 

1- Bonjour Merci de vous présenter

Je suis Emilie BASSIN   

Membre de l’Association des Femmes Juristes de CI et membre du Conseil d’Administration du WILDAF-CI

 

2-En tant qu’organisation de défense des droits des femmes que pensez-vous des derniers événements survenus en CI relatif à la simulation du viol sur une antenne de télévision ?

 

Le Lundi 30 août 2021, dans une émission de divertissement  la TÉLÉ D’ICI VACANCES, la chaine de télévision NCI a diffusée sur son antenne, a une heure de grande écoute une interview avec un invité présenté par l’animateur comme étant un « ex violeur repenti ».

 

Lors de l’interview l’invité du jour, s’est adonné, sans sourciller à l’apologie du viol.

 

Le WILDAF CI en tant qu’organisation de la société civile œuvrant pour le respect des droits des femmes, ne peut rester indifférent à cela. Donner la parole au violeur pour justifier son acte et expliquer sa stratégie d’attaque c’est faire la promotion du viol.

 

Quand la télévision, qui a pour mission d’informer, de distraire et d’éduquer se met à célébrer des actes criminels, nous nous devons de rappeler que le viol est un crime.

 

3- Le WiLDAF CI a-t-il participé avec les autres associations à la dénonciation de cet acte outrageant et dégradant ? Que compte faire le réseau pour que de tels actes ne se reproduisent plus dans l’avenir ?

 

Le WILDAF CI est membre du collectif des activistes de lutte contre les violences basées sur le genre mis en place avec Engender health.

 

Dans le cadre de ce collectif, une diffusion des critiques de l'émission sur les plateformes watthapp et dès le lendemain 31 août, une rencontre a eu lieu au District avec les organisations membre du collectif à laquelle le Ministère de la Femme et de la Famille a été convié. L’objectif est de fédérer les forces pour que des sanctions soient prises contre la chaîne de télévision et que l’animateur soit poursuivi.  

 

4- Que pensez que vous du verdict du tribunal par rapport aux coupables  

 

La condamnation de l’animateur et de son invité devant le Tribunal correctionnel d'Abidjan intervenue le 1er septembre 2021 est signal fort, il n’y a pas de compromis contre le respect de la dignité de la femme et de ses droits.

 

C’est également l’occasion de rappeler que l’article 403 du nouveau code pénal ivoirien définie le viol comme étant tout acte de pénétration vaginale, anale, buccale ou de quelque nature qu'il soit à but sexuel imposé à autrui sans son consentement en usant d'une partie du corps humain ou d'un objet, par violence, menace, contrainte ou surprise.

Constitue également un viol, tout acte de pénétration vaginale, anale, buccale ou de quelque nature qu'il soit à but sexuel commis sur un mineur de quinze ans, même avec son consentement.

 

L’alinéa 4 dudit article dispose que : Quiconque commet un viol est puni d'un emprisonnement de cinq à vingt ans. Et de la peine d’emprisonnement à vie, lorsque le viol a entraîné une mutilation ou une infirmité permanente ou la mort de la victime.

 

L’incitation au viol doit être condamnée.

 

5-Récemment vous avez lancé un nouvel outil (CAJUD) de dénonciation des violences faites aux femmes et aux filles pour qu’elles puissent saisir les centres d’aide juridique où qu’elles se trouvent, Comment pensez -vous utiliser cet outil   pour amener plus de victimes à dénoncer les violences ? 

 

 

Pour que plus de victimes aient accès au CAJUD, une campagne de communication va être faite, dans les marchés, les écoles et gares.

 

Les femmes et les filles ne doivent plus se taire. La loi est de leur côté. Et ces évènements ont permis de montrer que lorsque les forces sont fédérées, les organisations de la société civile peuvent faire bouger les choses et des changements sont possibles.

 

Service Communication

WiLDAF-AO

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