Le texte, très controversé, vient préciser le dispositif existant jusqu'à présent. L'avortement est autorisé, mais seulement dans des cas très précis. Une deuxième loi sur la répression des violences sexuelles a également été adoptée. Le recours à l'avortement peut désormais se faire à la demande de la femme et dans des conditions précises.

 

Le président de l'Assemblée a été le premier à dénoncer le projet parlant de « négation du droit de l'enfant à la vie ». Plusieurs autres députés l'ont suivi en déclarant que « c'est immoral, nous demandons au gouvernement de retirer cette loi ». Le clergé s'en est aussi mêlé, dénonçant dans une déclaration solennelle : « la légalisation de l'avortement et la culture de la mort ». Surprise à l'arrivée, le projet a été voté à l'unanimité.

 

Il n'y avait pas de vide juridique puisque le Bénin avait une législation sur l'avortement depuis 2003. Ce mercredi, les députés l'ont juste amendée et surtout complétée. En effet, la loi de 2003 permettait à la femme de recourir à l'IVG, lorsque sa santé est menacée ou quand le fœtus qu'elle porte souffre d'une affection grave.

 

Désormais, avec ce nouveau texte, l'avortement est autorisé quand la grossesse est la conséquence d'un viol ou encore pour des motifs économiques. La loi stipule que la femme, si elle le désire, peut se faire avorter si sa grossesse occasionne une situation de détresse matérielle, professionnelle ou morale. L'avortement doit se faire obligatoirement sur prescription médical et il est interdit d'interrompre volontairement une grossesse passé 12 semaines.

 

C'est un acte de santé publique qui va sauver des vies humaines s'est défendu le ministre de la Santé après le vote de la loi. Benjamin Hounkpatin indique que les avortements non sécurisés représentent 20% de la mortalité maternelle au Bénin.

 

La seconde loi voté cette nuit punit de peines de prison et d'amende les auteurs et complices de harcèlement et agressions sexuelles, viol, mariage précoce et forcé, mutilations génitales. Les peines vont jusqu'à vingt ans de prison selon l'infraction. La loi interdit et punit aussi toute relation amoureuse entre un enseignant et son apprenant, et en aucun cas le consentement de l'apprenant ne peut être retenu. La répression de ces infractions est confiée à la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (Criet).

 
 

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