WHO/Cervical Cancer Elimination Initiative Lors de la Journée d'action, les dirigeants de la planète appellent à l'élimination du cancer du col de l'utérus

 

La pandémie de COVID-19 a réveillé la conscience collective du monde entier, peut-être plus que jamais dans l'histoire moderne, sur la nécessité d'un accès équitable à la santé pour tous.

 

Mais nous ne connaissons que trop bien un autre cauchemar mondial en matière de santé qui, depuis de nombreuses décennies, est à la fois l'un des exemples les plus visibles des inégalités en santé et l'un des responsables les plus facilement évitables de décès chez la femme dans le monde, en particulier en Afrique.

 

Le cancer du col de l'utérus est au quatrième rang des cancers les plus courants chez la femme dans le monde. Dans les pays les plus à risque, principalement en Afrique subsaharienne, 75 femmes sur 100 000 souffrent de ce type de cancer, contre moins de 10 femmes dans les pays à faible risque.

 

Si les interventions disponibles ne sont pas mises en œuvre, le nombre de nouveaux cas de cancer du col de l'utérus devrait passer de 570 000 en 2018 à 700 000 d'ici à 2030, et le nombre de décès de 311 000 à 400 000 par an.

 

Comme c'est le cas pour la COVID-19, les inégalités sont au cœur de la crise du cancer du col de l'utérus, dont l'incidence est près de deux fois plus élevée dans les pays à revenu faible ou intermédiaire que dans les pays à haut revenu. En outre, près de 90 % des décès surviennent dans les pays à revenu faible ou intermédiaire.

 

Cette tragédie se joue surtout en Afrique, brisant les espoirs et les vies de nombreuses filles et femmes. Et elle a des conséquences non négligeables sur leur famille et leur communauté, tout comme sur les efforts nationaux pour réaliser des progrès et atteindre les cibles relatives à la santé et au développement fixées par les objectifs de développement durable.

 

En cette Journée mondiale d'action pour l'élimination du cancer du col de l'utérus, nous unissons nos voix pour demander que des mesures urgentes soient prises afin de rendre les vaccins, les tests et les traitements disponibles, de sorte que toutes les filles et les femmes, où qu'elles vivent, quel que soit leur âge ou leur niveau de revenu, puissent avoir accès à ces outils essentiels qui sauvent des vies.

 

Les disparités sont manifestes et doivent être corrigées sans plus attendre.

 

Par exemple, 79 pays concentrent 6 cas sur 10 de cancer du col de l'utérus. Mais aucun de ces pays ne dispose encore du vaccin qui protège contre cette maladie en prévenant l'infection par le papillomavirus humain. En revanche, les pays à revenu élevé, où la charge de cette maladie tend à être la plus faible, ont pu lancer des campagnes de vaccination à grande échelle, y compris pour les garçons dans la majorité d'entre eux.

 

Il faut remédier à ce déséquilibre.

 

Nous sommes tous engagés dans la lutte contre le cancer du col de l'utérus, qui est au cœur de l'initiative mondiale de l'OMS  adoptée par les pays il y a un an pour éliminer cette maladie du vivant de celles qui sont aujourd'hui des jeunes filles.

 
 

Pour atteindre cet objectif, tous les pays doivent atteindre et maintenir un taux d'incidence inférieur à quatre cas pour 100 000 femmes. Pour ce faire, il faut agir dans trois domaines clés d'ici à 2030.

 

Nous devons vacciner 90 % des filles contre le papillomavirus humain avant l'âge de 15 ans.

Nous devons fournir des services de dépistage afin que 70 % des femmes puissent accéder à un test performant avant l'âge de 35 ans, puis à nouveau à 45 ans.

 

Et nous devons faire en sorte que 90 % des femmes présentant des lésions précancéreuses puissent bénéficier du traitement dont elles ont besoin et que 90 % des femmes atteintes d'un cancer invasif reçoivent les services nécessaires pour prendre en charge leur maladie et leur douleur.

 

Nous avons bon espoir que ces objectifs puissent être atteints.

Or, comme pour la COVID-19, ceux qui doivent agir sont ceux qui prennent les décisions d'investissement et ceux qui produisent les outils.

 

Nous en appelons ici aux gouvernements pour qu'ils adoptent une approche globale lorsqu'ils décident comment investir leurs ressources et créer les conditions permettant aux filles et aux femmes de s'épanouir et de survivre. Comme l'a montré la pandémie, un bon état de santé constitue une base nécessaire au développement.

 

Les fabricants de vaccins, de produits de diagnostic et de traitements doivent, quant à eux, rendre ces outils abordables et disponibles en quantité suffisante pour permettre aux gouvernements des pays d'Afrique et d'autres régions de contribuer à l'élimination du cancer du col de l'utérus dans le monde.

 

Les vaccins sont disponibles dans le commerce depuis bien plus de dix ans, mais leur coût élevé les place hors de portée de la plupart des personnes qui en ont besoin. Il faut donc mettre à disposition des stocks suffisants à un prix abordable pour vacciner toutes les filles âgées de 9 à 14 ans afin de les protéger du cancer du col de l'utérus dans les pays à revenu faible ou intermédiaire.

 

Leur avenir compte.

Si nous voulons avancer, nous devons agir de manière équitable et efficace pour donner aux pays les moyens d'éliminer le cancer du col de l'utérus. Car y parvenir n'est plus un rêve. Il nous appartient de lever le voile sur ce cauchemar et de donner à nos filles, nos sœurs, nos épouses et nos mères partout dans le monde la possibilité de connaître un avenir plein de promesses et de rester en bonne santé.

 

Source:allafrica.com

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