Du 9 au 19 mars 2026, la communauté internationale se réunit à l’Organisation des Nations Unies, à New York, à l’occasion de la 70ᵉ session de la Commission de la condition de la femme (CSW70), autour d’un impératif majeur : « Garantir et renforcer l’accès de toutes les femmes et de toutes les filles à la justice ».
Dans ce cadre, le réseau Women in Law and Development in Africa prend part aux travaux de cette session internationale. Le réseau y est représenté par sa Coordinatrice régionale pour l’Afrique de l’Ouest, Madame Antoinette MBROU, qui participe aux échanges aux côtés des organisations de la société civile et des acteurs institutionnels engagés dans la promotion des droits des femmes.
Alors que le monde traverse des crises multiples, marquées par l’aggravation des inégalités entre les femmes et les hommes, la multiplication des conflits et l’augmentation des violences faites aux femmes (particulièrement dans les zones de conflit), l’accès à la justice n’a jamais été aussi crucial. Les femmes et les filles se heurtent aujourd’hui à un recul préoccupant de leurs droits.
Pourtant, selon la Déclaration universelle des droits de l’homme, en son article 7 :
« Tous sont égaux devant la loi et ont droit sans distinction à une égale protection de la loi ».
La réalité demeure toutefois très différente. Dans près de 70 % des pays étudiés, les femmes rencontrent davantage d’obstacles que les hommes pour accéder à la justice.
- Les femmes et les filles ne disposent que de 64 % des droits juridiques dont bénéficient les hommes.
- Les frais juridiques, les coûts de transport, les frais de garde d’enfants ou encore la perte de revenus empêchent des millions de femmes d’engager ou de poursuivre des démarches judiciaires.
Le thème de la CSW70 met ainsi en lumière l’urgence de transformer les systèmes juridiques afin qu’ils deviennent de véritables remparts contre les discriminations à l’égard des femmes et des filles. Cette session constitue une occasion importante pour la communauté internationale d’examiner ces défis et de négocier des engagements susceptibles de se traduire en politiques publiques concrètes et transformatrices.
À cette occasion, le réseau Women in Law and Development in Africa – Afrique de l’Ouest (WILDAF) se joint aux organisations de la société civile pour lancer un appel aux États.
Le moment est venu de garantir les droits, la justice et l’action pour toutes les femmes et les filles.
Droits, Justice, Action, Pour TOUTES les femmes et les filles.
Cela implique notamment de :
- Mettre fin à l’impunité : combler les lacunes juridiques, assurer l’application effective des lois et tenir les auteurs de violences responsables de leurs actes.
- Promouvoir des systèmes juridiques inclusifs : garantir des tribunaux accessibles, équitables et sensibles au genre pour toutes les femmes, sans discrimination.
- Éliminer les lois et politiques discriminatoires : abroger les cadres législatifs qui perpétuent les inégalités et freinent l’autonomisation des femmes et des filles.
- Lever les obstacles structurels : s’attaquer aux préjugés sociaux, aux barrières économiques et aux contraintes géographiques qui empêchent les femmes d’obtenir réparation.
- Financer la justice : garantir des ressources suffisantes pour les systèmes judiciaires, notamment pour l’aide juridictionnelle et les services d’assistance aux victimes.
- Soutenir et financer les organisations de femmes qui œuvrent pour des réformes judiciaires transformatrices, accompagnent les survivantes et mobilisent l’opinion publique.
Par ailleurs, l’effectivité de l’accès à la justice suppose également une volonté politique forte et durable. Les États, les institutions judiciaires et l’ensemble des partenaires doivent s’engager à renforcer l’indépendance des systèmes judiciaires, à former les acteurs de la justice aux enjeux d’égalité de genre et à garantir que les mécanismes de recours soient réellement accessibles aux femmes et aux filles, en particulier les plus marginalisées.
Sans systèmes de justice efficaces et accessibles pour les femmes, les droits restent des promesses qui ne se concrétisent jamais.
Agissons maintenant!
Service Communication