WILDAF-AO

Systèmes d’alerte face aux fortes chaleurs, accès à l’eau potable et à l’assainissement, énergie domestique plus propre ou encore tarification des combustibles fossiles : le déploiement à grande échelle de six mesures visant à protéger la santé face au changement climatique pourrait éviter 1,6 million de décès chaque année, tout en générant des milliers de milliards de dollars de bénéfices économiques, selon une nouvelle étude de l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

Publiée mercredi 4 novembre 2026, à quelques jours de la Conférence des Nations Unies sur le climat, la COP31, l’étude met en avant un « triple dividende » de ces interventions : des populations en meilleure santé, une réduction des émissions de gaz à effet de serre et des économies plus solides.

Face à la multiplication des risques sanitaires liés au réchauffement climatique, « des solutions existent et sont prêtes à être déployées à l’échelle mondiale », souligne le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus.

Les six mesures préconisées comprennent notamment la mise en place de systèmes d’alerte sanitaire en cas de fortes chaleurs, le renforcement de l’approvisionnement en eau potable et de l’assainissement face aux aléas climatiques, l’amélioration de l’hygiène des mains, le développement de sources d’énergie domestique plus propres et l’instauration d’une tarification efficace des combustibles fossiles.

Un homme vêtu d'une chemise rouge et d'un pantalon bleu fait le plein d'une voiture à l'aide d'un pistolet à essence rouge et noir dans une station-service au Brésil.
Agence Brésil/Marcelo Camargo L’ONU suggère une tarification efficace des combustibles fossiles pour lutter contre le changement climatique.

Les combustibles fossiles au cœur des gains

Parmi ces interventions, les politiques de tarification des combustibles fossiles auraient de loin l’impact le plus important. Elles permettraient à elles seules d’éviter 1,2 million de décès par an et représenteraient 98 % des réductions d’émissions attendues, tout en procurant d’importantes recettes supplémentaires aux États.

Au total, les six mesures pourraient permettre d’éviter chaque année l’émission de 16,7 milliards de tonnes de CO₂ équivalent, soit 31 % des émissions mondiales annuelles de gaz à effet de serre, hors secteur de l’utilisation des terres, du changement d’affectation des terres et de la foresterie.

Leurs retombées économiques seraient également considérables. L’OMS estime à près de 3.000 milliards de dollars par an les gains en matière de bien-être économique, notamment grâce aux vies sauvées, aux catastrophes évitées et à la réduction des dépenses de santé. Les bénéfices budgétaires pourraient, eux, atteindre 5.440 milliards de dollars, soit jusqu’à 835 dollars de retombées pour chaque dollar investi.

Ces estimations, qui portent sur 187 pays, couvrent la période 2024-2075.

La santé au cœur des négociations climatiques

Les pays à revenu faible ou intermédiaire seraient les principaux bénéficiaires de ces interventions, avec des gains proportionnellement plus importants que dans les pays riches, tant sur le plan sanitaire qu’économique.

« Ce rapport montre que le déploiement à grande échelle de mesures éprouvées et abordables pourrait sauver des millions de vies, les gains les plus importants étant enregistrés dans les pays qui en ont le plus besoin », souligne le Dr Tedros.

À l’approche du prochain cycle de négociations climatiques, l’OMS appelle les gouvernements à placer la santé au cœur de leurs politiques climatiques, à accroître les investissements dans ces interventions et à accélérer leur mise en œuvre.

Le directeur général de l’organisation exhorte ainsi les pays qui participeront la semaine prochaine à la COP31, à Antalya, en Turquie, à « inclure la santé dans les négociations » afin d’« anticiper, prévenir, préparer et réduire les risques sanitaires liés au climat ».