Le Réseau Women in Law and Development in Africa – Afrique de l’Ouest organise, le mardi 24 mars 2026, un webinaire intitulé : « Ratification et mise en œuvre de la Convention sur l’élimination de la violence à l’égard des femmes et des filles : un levier pour garantir l’accès à la justice pour toutes en Afrique de l’Ouest ».
Cette initiative s’inscrit dans le cadre de la célébration de la Journée internationale des droits des femmes. Pour l’édition 2026, le thème retenu est : « Droit. Justice. Actions pour TOUTES les femmes et les filles ».
Ce thème fait écho à celui de la 70ᵉ session de la Commission de la condition de la femme, qui appelle à garantir et renforcer l’accès de toutes les femmes et de toutes les filles à la justice, notamment par la promotion de systèmes juridiques inclusifs et équitables, l’élimination des lois, politiques et pratiques discriminatoires, ainsi que la levée des obstacles structurels.
Dans un contexte marqué par la fragilisation des systèmes judiciaires, les conflits, la répression et les tensions politiques continuent d’affaiblir l’État de droit. L’accès à la justice s’en trouve compromis, en particulier pour les femmes et les filles, confrontées à un recul préoccupant de leurs droits fondamentaux.
Par ailleurs, les femmes et les filles demeurent exposées à de multiples formes de violences basées sur le genre — physiques, psychologiques, économiques et sexuelles. En Afrique de l’Ouest, malgré des avancées législatives notables et des engagements politiques réaffirmés, ces violences persistent à des niveaux alarmants, touchant environ 40 % des femmes.
Face à cette situation, l’Union africaine a adopté, en février 2025, la Convention sur l’élimination de la violence à l’égard des femmes et des filles (AU-CEVAWG). Il s’agit du premier instrument juridique panafricain contraignant, spécifiquement dédié à l’élimination de toutes les formes de violences faites aux femmes et aux filles. Cette Convention renforce les engagements des États membres en matière de prévention, de protection des victimes, de poursuites des auteurs et de réparation intégrale pour les survivantes.
Toutefois, pour son entrée en vigueur, la Convention doit être signée et ratifiée par au moins quinze États membres. À ce jour, aucun pays d’Afrique de l’Ouest n’a encore franchi cette étape décisive, malgré l’ampleur du phénomène et les engagements antérieurs des gouvernements. Cette situation interroge la volonté politique de faire de la lutte contre les violences basées sur le genre une priorité et souligne la nécessité d’une mobilisation accrue de l’ensemble des parties prenantes afin d’accélérer le processus de ratification et d’assurer une mise en œuvre effective et transformative de cet instrument.
C’est dans ce contexte que le WILDAF-AO organise ce webinaire, afin de soutenir la dissémination de la Convention et de renforcer le plaidoyer auprès des décideurs politiques en vue d’en accélérer la ratification.
Cette rencontre virtuelle se veut un cadre d’échanges stratégiques, de partage d’expériences et de mobilisation collective autour de la Convention. Elle s’articulera autour des axes suivants :
- La Convention AU-CEVAWG : avancées normatives, innovations et complémentarité avec les cadres juridiques existants ;
- La ratification de la Convention en Afrique de l’Ouest et au Sahel : défis politiques et juridiques, stratégies de plaidoyer ;
- L’accès à la justice pour les femmes et les filles survivantes de violences : réformes nécessaires et bonnes pratiques.
Ce webinaire constitue ainsi une opportunité majeure de renforcer les synergies entre acteurs et d’impulser une dynamique régionale en faveur de la ratification et de la mise en œuvre effective de cette Convention essentielle à la protection des droits des femmes et des filles.
Service communication
WiLDAF-AO