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L’ONU mettent en garde contre le fait qu’un recul politique délibéré en matière d’égalité des sexes, pourrait remettre en cause des décennies de progrès, et appellent à un partage égal du pouvoir entre les femmes et les hommes partout dans le monde.

New York – Le rapport Gros plan sur l’égalité des sexes 2026, publié aujourd’hui par ONU Femmes et le Département des affaires économiques et sociales des Nations Unies (DAES), révèle que lorsque les femmes détiennent un véritable pouvoir, les résultats s’améliorent dans tous les domaines d’action du Programme de développement durable à l’horizon 2030, de la paix à l’éducation, et de la lutte contre la pauvreté à l’action climatique. Pourtant, les institutions créées au fil des décennies pour faire progresser l’égalité des sexes sont elles-mêmes systématiquement affaiblies, ce qui freine, voire fait reculer, les progrès accomplis, à un moment où le monde ne peut pas se permettre de revenir en arrière.

Les conclusions du rapport Gros plan sur l’égalité des sexes 2026 révèlent un recul politique transversal, mesurable et qui ne cesse de s’aggraver en matière d’égalité des sexes. Au cours des deux dernières années, une institution sur trois consacrée à l’égalité des sexes a vu son influence institutionnelle décliner. Sur la même période, environ une sur quatre a vu son budget de fonctionnement réduit, et près d’une sur dix a perdu tout contrôle sur son budget. Le financement des travaux sur l’égalité des sexes est tombé à son niveau le plus bas depuis 2021, les organisations de défense des droits des femmes étant les plus durement touchées. Parallèlement, dans un contexte de réductions budgétaires, 42 % des entités des Nations Unies font état d’un affaiblissement de leurs efforts en faveur de l’égalité des sexes.

La concentration du pouvoir politique reste flagrante : six pays sur sept sont dirigés par des hommes. Les femmes continuent de se heurter à des obstacles systémiques à toutes les étapes. Le coût d’une candidature à une élection peut dépasser 100 fois le revenu moyen par habitant d’un pays, ce qui exclut de nombreuses femmes avant que la campagne ne commence. Dans certains pays, jusqu’à huit femmes candidates sur dix sont victimes de violences dans la vie publique. Et lorsque les femmes accèdent au gouvernement, elles sont encore, de manière disproportionnée, écartées des portefeuilles qui confèrent le plus de pouvoir en matière de sécurité et d’économie. Près de neuf ministres de la Défense sur dix et plus de huit ministres des Finances sur dix sont des hommes.

Alors que les femmes continuent de se heurter à des obstacles qui entravent leur pleine participation et leur influence à égalité avec les hommes, des décennies d’avancées politiques et juridiques en matière d’égalité des sexes sont de plus en plus contestées et, dans certains cas, réduites à néant. Aucun indicateur de l’objectif de développement durable relatif à l’égalité des sexes (ODD 5) n’est en passe d’être atteint d’ici 2030.

« Les données sont sans équivoque : lorsque les femmes dirigent, les sociétés sont plus fortes, les économies sont plus résilientes et les résultats s’améliorent pour toutes et tous. Pourtant, tant que le pouvoir restera concentré au sein d’institutions qui excluent systématiquement les femmes, les sociétés ne pourront pas exploiter pleinement leur potentiel. L’égalité ne peut être atteinte sans un accès égal au pouvoir, car il n’y a pas d’égalité sans pouvoir », a déclaré Sima Bahous, Directrice exécutive d’ONU Femmes.

« Les données ne laissent aucune place à l’ambiguïté : au rythme actuel, il faudra encore 171 ans pour atteindre l’égalité entre les sexes. Le Gros plan sur l’égalité des sexes 2026 montre que cette situation n’est pas une fatalité, elle est le résultat de choix mis en évidence par les données. Investir dans l’égalité des sexes, dans les institutions et dans les systèmes statistiques qui permettent de mesurer leurs résultats et de leur demander des comptes n’est pas une dépense. C’est le moyen le plus rapide de renouer avec la promesse du Programme de développement durable à l’horizon 2030 : un pouvoir de décision équitable pour toutes et tous », a déclaré Li Junhua, Secrétaire général adjoint des Nations Unies aux affaires économiques et sociales.

Ce phénomène ne se limite pas aux pouvoirs publics. À l’échelle mondiale, les femmes n’occupent que 6 % des postes de direction générale des entreprises et elles dirigent moins de 20 % des plus hautes juridictions, ce qui permet aux hommes de prendre l’essentiel des décisions qui façonnent les entreprises, le droit, l’emploi et l’économie mondiale.

Les conclusions du rapport sont révélées à un moment décisif pour le système multilatéral. Les dirigeants du monde entier se réunissent à l’occasion de la 81e session de l’Assemblée générale des Nations Unies (AGNU81), alors que l’Organisation des Nations Unies s’apprête à désigner son dixième Secrétaire général, fonction qu’aucune femme n’a jamais exercée au cours des 80 années d’existence des Nations Unies. Alors que les gouvernements débattent de l’avenir du multilatéralisme, le rapport souligne qu’aucune vision de l’avenir du monde n’est crédible si les femmes et les filles ne disposent pas du pouvoir de le façonner à part égale.

ONU Femmes et le DAES de l’ONU appellent à inverser le recul politique en matière d’égalité des sexes et à instaurer un partage plus équitable du pouvoir. Cela implique de veiller à ce que les femmes aient une voix égale dans les décisions politiques et économiques, d’apporter un financement suffisant  aux institutions chargées de l’égalité des sexes, de protéger les organisations de défense des droits des femmes et l’espace civique, et de garantir aux femmes un pouvoir égal pour influencer les décisions qui touchent l’économie, la paix et la sécurité, la technologie et la vie publique.

Source:https://www.unwomen.org/fr/nouvelles/communique-de-presse/