DISCOURS D’OUVERTURE DE LA COORDINATRICE DU WiLDAF-AO
Distingués invités,
Chers alliés de la cause des droits des femmes,
C’est pour moi un honneur de prendre la parole au nom du Women in Law and Development in Africa – Afrique de l’Ouest (WiLDAF-AO) à l’occasion de ce Forum multipartite consacré à la mobilisation des alliés pour la mise en œuvre des engagements issus de la soixante-dixième session de la Commission de la condition de la femme.
Je voudrais tout d’abord exprimer notre profonde gratitude à ONU Femmes pour avoir associé notre réseau à l’organisation de cette importante rencontre, qui intervient à un moment décisif pour l’avenir de l’agenda de l’égalité entre les femmes et les hommes dans notre région.
Permettez-moi de rappeler brièvement que le WiLDAF-Afrique de l’Ouest est un réseau régional de référence en matière de promotion et de protection des droits des femmes et des filles. Membre d’un vaste mouvement panafricain créé en 1990, notre Bureau régional est basé à Lomé, au Togo, depuis 1997.
Aujourd’hui, notre réseau est présent dans onze pays d’Afrique de l’Ouest et collabore avec plusieurs points focaux dans la sous-région. Depuis plus de trois décennies, nous œuvrons à faire du droit un levier de développement et de transformation sociale, afin de promouvoir une culture d’exercice, de respect et de protection des droits des femmes et des filles en Afrique.
Mesdames et Messieurs,
Le cadre qui nous réunit aujourd’hui est particulièrement pertinent.
La CSW70 a adopté une feuille de route ambitieuse pour garantir et renforcer l’accès à la justice pour toutes les femmes et les filles. Les engagements pris portent sur des enjeux majeurs : la justice communautaire, la réforme des lois discriminatoires, la protection des droits sexuels et reproductifs, la justice dans les contextes de conflit, ainsi que le financement des mécanismes permettant aux femmes d’accéder effectivement à leurs droits.
Cependant, nous savons tous qu’aucune déclaration, aussi ambitieuse soit-elle, ne transforme à elle seule la vie des femmes et des filles.
Ce qui fera la différence, ce sont les actions que nous entreprendrons collectivement. Ce sont les alliances que nous construirons. Ce sont les ressources que nous mobiliserons et la volonté politique que nous saurons susciter et maintenir.
Le contexte mondial et régional nous interpelle avec force.
Alors que des progrès importants ont été réalisés au cours des dernières décennies, nous assistons aujourd’hui à une remise en cause croissante de certains acquis fondamentaux en matière de droits des femmes. Les discours hostiles à l’égalité gagnent du terrain. Les contraintes budgétaires se renforcent. Les crises sécuritaires, humanitaires et climatiques se multiplient. Et, comme toujours, ce sont les femmes et les filles les plus vulnérables qui en subissent les conséquences les plus lourdes.
Face à cette réalité, une conviction s’impose : aucun acteur, aucune institution, aucun secteur ne peut relever seul ces défis.
Les organisations de femmes demeurent en première ligne. Elles accompagnent les survivantes de violences, facilitent l’accès à la justice, sensibilisent les communautés, documentent les violations des droits humains et portent la voix des femmes dans les espaces de décision.
Mais notre expérience nous enseigne également que notre impact est démultiplié lorsque nous travaillons en synergie avec les médias, les universités, les centres de recherche, les acteurs du développement, le secteur privé, les institutions publiques et les partenaires internationaux.
C’est pourquoi le WiLDAF-Afrique de l’Ouest considère ce forum comme bien plus qu’un espace d’échanges.
Nous le considérons comme une opportunité stratégique pour construire une véritable communauté d’alliés engagés en faveur de la mise en œuvre effective des conclusions de la CSW70.
Nous avons besoin de médias capables de promouvoir des récits qui renforcent les droits des femmes et combattent les stéréotypes ainsi que la désinformation.
Nous avons besoin du monde académique pour produire des connaissances, des données et des analyses susceptibles d’éclairer les politiques publiques et de mesurer les progrès réalisés.
Nous avons besoin du secteur privé pour investir davantage dans l’autonomisation économique des femmes et soutenir des initiatives innovantes favorisant leur accès aux droits et à la justice.
Nous avons besoin des partenaires techniques et financiers pour garantir un financement durable, prévisible et accessible aux organisations qui interviennent quotidiennement auprès des communautés.
Nous avons besoin des agences des Nations Unies pour continuer à jouer leur rôle essentiel de coordination, de plaidoyer et d’accompagnement des États.
Et nous avons besoin de la jeunesse, dont l’engagement, l’énergie et la créativité constituent des atouts indispensables pour construire des sociétés plus justes et plus inclusives.
Mesdames et Messieurs,
La mise en œuvre des conclusions de la CSW70 doit rester profondément ancrée dans les réalités vécues par les femmes et les filles de l’Afrique de l’Ouest et de l’Afrique centrale.
Les réformes législatives sont indispensables.
Les stratégies nationales sont nécessaires.
Les engagements internationaux sont essentiels.
Mais leur véritable valeur se mesurera à leur impact concret sur la vie des femmes.
Une femme vivant en milieu rural.
Une femme déplacée par un conflit.
Une femme vivant avec un handicap.
Une jeune fille privée d’opportunités en raison de la pauvreté ou de discriminations persistantes.
C’est à travers leur capacité à accéder à leurs droits, à bénéficier d’une protection effective et à obtenir justice lorsque ces droits sont violés que nous pourrons évaluer nos progrès collectifs.
À cet égard, les organisations de la société civile demeurent un maillon essentiel entre les politiques publiques et les communautés.
Avant de conclure, le WiLDAF-Afrique de l’Ouest souhaite lancer un appel à l’action collective.
Préserver les acquis de la CSW70 est une responsabilité partagée.
Mobiliser les alliés ne doit pas être un exercice ponctuel lié à un événement ou à une échéance internationale. Cela doit devenir une approche permanente fondée sur la confiance, la complémentarité, l’innovation et la redevabilité mutuelle.
Nous sommes convaincus que si nous mettons en commun nos expertises, nos ressources et nos réseaux d’influence, nous pourrons non seulement préserver les avancées obtenues, mais également accélérer la réalisation des droits des femmes et des filles dans l’ensemble de l’Afrique de l’Ouest et du Centre.
Car les femmes de nos régions n’attendent pas uniquement des engagements.
Elles attendent des changements concrets.
Elles attendent des résultats.
Elles attendent que la justice, l’égalité et la dignité deviennent une réalité dans leur vie quotidienne.
Faisons en sorte que la mise en œuvre de la CSW70 soit à la hauteur de cette ambition.
Je vous remercie de votre aimable attention.
Service Communication
WiLDAF-AO