WILDAF-AO

  • CONTEXTE ET JUSTIFICATION

La promotion de l’égalité entre les femmes et les hommes, la protection et la promotion des droits des femmes ainsi que le renforcement du leadership féminin constituent des enjeux majeurs pour le développement durable et inclusif dans les pays africains en particulier ceux du Sahel.

Au Tchad comme au Sénégal, les femmes jouent un rôle essentiel dans la vie familiale, économique, sociale, communautaire et politique. Toutefois, malgré les efforts engagés par les pouvoirs publics, les organisations de la société civile et les partenaires au développement, plusieurs facteurs continuent de limiter la pleine jouissance des droits des femmes et leur participation effective aux processus de décision.

Les femmes et les filles sont en effet, confrontées à des inégalités dans l’accès à l’éducation, aux ressources économiques, aux opportunités professionnelles, aux responsabilités politiques et communautaires ainsi qu’aux mécanismes de décision. Les normes sociales, les stéréotypes de genre, les rapports de pouvoir inégalitaires et différentes formes de violences constituent également des obstacles à leur autonomisation et à leur participation citoyenne.

Au Tchad, les résultats montrent que la plupart des écoles enquêtées sont électrifiées (84,62%) et disposent de points d’eau et des toilettes fonctionnelles séparées (84,62%). Cependant, plus de deux tiers de ces écoles (69,23%) ne disposent pas de dispositif d’hygiène et aucun des établissements ne dispose de cantine scolaire. Cet état de fait a un effet négatif sur le maintien des filles à l’école dont 72,3% ne viennent pas à l’école durant leurs menstrues.[1]

Au Sénégal, les données récentes montrent également des écarts importants : le taux d’alphabétisation des femmes adultes est de 41,5 %, contre 61,5 % chez les hommes. Le taux d’achèvement du premier cycle du secondaire est indiqué à 45,6 % pour les filles, contre 32,3 % pour les garçons dans les données de 2024 de la Banque mondiale, ce qui mérite d’être interprété avec attention, car les indicateurs d’accès et d’achèvement ne mesurent pas exactement la même dimension[2].

Dans ce contexte, OXFAM avait mis en œuvre, de 2022 à 2024, une première phase de la Convention-programme dénommée « Sahel à égalité », en partenariat avec le Women in Law and Development in Africa-Afrique de l’Ouest (WiLDAF-AO) au Burkina Faso, au Niger, au Tchad et au Sénégal. Cette initiative visait à renforcer la compréhension et la visibilité des enjeux liés aux inégalités, notamment ceux relatifs à l’accès aux services essentiels.

Dans le cadre de ce programme, le WiLDAF-AO avait mobilisé des jeunes filles leaders issues des quatre pays d’intervention. Celles-ci avaient bénéficié des formations visant à renforcer leurs capacités, puis avaient contribué à des activités de sensibilisation et mené des actions de plaidoyer aux niveaux national, régional et international. À travers leur engagement, ces jeunes filles leaders avaient ainsi joué un rôle actif dans la promotion de l’égalité et dans la prise en compte des enjeux liés aux inégalités et à l’accès aux services essentiels.

Dans la continuité des actions engagées dans le cadre de la première phase du programme, une deuxième phase, intitulée « À ÉGALITÉ 2 », a été initiée pour une durée de 36 mois et sera mise en œuvre cette fois-ci au Tchad et au Sénégal. Cette nouvelle phase vise à contribuer au renforcement du pouvoir citoyen en faveur de la lutte contre les inégalités au Sahel, en s’inscrivant dans une dynamique de promotion de l’égalité de genre et de renforcement du pouvoir d’agir des femmes.

Elle ambitionne notamment de consolider les acquis de la première phase, de renforcer les capacités des actrices et acteurs engagés dans la lutte contre les inégalités et de favoriser la pérennisation des résultats obtenus.

À travers cette approche, « À ÉGALITÉ 2 » entend renforcer durablement la participation et l’engagement des femmes, en particulier des jeunes filles leaders, dans les actions citoyennes et de plaidoyer en faveur de sociétés plus égalitaires et inclusives. Les différentes activités menées dans le cadre de la première phase avaient contribué à renforcer les connaissances et les capacités des jeunes filles leaders et partenaires sur les questions relatives aux droits des femmes, au genre, à la participation citoyenne, au plaidoyer et au leadership.

Toutefois, après près de deux années d’interruption des activités, il apparaît nécessaire de consolider les acquis de la première phase. La durée écoulée a en effet entraîné une perte de certains membres ou une faible mobilisation de certaines connaissances et compétences acquises. Par ailleurs, la transformation des connaissances en compétences pratiques et en capacité d’action nécessite un accompagnement régulier, des espaces d’échange et des opportunités de mise en pratique.

La deuxième phase prévoit donc une mobilisation de nouveaux jeunes femmes et hommes, qui viendront compléter le groupe des jeunes leaders ayant participé à la première phase. Cette évolution offre une opportunité de renforcer la dynamique collective, de favoriser le partage d’expériences entre anciens et nouveaux membres et d’assurer une meilleure continuité des acquis.

Dans ce contexte, il apparaît pertinent d’organiser un espace de recyclage, de consolidation et d’approfondissement des connaissances, permettant aux jeunes leaders de revisiter les notions déjà acquises, d’actualiser leurs connaissances sur certaines thématiques, de partager leurs expériences et de renforcer leurs compétences pratiques en matière de leadership, participation citoyenne, plaidoyer et engagement en faveur de l’égalité de genre.

Cette démarche contribuera ainsi à renforcer la capacité des jeunes leaders, anciens comme nouveaux, à s’engager de manière plus structurée et durable dans les actions citoyennes et de plaidoyer et à mieux contribuer aux objectifs de la deuxième phase du projet « À ÉGALITÉ 2 ».C’est dans cette perspective que le WiLDAF-AO souhaite recruter un(e) consultant(e) spécialisé(e) afin de concevoir des modules et d’animer la session de consolidation et formation en droits de la femme, le genre, le plaidoyer, le leadership féminin et les techniques de communication afin de consolider et d’approfondir les connaissances des jeunes femmes leaders du Tchad et du Sénégal sur les différentes thématiques.

Les présents termes de référence ont pour objet le recrutement d’un(e) expert(e)/consultant(e) chargé(e) de concevoir, préparer, faciliter et évaluer une activité de consolidation des capacités des jeunes femmes et hommes sur les thématiques suivantes : droits des femmes, genre et égalité femmes-hommes ; plaidoyer et influence ; leadership féminin ainsi que les techniques de communication.

La mission devra être conçue de manière à assurer non seulement la transmission des connaissances, mais également le développement de compétences pratiques et la capacité des participantes à utiliser les acquis dans leurs activités quotidiennes, associatives, professionnelles, communautaires et citoyennes.

 

  • OBJECTIF GÉNÉRAL

L’objectif général de la mission est de recruter un(e) consultant(e) formateur(trice) chargé(e) de concevoir, développer et animer les modules de formation à l’endroit de 40 jeunes femmes et hommes afin de renforcer et favoriser leur participation active et durable aux actions citoyennes, de plaidoyer et de promotion de l’égalité.

La mission vise spécifiquement à :

  • Elaborer et faire valider les modules de formation pour les jeunes femmes leaders ;
  • Dispenser et animer la formation aux jeunes leaders ;
  • Renforcer les connaissances et la compréhension du genre et des droits humains des jeunes femmes leaders ;
  • Développer les capacités de plaidoyer, de leadership transformateur et d’influence des jeunes femmes leaders ;
  • Renforcer le leadership féminin et la participation aux espaces de décision des jeunes femmes leaders ;
  • Renforcer les compétences en communication et en interaction des jeunes femmes leaders.

 

  • RÉSULTATS ATTENDUS
  • Les modules de formation pour les jeunes femmes leaders sont élaborés et validés ;
  • La formation est dispensée et animée aux jeunes femmes leaders ;
  • Les connaissances et la compréhension du genre et des droits humains des jeunes femmes leaders sont renforcées ;
  • Les capacités de plaidoyer et d’influence des jeunes femmes leaders sont développées ;
  • Le leadership féminin et la participation aux espaces de décision des femmes leaders sont renforcés ;
  • Les compétences en communication et en interaction des jeunes femmes leaders sont renforcées.

 

 

  • MÉTHODOLOGIE

Le/la consultant(e) devra utiliser une approche essentiellement participative et orientée vers la pratique.

La formation ne devra pas être limitée à des exposés théoriques. Elle devra favoriser : l’apprentissage par la pratique ; le partage d’expériences ; la réflexion collective ; les études de cas ; les travaux de groupe ; les jeux de rôles ; les simulations ; les exercices individuels ; les débats ; les mises en situation et les analyses de problèmes réels.

Le/la consultant(e) devra également tenir compte du niveau de connaissance des participantes et adapter son langage et ses outils pédagogiques en conséquence.

À ce titre, le/la consultant(e) devra :

  • identifier les connaissances déjà acquises par les participantes ;
  • identifier les principales difficultés rencontrées dans la mise en pratique ;
  • revenir sur les notions nécessitant un approfondissement ;
  • proposer des exercices pratiques permettant de transformer les connaissances en compétences ;
  • favoriser l’échange d’expériences entre les participantes ;
  • identifier les bonnes pratiques ;
  • accompagner les participantes dans la définition d’actions concrètes ;
  • proposer des mécanismes permettant de suivre la mise en pratique après la formation.

Le/la consultant(e) travaillera sous la supervision de l’équipe de coordination du projet au niveau du WiLDAF-AO.

Le rapport de consultation devra être soumis par le consultant, et ne sera considéré comme final qu’après la prise en compte satisfaisante des observations, commentaires et propositions du WiLDAF- AO.

  • LIVRABLES ATTENDUS

Le/la consultant(e) interviendra en quatre (04) phases principales :

Préparation : analyser les documents et les acquis antérieurs, identifier les besoins des participantes, organiser le cadrage avec l’équipe du projet et préparer la méthodologie, le programme, les supports pédagogiques et les outils d’évaluation.

Animation : présenter les objectifs, administrer le pré et post -test, animer les modules, faciliter les exercices pratiques, travaux de groupe et simulations, favoriser les échanges d’expériences et accompagner l’élaboration des plans d’action.

Évaluation : réaliser le post-test, mesurer l’évolution des connaissances, recueillir les appréciations des participantes, analyser les résultats et identifier les acquis ainsi que les besoins complémentaires.

Capitalisation : identifier et documenter les bonnes pratiques et expériences pertinentes, formuler des recommandations et des pistes de suivi, puis produire le rapport final.

Les participant-es/groupes devront être accompagnés dans l’élaboration de plans d’action ou de mini-stratégies de plaidoyer.

  • DURÉE ET LIEU DE DEROULEMENT DE LA CONSULTANCE

La durée indicative de la consultance est de 14 jours, à compter de la date de recrutement. Le/la consultant (e) dispensera la formation en ligne 5 heures par jour pendant quatre (4) jours.

  • PROFIL RECHERCHÉ

Le/la consultant(e) devra répondre aux critères suivants :

  • Être titulaire au minimum d’un diplôme de niveau Bac+4/5 dans l’un des domaines suivants : Droit, sciences sociales, études de genre, développement international, sciences politiques, communication, sociologie ou tout autre domaine pertinent.
  • Avoir au moins cinq (05) années d’expérience professionnelle dans le domaine du développement, des droits humains, du genre ou du renforcement des capacités ; expérience confirmée dans la conception et l’animation des formations et expérience de travail avec les organisations de la société civile.
  • Démontrer une expérience dans au moins plusieurs des domaines suivants : droits des femmes, égalité de genre, violences basées sur le genre plaidoyer, leadership féminin participation citoyenne, communication, mobilisation communautaire et renforcement des capacités.
  • Disposer de :
  • solides capacités d’analyse ;
  • excellentes capacités pédagogiques ;
  • bonnes aptitudes en communication ;
  • capacités d’animation participative ;
  • capacités rédactionnelles ;
  • capacité à travailler avec des publics diversifiés ;
  • maîtrise des outils numériques ;
  • capacité à produire des supports pédagogiques de qualité.
  • Une connaissance des réalités socioculturelles du Sahel notamment au Tchad et au Sénégal sera fortement appréciée.
  • Avoir déjà animé la même formation serait un atout.

 

  • MODALITÉS DE COLLABORATION

Avant le démarrage de la mission, une réunion de cadrage sera organisée entre le/la consultant(e) et l’équipe du projet. Cette réunion permettra notamment de :

  • préciser les attentes ;
  • partager les documents du projet ;
  • clarifier le profil des participantes ;
  • préciser les acquis de la première phase ;
  • définir les modalités pratiques ;
  • valider le programme et la méthodologie.

 

  • DOSSIERS DE CANDIDATURE

Les candidat(e)s intéressé(e)s devront soumettre un dossier comprenant :

  • Un curriculum vitae détaillé avec au moins deux (02) références professionnelles pertinentes ;
  • Une offre technique intégrant la note de compréhension et la méthodologie de la mission;
  • Une offre financière précisant les honoraires et si nécessaire les frais de déplacement, les frais de mission et les autres coûts directement liés à la prestation.
  • : présentation du dossier de candidature
  • Les dossiers de candidature doivent porter la mention « Candidature au poste de consultant/ formateur en droits de la femme, genre, plaidoyer, leadership féminin et en technique de communication ».

Les candidatures féminines sont vivement souhaitées.

Si cette offre vous intéresse, veuillez envoyer votre dossier de candidature (et une offre technique et financière) au plus tard le vendredi, 09 octobre 2026 à 17h00 min à l’adresse suivante : wildaf_ao@yahoo.com.

[1] https://lartes-ifan.org/sites/default/files/2024-01/rapport_final_gn_tchad.pdf

[2] https://data.unicef.org/country/sen/?utm

 

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