(Togo First) – Au Togo, une récente enquête d’Afrobaromètre révèle une évolution des perceptions sur les droits sexuels et reproductifs des filles. Les Togolais affichent en effet un soutien marqué au maintien des filles enceintes ou mères dans le système éducatif et à l’enseignement de l’éducation à la sexualité en milieu scolaire.
Les résultats de l’enquête mettent en évidence une opinion publique largement favorable à des approches de prévention et d’inclusion face aux grossesses précoces.

Selon cette étude, réalisée en novembre 2024 auprès de 1200 adultes par le Center for Research and Opinion Polls (CROP), 91 % des personnes interrogées estiment que les filles devraient pouvoir poursuivre leurs études même en cas de grossesse ou après avoir eu un enfant. Par ailleurs, 84 % soutiennent l’enseignement de l’éducation à la sexualité à l’école afin d’aider les jeunes à prendre des décisions éclairées.
Une réponse à un défi éducatif et social
Ces résultats interviennent alors que le système éducatif reste confronté au défi persistant des grossesses en milieu scolaire. Au cours de l’année académique 2024-2025, 2284 cas ont été recensés au Togo, dont 17 au primaire, 1319 au premier cycle du secondaire et 948 au second cycle, selon les données officielles. Ce phénomène demeure l’une des principales causes d’abandon scolaire chez les adolescentes.
Les pouvoirs publics ont engagé plusieurs initiatives pour y faire face, notamment le Programme national de lutte contre les grossesses et mariages chez les adolescentes, la mise en place de cellules communautaires de veille et le renforcement du cadre juridique protégeant les apprenants contre les violences sexuelles.
Ces actions s’inscrivent également dans les engagements du Togo au titre de Family Planning 2030, qui visent notamment à porter le taux de prévalence de la contraception moderne à 29,5 % chez l’ensemble des femmes d’ici à 2026 et à améliorer l’accès des adolescents à l’information et aux services de santé sexuelle et reproductive.
Un soutien plus large aux droits reproductifs
L’enquête met également en évidence une évolution des opinions sur l’autonomie des femmes. Ainsi, 86 % des répondants considèrent que les femmes devraient décider elles-mêmes du moment où elles souhaitent se marier, tandis que 65 % estiment qu’elles devraient être libres de choisir quand elles souhaitent avoir des enfants et combien elles souhaitent en avoir.

Sur l’accès aux contraceptifs, les avis apparaissent plus nuancés. Une majorité de 54 % estime qu’ils devraient être accessibles à toute personne sexuellement active, quel que soit son âge, tandis que 64 % y sont favorables indépendamment du statut matrimonial.
Des Togolais toujours réservés sur l’IVG
En revanche, les opinions demeurent plus réservées sur l’interruption volontaire de grossesse (IVG). Si 67 % des Togolais jugent l’avortement justifié lorsque la santé ou la vie de la femme est menacée, et 52 % en cas de viol ou d’inceste, de fortes majorités le rejettent lorsqu’il est motivé par des difficultés économiques (68 %) ou lorsqu’il s’agit d’une grossesse non désirée (71 %).

Ces résultats traduisent une évolution des perceptions en faveur d’une plus grande autonomie des femmes et des jeunes en matière d’éducation, de mariage et de santé reproductive. Mais, dans le même temps, l’interruption volontaire de grossesse reste un sujet sensible, sur lequel les réserves restent importantes au sein de l’opinion publique.
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Au-delà de ces évolutions, le Togo poursuit le renforcement de son cadre en faveur des droits des femmes. Ces dernières années, le pays a notamment multiplié les dispositifs d’appui à l’entrepreneuriat féminin, renforcé l’accès des femmes au financement à travers plusieurs mécanismes publics et partenaires, tout en consolidant les réformes juridiques en matière de protection contre les violences et de promotion de l’égalité. Des avancées qui laissent entrevoir une approche globale favorable à l’autonomisation économique et sociale des femmes.
Ayi Renaud Dossavi
Source: https://www.togofirst.com/